‹ Pour l'action catholiqueChapitre 22 sur 65 · P — LE BUREAU DIOCÉSAIN · texte numérisé non relu

P — LE BUREAU DIOCÉSAIN

a) Son rôle.

Pour faire bien comprendre le rôle du Bureau diocésain, je me permettrai de me citer moi-même et de reproduire ici ce que j'écrivais en 1908, en créant le Bureau Diocésain de Vannes, au lendemain <l'un de nos Congrès.

« Tous ceux qui ont pris part au Congrès ont remarqué l'admirable sève de vie catholique qui, grâce à Dieu, circule encore chez nous et qui y produit l'éminente variété de nos œuvres. Pour quelques-uns,

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l'exposé de ces œuvres a été une révélation; pour tous elle a été une espérance et un encouragement.

« Mais, dans votre admiration, vous n'avez eu garde de vous cacher à vous-mêmes les imperfections de notre Action catholique, et de vous en dissimuler les côtés faibles. Il y a encore, chez nous, malgré la multiplicité de nos œuvres, de grandes lacunes que font mieux ressortir des besoins nouveaux, et nous sentons tous qu'il y a beaucoup à faire.

« D'autre part, vous n'avez pas pu n'être pas frappés aussi du manque de cohésion et d'union de toutes nos œuvres, même les plus florissantes, et plusieurs d'entre vous se sont demandé si l'isolement et l'endettement des forces ne constituaient pas pour elles un danger prochain. Vous avez constaté parfois, comme Nous, qu'un défaut de direction empêchait les plus belles initiatives de produire tout leur fruit, qu'un défaut d'entente ou même simplement de relation avec des œuvres voisines paralysait l'effort d'une entreprise particulière ; vous avez regretté même que telle ou telle œuvre de moindre importance absorbât, sans profit réel, les ressources de la charité catholique.

< Vous avez surtout constaté que ce qui manque le plus à l'action des catholiques, c'est moins le zèle et la bonne volonté que le savoir-faire : on ne connaît pas assez les Œuvres, on ne sait pas leur fonctionnement, on ignore à quelles sources on peut se renseigner, on n'est pas au courant des méthodes employées ou des résultats qu'elles donnent ; on voudrait faire

du bien, mais on ne sait pas assez comment il se réalise ; on sent autour de soi des âmes d'apôtres, on ne sait pas les utiliser.

« Nous attendons de Notre Bureau diocésain qu'il remédie à ces défectuosités et qu'il assure la perfection de nos œuvres. . '

« Il doit être pour toutes ces œuvres un modérateur et un conseiller, un centre d'attraction vers lequel elles viendront chercher la lumière et les moyens d'action, et un centre d'impulsion qui leur communiquera ia vie ou l'y entretiendra.

« Le Bureau diocésain n'aura pas pour mission de, s'ingérer dans les œuvres et de les diriger : chaque œuvre relève immédiatement de son directeur ou du comité qui en assume la charge. Le Bureau diocésain n'a pas à leur imposer des méthodes uniformes, qui risqueraient de détruire l'esprit d'initiative, si nécessaire à leur succès. Il respectera l'autonomie de chacune et s'appliquera à lui garder l'indépendance que lui a accordée l'autorité diocésaine.

« Après avoir dressé un état complet et exact des œuvres du diocèse, le Bureau diocésain aura surtout pour mission :

« De les aider et de les soutenir d'abord par des moyens surnaturels, comme l'appel à la prière et au sacrifice, les retraites de directeurs d'œuvres, etc., et de leur procurer ensuite des renseignements utiles, des conseils pratiques et, des concours dévoués, soit en répondant aux questions qu'on voudra bien lui

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soumettre, soit en mettant à la disposition des hommes et femmes d'œuvres, les publications qui leur rendront service, soit en leur envoyant un délégué chargé de résoudre, sur place, les difficultés qui peuvent se présenter, ou d'examiner l'opportunité d'œuvres nouvelles. Nous espérons que la charité des fidèles lui permettra d'accorder aux œuvres même un appui financier.

