‹ Pour l'action catholiqueChapitre 26 sur 65 · II. — Tenue des Congrès cantonaux · texte numérisé non relu

II. — Tenue des Congrès cantonaux

Les séances du Congrès sont présidées par Monseigneur ou par son représentant. A ses côtés prennent place sur l'estrade le Curé du canton et les notabilités laïques.

Il est à désirer que les congressistes capables d'animer la discussion restent dans la salle, où leur parole rendra plus de services que s'ils étaient sur l'estrade.

Car le Congrès doit être avant tout une causerie, une discussion.

Les discours proprement dits doivent en être bannis. Tout au plus la séance du soir pourrait-elle se terminer par une conférence, si l'on a à sa disposition un conférencier de talent, et si l'auditoire le demande.

Chaque sujet d'étude prévu au programme doit être exposé dans un rapport très court, que le Comité cantonal aura eu soin de demander soit à un ecclésiastique du canton, soit (ce qui est souvent préférable) à un laïque.

Ce rapport devra se borner à un exposé de l'œuvre dans le Canton, ou dans telle ou telle paroisse, à un compte-rendu de ses progrès ou de ses insuccès, avec l'indication des causes des uns et des autres ; il se terminera par un aperçu des perfectionnements à apporter. Toute théorie sur l'œuvre doit être écartée et réservé'' pour la discussion, s'il y a lieu.

Après la lecture du rapport, le président ouvre la discussion ; on doit respecter l'ordre qu'il lui convient de suivre, et on ne peut passer d'une question à une autre sans son autorisation. L'ordre dans la discussion en assure la clarté et le succès.

la vie dans l'union 237

Tout le monde peut prendre part à la discussion. Il serait bon que dans les Comités paroissiaux on eût préparé cette discussion, en mettant tels ou tels membres en mesure de la suivre et d'y avoir un rôle actif.

Les ecclésiastiques seront nécessairement obligés d'y intervenir le plus souvent : ce sera le meilleur moyen d'y entraîner les laïques peu habitués à prendre la parole en public. Mais les ecclésiastiques ont plusieurs précautions à observer ici :

1. Ils doivent laisser la parole aux laïques toutes les fois que ceux-ci sont disposés à parler ; il faut même les y encourager.

2. Ils ne doivent pas soulever d'objections qui seraient en contradiction avec le but qu'on veut obtenir du Congrès : le Congrès est moins pour eux que pour les laïques. Ils doivent toujours être préoccupés de la formation à donner aux Congressistes.

A cause de cela, ils ne rempliront que très rarement le rôle de Y Avocat du diable; s'ils le font exceptionnellement, ils veilleront bien à ce que personne ne se méprenne sur leurs intentions. Une telle méprise pourrait avoir des conséquences funestes et nuire aur résultats attendus du Congrès.

Ces précautions sont faciles à prendre pour quiconque se rend compte de la raison d'être de ces Congrès et de leur très grande importance.

Cette importance n'est niée par personne. Il suffirait, pour la constater, de voir la satisfaction qu'en ont éprouvée et les avantages qu'en ont remportés tous ceux qui ont déjà pris part à nos Congrès cantonaux. Ils peuvent devenir de plus en plus, avec la grâce de Dieu, un puissant moyen d'Action catholique.

Le fonctionnement de l'Union catholique, tel qu'il vient d'être décrit, produira-t-il certainement Veffei qu'on en attend, c'est-à-dire la restauration de l'esprit chrétien dans nos paroisses et finalement le triomphe de l'Église dans notre pays ?

Nul ne le sait que Dieu. Mais il nous est permis de l'espérer.

En tout cas, nous sommes sûrs qu'aucun effort fait pour Dieu n'est un effort perdu. En toutes choses nous ne pouvons prétendre à être que des instruments de la Providence ; notre ambition doit se borner à ne pas être des instruments trop imparfaits pour être utilisés par Dieu. Le succès dépend de Lui.

Déjà il est facile, de voir quel bien l'organisation catholique décrite plus haut fait au milieu de nous. Elle développe la virilité chrétienne et l'esprit d'apostolat. Ceux qui prennent part à nos Congrès cantonaux se sentent ensuite plus forts et plus généreux; ils prennent conscience de leurs devoirs ; ils connaissent mieux leurs responsabilités, et ils savent mieux à quoi appliquer leur énergie. Les réunions de nos Comités et de nos Congrès cimentent l'union entre les prêtres et les fidèles. Personne ne peut nier qu'un grand nombre d'oeuvres ne soient redevables de leur fondation et de leur développement à nos Congrès,

C'est un résultat qui doit nous consoler, et nous permettre d'espérer que, lorsqu'onaura triomphé de certaines lenteurs ou apathies, de certaines défiances de soimême ou des autres, le succès sera prêt d'être complet.

Mais prenons garde : en toute organisation, il faut savoir être patient, car il faut laisser aux organismes le temps de s'accommoder au milieu, comme il faut laisser aux tempéraments le temps de s'acclimater.

On ne doit pas compter sur le succès immédiat et visible. Ce que nous faisons est nouveau ; les ouvriers de notre œuvre n'y sont pas préparés, ils n'ont pas encore le sens social, ni même le sens catholique, assez développé : ils ne voient pas tous clairement où l'on veut les conduire ; ils n'ont pas assez conscience de leur force et de l'appui qu'ils peuvent donner aux prêtres. Ceux-ci n'ont pas assez mesuré tout ce qu'ils ont à attendre de leurs fidèles, ils sont encore tentés de croire souvent que leur concours ne leur est ni nécessaire ni utile. Quand, d'une part, les laïques se diront que, en faisant du bien, on fait toujours œuvre utile, et quand, d'autre part, les prêtres reconnaîtront que, si le concours de leurs fidèles ne leur est pas toujours nécessaire à eux-mêmes, il est toujours très profitable à ceux qui le prêtent, l'union des efforts sera plus étroite et plus persévérante.

Ce sera le gage d'un succès que la grâce de Dieu achèvera et que sa Providence couronnera du mérite de la charité et de l'obéissance.

Page 1