APRES L ECOLE
cieuses, par la fréquentation habituelle des cabarets et des spectacles mauvais, parla passion des lectures corruptrices, et par la recherche insatiable des jouissances de toutes sortes.
Nous n'insisterons pas sur ce tableau, puisque chacun de nous l'a. pour ainsi dire, sous les yeux, dans une société où les ruines s'entassent, comme dans une cité renversée, sans autre distinction que celle qui leur vient de la splendeur des monuments détruits. Toute cette jeunesse corrompue, c'est une cité en ruines, en effet, ruines sacrées gardant encore l'ancienne magnificence de la dignité chrétienne, ou ruines informes qui ne rappellent plus rien du passé ; ruines encore vivantes pour quelques-unes d'un dernier reste de vitalité chrétienne ; ruines le plus souvent irréparables, au-dessus desquelles ne pousse plus [aucune herbe verdoyante, et où ne se fait plus entendre aucun chant d'espérance.
Là où les ruines ne forment pas la cité détruite, elles jonchent assez le sol pour que le passant les heurte à chaque pas. Prenons garde, elles peuvent augmenter.
Le mal s'annonce déjà dans la diminution du respect, dans le refus de l'obéissance et dans l'esprit d'indépendance et d'insubordination. A combien de foyers faut-il regretter la disparition de cette piété filiale qui en était la joie et l'ornement, de cette déférence pour l'âge qui donnait à la famille son caractère patriarcal,
de ces égards affectueux qui assuraient à la mère une véritable royauté, de ce respect qui faisait attribuer à 3a parole d'un père l'autorité et la force d'un vrai sacerdoce !
Pour combien de jeunes gens la maison paternelle est-elle à charge ! Combien la désertent !
Combien de jeunes filles supportent difficilement les conseils de leur mère, encore plus difficilement leur surveillance ! Elles veulent tout voir et tout eniendre !
La simplicité des délassements qui suffisaient à nos pères n'excite plus que le dédain de leurs descendants. Au village le jeune homme et la jeune fille rougissent des plaisirs rustiques d'autrefois. On introduit jusque dans nos hameaux les fêtes les plus mondaines, les danses les plus corruptrices. Jusque dans nos plus modestes cités, la jeunesse se plaît aux spectacles licencieux, et aux lectures les plus passionnées et les plus subversives de la foi et de la vertu.
Le mal envahit peu à peu les familles réputées les plus honnêtes. Par une série de concessions qui sont juste le contraire de l'indépendance, on en arrive à tolérer, aux meilleurs foyers, ce que l'on en eût exclu impitoyablement il y a vingt ou trente ans.
On dira que le mal a toujours existé : cela n'est pas l'excuser, c'est constater qu'il a toujours les mêmes causes.
La jeunesse, en effet, a toujours eu soif d'indépen-