« Le Bureau diocésain aura aussi pour mission de créer ou de promouvoir les œuvres nouvelles que les besoins du temps ou du pays sembleront réclamer, soit qu'il suscite des dévouements nouveaux, soit qu'il encourage des initiatives généreuses.

(( Le Bureau diocésain s'appliquera surtout à établir entre toutes les œuvres, comme entre tous les directeurs, des liens et des relations qui rendront leur action plus certaine et plus fructueuse. Il les groupera à cet effet, et il les réunira fréquemment dans des congrès cantonaux ou régionaux, où seront spécialement discutés les intérêts de la région.

(( Le Bureau diocésain se tiendra en même temps lui-même en relations continues avec les diverseœuvres du diocèse et avec les paroisses. A cette fin, il aidera à la création de comités paroissiaux ou au moins cantonaux. Ces comités paroissiaux ou cantonaux, constitués sous la présidence du Curé seront dans la paroisse ou dans le canton les correspondants du Bureau diocésain, ses points d'appui et ses centres d'activité. A son exemple et sous sa direction générale, ils seron1: chargés d'aider et de fortifier toutes les

œuvres de la paroisse ou du canton, sans jamais se substituer à aucune d'entre elles.

« Ainsi compris, le Bureau diocésain deviendra donc une sorte d'Office central des œuvres diocésaines, un centre d'action catholique attirant à lui toutes les bonnes volontés et leur communiquant une impulsion intense et continue. Il sera, chez nous, la réalisation du programme donné par Léon XIII : « In unum colligere catholicas vires et collectas dirigere ; réunir en un faisceau les forces catholiques et en diriger l'action. »

(( Jamais le besoin de s'unir et de s'associer ne s'est fait tant sentir aux Catholiques qui souffrent, en ce moment, de l'individualisme du siècle dernier. Il est temps de réagir et de mettre enfin en pratique ce principe si évident : l'union fait la force.

« Mais l'union ne peut se faire que sous une autorité.

« A Notre Bureau diocésain, constitué comme Nous l'avons dit, il faudra donc une autorité.

« Cette autorité lui viendra de l'évêque qui, seul, dans le diocèse, a qualité pour diriger les Œuvres catholiques, et qui, dans le Bureau diocésain, délègue son autorité au président, quand il ne préside pas lui-même. « Déléguée ou exercée directement, l'autorité de l'évêque donnera à toutes nos œuvres un caractère officiel qui les recommandera à la charité des fidèles, et en fera les organismes autorisés de l'Action catholique chez nous. »

b) Sa Constitution.

Voici comment un Bureau diocésain peut être constitué dans ses grandes lignes :

Il comprendra deux sortes de membres : des membres titulaires et des membres correspondants.

Les membres titulaires sont les membres actifs du Bureau diocésain. Ils seront choisis, parmi les ecclésiastiques et les laïques possédant une compétence générale dans le domaine des Œuvres, ou ayant du moins une compétence particulière dans telle ou telle œuvre.

Les membres correspondants sont tous les amis des Œuvres qui voudront bien entrer en relation avec le Bureau diocésain, pour lui indiquer les œuvres à fonder ou à soutenir dans une région, et lui fournir tous les renseignements utiles à sa mission. Il est à désirer que chaque canton ait au moins un représentant, chargé de correspondre régulièrement avec le Bureau diocésain.

Le Bureau comprend cinq sections répondant aux diverses catégories d'oeuvres, utiles et possibles dans le diocèse.

a) La section des œuvres de foi et de piété : confréries, congrégations, tiers-ordres, pèlerinages, œuvres eucharistiques, etc.

b) La section des œuvres d'enseignement et d'éducation : catéchismes, catéchistes volontaires, écoles, patronages d'écoliers, etc.

c) La section des œuvres postscolaires : jeunesse catholique, patronages, sociétés musicales, de gymnastique, etc.

d) La section des oeuvres de propagande : presse, bulletin paroissial, semaine religieuse, conférences, bibliothèques, tracts, etc.

e) La section des œuvres charitables et sociales : conférences Saint- Vincent de Paul, œuvres de charité, mutualités, syndicats, caisses rurales, etc.

