CHAPITRE IV APRÈS L'ECOLE
La guerre faite à l'enfance par l'Ecole sans Dieu ne nous enlève pas toutes nos espérances. Quelles que soient les batailles, un espoir nous vient du côté de la jeunesse.
De même que le marin, au sein de l'orage et de la tempête, voit luire dans la nuée le rayon de lumière signe avant-coureur du calme qui sera bientôt, de même l'âme chrétienne, attentive aux événements qui se déroulent autour de nous, n'a pas manqué de remarquer cette jeunesse chrétienne qui se lève, arborant fièrement le drapeau catholique, prête à lutter pour la défense de sa foi, et pour le service des autres.
Nous les avons vus, nos vaillants jeunes gens catholiques, réunis dans leurs Congrès ou dans leurs Concours, et s'y montrant aussi catholiques dans leurs sports que dans leurs discours ; nous les avons vus groupés autour de leurs prêtres dans leurs cercles d'études ou dans leurs patronages , recherchant et aimant la direction sacerdotale ; nous les avons vus demandant, comme des religieux, aux exercices d'une
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retraite faite en commun, la vérité et la force nécessaires à leur âge.
Ces spectacles émeuvent tous ceux qui les contemplent en quelque lieu que ce soit : car ils se renouvellent partout en ce moment sur notre terre de France. Partout où cette jeunesse défile aujourd'hui, que ce soit au chant des cantiques, ou au pas entraînant des marches militaires, on la salue avec enthousiasme : car c'est l'avenir qui vient, l'avenir réparateur d'un passé qui. a fait trop de ruines ; c'est l'espérance à laquelle tous les cœurs aiment à s'attacher.
Cette espérance est-elle fondée ? Nos ennemis euxmêmes nous donnent lieu de le croire, puisqu'ils s'émeuvent de ce mouvement, et que, conformément à leurs traditions d'intolérance, ils rêvent déjà de faire contre cette jeunesse ce qu'ils ont fait contre l'enfance ; ils rêvent d'organiser pour elle l'athéisme qu'ils ont introduit à l'école.
Ils n'y réussiront pas, parce que la jeunesse sait et peut se défendre.
Cependant lé moment n'est pas venu de chanter victoire. La ch<:r jeunesse dont nous parlons n'e-4 encore qu'une élite, qu'une exception, comparée à la multitude de ceux qui se sont laissés entraîner dans une autre voie.
Nous ne pouvons dire que nos espérances. Ces espérances se changeront en réalité, quand les pères et mères de famille rempliront tous leurs devoirs v
vis de leurs enfants, grands et petits ; quand la jeunesse voudra se laisser former et conduire ; quand les bienfaiteurs de nos Œuvres catholiques auront compris quel champ vaste et fécond s'offre encore à leur charité.
L'homme d'action doit savoir pourquoi et comment il doit s'intéresser à la formation de cette jeunesse qui est la réserve de demain. Il n'est pas de cause qui mérite davantage sa sympathie et son dévouement.