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I. -AU SERVICE DU PAPE

Gomme on ne peut pas être, ni même se dire catholique, sans avoir pour le Pape un respect absolu et plein de soumission et une affection tout filiale, il n'est pas un homme d'Action Catholique qui ne comprenne que son premier devoir est de se mettre au service du Pape : 1° pour l'honorer et le faire honorer en toutes circonstances ; 2° pour lui obéir en toutes choses ; 3° pour le défendre par tous les moyens en son pouvoir. C'est ainsi un triple service qu'exige du Catholique d'action sa fidélité au Pape, un service d'honneur, un service de respectueuse obéissance, et un service d'affectueuse sollicitude.

Le service d'honneur consistera à donner au Souverain Pontife tous les hommages que réclament sa dignité de Vicaire de Jésus-Christ et son titre de Souverain. L'homme de l'Action Catholique ne manquera jamais une occasion d'exalter la personne du Souverain Pontife, et de prendre part aux manifestations que pourra susciter la piété filiale des Catholiques. En toute circonstance favorable, il rappellera les

LA DÉFENSE DE LA HIÉRARCHIE ECCLÉSIASTIQUE 24o

Droits du Pape à la souveraineté temporelle ; il soutiendra ses divines prérogatives et son indépendance.

Il travaillera à le faire connaître ; pour cela, il prendra connaissance lui-même de ses enseignements et il s'en nourrira ; il lira et fera lire ses Encycliques, ses Lettres, ses discours. Il fera aimer ce qu'aime le Pape, et condamner ce qu'il condamne. Il proscrira les journaux qui l'attaquent ou le critiquent ; il lui suffira. pour s'en interdire la lecture, de savoirque ces journaux ont des sympathies pour les doctrines réprouvées par le Saint-Siège. Il cherchera en tout à se rapprocher de la pensée du Pape.

Il créera autour de lui une atmosphère de sympathie affectueuse pour le Souverain Pontife, parmi les siens et parmi tous ceux qui dépendent de lui. Chez lui et en lui on sentira que le Pape est le maître aimé et vénéré auquel tous doivent rendre hommage.

Le service de respectueuse obéissance que

fera près du Pape l'homme de l'Action Catholique procède autant de l'amour que du respect. Le Pape est Docteur et Souverain : à ces titres il a droit à l'obéissance et au respect ; mais il est Père aussi, et cela lui donne droit à l'affection.

Pie X le disait tout récemment (T : c Le Pape est le gardien du dogme et de la morale ; il est le dépositaire des principes qui rendent vertueuses les fa-

(1) Discours aux prêtres de l'Union Apostolique, 18 nov.

milles, grandes les nations, saintes les âmes ; il est le conseil des princes et des peuples ; il est le chef sous lequel nul ne se sent tyrannisé, parce qu'il représente Dieu lui-même ; il est le père par excellence, qui réunit en lui tout ce qu'il peut y avoir d'aimant, de tendre et de divin. »

Autour de nous, hélas ! cette autorité du Pape, souveraine et paternelle tout à la fois, n'est pas toujours reconnue. Beaucoup distinguent, dans l'autorité du Pape, le Chef du Docteur, limitant les droits de l'un ou de l'autre ; d'autres voudraient restreindre son droit d'enseigner aux seules vérités définies, comme si ce n'était pas anéantir ce droit, en le rendant inutile ; certains ne veulent lui reconnaître de puissance qu'en matière doctrinale, et non en matière de discipline ou de direction, comme s'il n'était pas le Chef et le Souverain d'une Société qui ne peut vivre que par un gouvernement. Gela crée, au vrai Catholique, le devoir de faire valoir en tout et partout les droits du Souverain Pontife.

Pie X, dans le discours cité plus haut, a dit comment certains méconnaissent cette autorité tout en se vantant d'aimer le Pape. Qu'on médite ces paroles, elles seront une règle à appliquer autour de nous :

« Comment doit-on aimer le Pape ? Non par des paroles seulement, mais par des actes, et avec sincérité. Non verbo neque lingua, sed opère et veriiale. Quand on aime quelqu'un, on cherche à se conformer en tout à ses pensées, à exécuter ses volontés et à in-

terpréter ses désirs. Et si Notre-Seigneur Jésus- Christ disait de lui-même : Si quis diligit me, sermonem meum servabit, ainsi pour montrer notre amour au Pape il est nécessaire de lui obéir.

« Et c'est pourquoi, quand on aime le Pape, on ne s'arrête pas à discuter sur ce qu'il conseille ou exige, à chercher jusqu'où va le* devoir rigoureux de l'obéissance, et à marquer la limite de cette obligation. Quand on aime le Pape, on n'objecte pas qu'il n'a point parlé assez clairement, comme s'il était obligé de redire directement à l'oreille de chacun sa volonté clairement exprimée tant de fois, non seulement de vive voix, mais par des lettres et d'autres documents publics ; on ne met pas en doute ses ordres, sous le facile prétexte de qui ne veut pas obéir, qu'ils n'émanent pas effectivement de lui, mais de son entourage ! On ne limite pas le champ où il peut et doit exercer sa volonté ; on n'oppose pas à l'autorité du Pape celle d'autres personnes, si doctes soient-elles, qui diffèrent d'avis avec le Pape. D'ailleurs, quelle que soit leur science, la sainteté leur fait défaut, car il ne saurait y avoir de sainteté là où il y a dissentiment avec le Pape. »

Ces paroles dictent leur devoir à tout vrai Catholique. Peut-on les admettre et hésiter encore à fairr* ce que le Pape demande, par exemple, quand il recommande l'Union des Catholiques sur le terrain religieux, quand il rappelle qu'on doit donner aux Œuvres un caractère nettement catholique ?

Le troisième service, que j'ai dit être d'affectueuse sollicitude pour le Pape, portera le Catholique d'action à prendre en toutes manières la défense du Souverain Pontife.

Après lui avoir obéi lui-même, comme le Pape le demande, il tâchera d'obtenir cette obéissance de tous ceux qui sont dans sa maison ou dans son entourage ; il ne permettra jamais qu'on critique les actes du Pape en sa présence, qu'on discute ses directions, ou qu'on censure ses décisions. Il répondra, s'il le peut, aux attaques des ennemis de la Papauté. Il sera en tout et partout le soldat défendant son Chef, avec le plus héroïque dévouement, s'il le faut.

Sa sollicitude pour le Pape lui rappellera que les fils ont le devoir de nourrir leur Père, et il se fera un devoir d'apporter au Denier de Saint-Pierre sa généreuse contribution.

<( Le Pape, dirons-nous avec un éminent orateur, compatit à nos infortunes, nous compatirons aux siennes ; il nous aime, nous l'aimerons ; il lutte pour nous en s'exposant aux injures et aux coups, nous lutterons pour lui, prêts pour protéger son indépendance et sa majesté à braver tous les dangers.

« Lui aussi connaît l'humiliation ; il a été dépossédé avant nous, il est chaque jour insulté plus que nous. Nous ne laisserons pas notre Père seul sur la croix ; nous nous serrerons tendrement autour de lui ; les cris de notre amour couvriront les cris farouches de la haine (1). »

(1) P. Janvier.

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