Une sixième section, dite du contentieux, complétera le Bureau diocésain.

Chacune des sections se réunit une fois par mois, pour traiter des affaires qui sont de son ressort. Un procès-verbal de chaque réunion est fait par le secrétaire.

Le Bureau diocésain se réunit deux ou trois fois fois par an, sous la présidence de Tévêque. A l'une de ces réunions, on invitera toutes les personnes qui s'intéressent aux Œuvres catholiques ; cette réunion sera lé Congrès annuel diocésain.

Une commission permanente du Bureau diocésain est chargée de l'expédition des affaires courantes et de la solution des cas urgents.

C'est à elle que toute la correspondance est adressée, et c'est elle qui renvoie les diverses affaires à la commission compétente. Elle juge les divers conflits qui peuvent s'élever entre les œuvres. Elle fixe le programme des réunions du Bureau diocésain.

Elle provoque et organise les congrès cantonaux ou

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régionaux, elle aide à la création des comités paroissiaux.

Aucune œuvre catholique nouvelle ne peut être fondée dans le diocèse, sans que le Bureau diocésain en ait été informé et y ait donné son approbation.

Celles qui refuseraient de se soumettre à cette formalité ne seraient pas considérées par l'évèque comme œuvres diocésaines.

11° - LES CONGRES DIOCESAINS

a) Leur utilité.

Jamais il ne fut plus nécessaire aux Catholiques de s'assembler en Congrès. La persécution qui les frappe menacerait de disperser leurs œuvres elles-mêmes, s'ils ne se concertaient pas sur les moyens de les sauver et de les développer. L'isolement, d'ailleurs, a toujours été le grand ennemi de toutes les bonnes volontés et le principe de tous les découragements. Au contraire, c'est dans l'union et l'entente que les efforts se multiplient et produisent des merveilles.

Il nous suffirait, à nous Français, de nous rappeler quelles forces les Catholiques allemands puisent dans leurs Congrès annuels, pour favoriser et implanter chez nous cette féconde institution.

Longtemps il fut de mode, dans certains milieux, de médire des Congrès. Voulant y trouver ce qui n^ peut s'y rencontrer, le remède à tous les maux, on n?

manquait pas d'alléguer contre eux leur prétendue inefficacité.

Mais la pratique et l'expérience ont fait justice de ces attaques peu raisonnées. Les Congrès sont entrés dans nos mœurs, parce qu'ils répondent non seulement aux préoccupations de notre temps, mais aussi au besoin universel qu'a tout être intelligent de s'eniendre avec ses semblables, de leur communiquer ses idées et de profiter des siennes.

Un Congrès, en effet, n'est pas une assemblée parlementaire, chargée de faire des lois ou des décrets ; on n'y discute que pour s'éclairer mutuellement et jamais pour imposer sa volonté. Encore moins, est-ce une sorte de Concile, chargé de défendre la doctrine et de régler la discipline de l'Église. C'est un échange d'idées à répandre ; c'est une étude d'œuvres à réaliser ; c'est une mise en commun d'expériences faites et de lumières acquises.

Le Congressiste ne vient pas chercher au Congrès des résolutions arrêtées, des décisions qu'il n'aura ;lus qu'à appliquer. Il vient bien plutôt échauffer son :èle au contact des âmes ardentes et généreuses qui exposent simplement le résultat de leurs efforts ; il vient éclairer son intelligence à la lumière des autres, ;»our profiter de leur expérience, quand l'occasion lui en sera donnée.

Ainsi compris, un Congrès a toujours son efficacité.

Sans doute, nous, Catholiques, nous avons, pour nous diriger, une autorité suprême qui semble devoir

nous dispenser des Congrès. La nécessité d'obéir qui s'impose à nous peut paraître rendre nos discussions inutiles. Personne ne pourrait le soutenir raisonnablement.

Nous ne nous assemblons pas en Congrès pour savoir ce que nous devons croire, pas même pour savoir ce que nous devons pratiquer individuellement, en vue d'atteindre notre fin. Les enseignements de l'Église ici nous suffisent et font l'unité entre nous tous : in necessariis uniias.

