‹ Pour l'action catholiqueChapitre 37 sur 65 · I. ECOLE · texte numérisé non relu

I. ECOLE

constance, urie unanimité égales à l'attaque? Qui oserait l'affirmer? Soit parce qu'on se fia trop au droit précaire d'ouvrir des écoles à soi, des écoles libres, soit parce que la méthode de combat en honneur parmi les Catholiques était de préférence oratoire et sentimentale, une période de tolérance et presque d'accommodation ne tarda pas à succéder aux réactions énergiques des premiers jours. Si quelqu'un n'a plus le droit de nier cela, c'est le Bloc. )> • Après l'école sans prêtre, une minorité croissante d'instituteurs a voulu faire l'école sans Dieu, puis l'école contre Dieu. L'Eglise s'est vue calomniée dans des manuels d'histoire, niée dans des manuels de morale. Quand elle a protesté, elle victime, on l'a accusée d'attaquer !

Qui trompe-t-on? Qui a été persécuté? Les Catholiques ou leurs adversaires?

Nous avons vu fermer en quelques semaines 15.000 de nos écoles ? Qui a le droit de se plaindre ?

Que peut-on nous reprocher ? D'avoir sauvé un bon nombre de nos écoles. Voilà tout. Nous nous sommes défendus.

Dans des conditions d'infériorité évidente, il nous a fallu reconstituer un personnel nouveau, faire des constructions coûteuses. Il a fallu nous soumettre à toutes les exigences d'un adversaire qui fixe les conditions d'ouverture de l'école, qui accorde ou refuse les diplômes sans aucun contrôle de notre part. Et c'est nous qui persécutons !

La vraie raison de leurs colères est que nos écoles sont prospères.

Nous avons entendu les aveux de nos adversaires, se lamentant d'en être réduits au rôle de concierges dans leurs écoles, n'ayant que quelques élèves : 5, 3, % ou même pas ; n'ayant que des enfants assistés ou des fils de fonctionnaires, de fonctionnaires opprimés.

Mais, dit-on, si nos écoles sont vides, c'est que vous faites pression pour empêcher de les fréquenter. Vous attaquez nos écoles.

Nous attaquons l'école laïque ! Je proteste d'abord que nous n'avons jamais entendu reprocher aux maîtres de nos écoles publiques d'être des laïques. Le choix que nous avons fait de maîtres laïques pour conserver nos écoles chrétiennes suffit à nous justifier. Ils continueront chez nous la tradition de ces hommes vénérables que nous avons connus et estimés, et qui, sous l'habit laïque, mariés ou non, croyaient remplir vis-àvis des enfants qui leur étaient confiés un véritable sacerdoce. A ceux qui existent encore aujourd'hui, je suis le premier à envoyer l'hommage de mon respect et de ma reconnaissance.

Mais, ne nous y laissons pas prendre : ce mot laïque veut dire laïcisée, séparée de toute idée religieuse, neutre à tout le moins.

On nous reproche de l'attaquer, cette école.

Oui, nous l'attaquons, si c'est l'attaquer que de dire que certains hommes ont voulu en faire et en font une machine de guerre contre le catholicisme, comme cet

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inspecteur, M. Dequaire, dont on a souvent cité les paroles : « L'école laïque a pour but de faire des librespenseurs ; elle tromperait nos espérances si elle se renfermait dans une respectueuse neutralité... L'école laïque est un moule où l'on jette un fils de chrétien et d'où sort un renégat. »

Oui, nous l'attaquons ! uu pour mieux dire : C'est elle qui s'attaque elle-même ! est-il besoin de chercher d'autres raisons à l'impopularité qui pèse chez nous sur l'école neutre ?

On n'en veut pas, parce que d'instinct le peuple catholique a dit la parole de M. Sembat : « L'école sans Dieu est l'école contre Dieu. »

J. Ferry avait bien pu escompter, dès 1882. la défection d'un grand nombre de Français, mais il avail compté sans les Catholiques ; il ne s'était pas dit qu.1 jamais chez nous on ne perdrait la croyance à l'immortalité et à la divinité.

En appliquant la loi à nos régions catholique.-, les a blessées au plus vif de leurs convictions ; êîî&S secouent le joug. Elles laissent de côté l'école qui ne répond ni à leurs besoins ni à leurs traditions ; et elles lui préfèrent celle où il leur est permis de transmettre à leurs enfants leur foi et leur amour.

Non, ce n'est pas nous qui vidons les écoles neutres ; elles se vident d'elles-mêmes. Elles s'interdisent le droit de parler religion, que pourrait en faire le père deïamille qui veut qu'on en parle à son enfant ?

Il n'y a pas entre la famille et l'école cet accord, cette union de pensées qui doit exister entre le père et son suppléant. ,

Je pourrais dire la même chose des maîtres et maitresses de ces écoles : Il n'est pas vrai que nous les persécutions !

Ce n'est pas nous qui en faisons des délaissés, des isolés, dans un grand nombre de paroisses, comme ils s'en plaignent. On leur a confié une fonction qui ne leur permet pas de rendre aux pères et aux mères de famille les services que ceux-ci réclament, on se passe d'eux.

L'isolement est encore plus complet, quand il y a opposition entre leurs habitudes de vie et de pensée et les habitudes de notre catholique Bretagne, par exemple.

Il n'est pas besoin de boycotter certains instituteurs chez nous pour en faire des isolés. Souvent ce sont eux qui s'isolent des autres. Souvent l'instituteur est le seul à ne pas fréquenter l'église, le seul à ne pas prendre part aux fêtes religieuses, le seul à ne pas saluer le prêtre, à se passer entièrement de lui. S'il y a un protestant, un divorcé dans la paroisse, il arrivera souvent que c'est l'instituteur... Et je ne parle pas de celui qu'on rencontre parfois attaquant ouvertement nos croyances ou les traitant de superstitions surannées ; il est et il reste un étranger, un inconnu. A qui la faute ? Gomment voulez-vous qu'il y ait de la sympathie entre cet homme qui affecte d'être sans relis-ion.

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qui doit l'être pour plaire à ses chefs, et les habitants catholiques d'une paroisse ? Comment voulez-vous que ceux-ci le regardent avec L'affection et la confiance qu'un père doit avoir pour celui qui élève ses enfants ?

S'il est vrai que Jules Ferry ait fait les calculs que lui prête M. Aulard. il faut reconnaître qu'il était plus habile que nos laïcisateurs d'aujourd'hui ; à ceux-ci nous sommes en droit de dire : C'est vous qui tuez vos écoles. Xousen faisons de nouvelles, au fur et à mesure que les vôtres deviennent inhabitables.

Faut-il nous en plaindre ? Nous n'y songeons pas.

Mais alors, c'est le conflit, c'est la guerre ? C'est vrai.

Nous prenons acte que ce n'est pas nous qui l'avons déclarée. Ce n'est pas nous qui avons changé ce qui existait.

Comment finira cette guerre? De l'une ou l'autre de c îs deux manières : la tyrannie dans le monopole imposé à tous les enfants d'une même France, ou la liberté dans l'égale répartition des secours accordés aux écoles, telles que les auront choisies les pères de famille.

Tyrannie ou liberté. Cela suffit à juger de quel côté est le bon droit ; puisse cela éclairer suffisamment les esprits et préparer un avenir réparateur !

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