Nous nous assemblons, parce que l'Église abandonne beaucoup de choses à l'initiative de ses enfants ; elle leur laisse, en particulier, le droit de s'entendra entre eux, pour pratiquer les actes qui constituent la vie extérieure du Catholique.

Il ne suffît pas, en effet, au Catholique de travailler à son salut individuel : personne n'est catholique pour lui seul. Il ne suffit pas de l'être dans sa vie intime : extérieurement même, le Catholique se doit à la gloire de Dieu, à la défense de la sainte Église et au bien de ses semblables.

Pour remplir efficacement cette triple fonction, le Catholique a besoin de n'être pas isolé ; il lui faut s'associer à d'autres.

Il n'y a que les Saints qui aient trouvé, dans le prestige et les grâces de leurs seules vertus, assez d i forces pour glorifier Dieu, défendre et servir l'Église, et combler l'humanité de bienfaits. Dans l'ordre habituel des choses, c'est en se groupant, en s'organisant

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que les Catholiques réussiront à donner à Dieu, à l'Église et aux autres ce qu'ils leur doivent.

b) Leurs réunions.

L'expérience qui a déjà été faite des Congrès diocésains permet de leur assigner certaines règles qui sont de nature à les rendre plus profitables.

On y tient généralement trois sortes de réunions, des cérémonies religieuses, des séances d'études et des séances générales.

Les cérémonies religieuses sont le moyen d'intéresser le plus de monde au Congrès ; la foule y assiste qui ne pourrait pas autrement y prendre part. Elles sont le moyen de faire prier pour le succès du Congrès, ce dont tout vrai Catholique reconnaîtra l'importance.

La solennité particulière donnée à l'ouverture ou à la clôture peut constituer une de ces manifestations religieuses, nécessaires aujourd'hui pour entretenir ou même réveiller la foi dans certains milieux, pour combattre le respect humain, ou pour affirmer la vitalité catholique d'une ville ou d'un diocèse. Certains Congrès clôturés par une procession eucharistique, à laquelle les hommes seuls prenaient part, ont reçu de ce chef un éclat et une efficacité que rien autre n'aurait pu leur donner.

Les séances d'études sont la partie essentielle du Congrès. C'est là que s'échangent les idées et que se fait le travail fructueux.

Mais, pour atteindre ce résultat, ces séances d'études ont profit à n'être pas composées d'un trop grand nombre d'auditeurs. Elles doivent être réservées à une élite, susceptible de s'intéresser à la discussion sinon d'y prendre part.

Le programme doit en être soigneusement préparé. Que les questions à traiter n'y soient pas trop nombreuses ! C'est l'écueil des Congrès de vouloir tout aborder à la fois.

Chaque question doit y être proposée à la discussion de l'assemblée dans un rapport très succinct : la longueur des rapports est un autre écueil des Congrès. Si on pouvait, en quelques lignes, résumera l'avance'les principales idées du rapporteur et les conclusions auxquelles il veut aboutir, ce résumé distribué aux Congressistes faciliterait beaucoup leur attention, et permettrait plus d'ordre dans la discussion.

Cet ordre est indispensable, et en ce point le rôle du président est aussi difficile que délicat à remplir. Mais c'est de lui que dépend le succès de la délibération.

Les séances générales sont l'apparat du Congrès. Elles sont nécessaires, pour la formation de beaucoup d'auditeurs qui ne peuvent pas prendre part aux séances d'études.

Le succès dépend des Conférenciers qui s'y font entendre et de l'opportunité des questions traitées par eux. L'auditoire généralement bien disposé facilite leur tâche.

L'orateur de Congrès tend à devenir une spécialité . Il ne faut pas en médire, il y a pour lui une mission à remplir, près de la masse catholique qu'il faut réconforter de plus en plus en l'éclairant.

L'une des préoccupations des organisateurs des Congrès doit être de faire profiter les auditeurs des séances publiques des études faites dans les séances privées, soit par la lecture de quelques-uns des rapports, soit surtout par la lecture d'un procès-verbal de ces séances. C'est de la formation catholique à deux de-

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