‹ Pour l'artChapitre 1 sur 8 · Pour l'art · texte numérisé non relu

Pour l'art

LES idées que j'expose ici seront sans doute contredites par quelques-uns, acceptées par d'autres et même complétées, peutêtre, par certains ; je profiterai volontiers des enseignements de ces derniers et je ne manquerai pas de répondre aux contradicteurs, puisque c'est de l'Art qu'il s'agit et non de nous-mêmes.

Quelques amis se croiront peut-être visés dans ces pages ; ils auront grandement tort, car je ne m'adresse à personne en particulier.

Si toutefois, quelqu'un tient absolument à se reconnaître, je le regretterai autant potir lui que pour moi : cela prouvera qu'il se trouve compris dans l'odieuse catégorie dont je vais parler. Auquel cas, il ne pourra m'en vouloir de suivre, en Art, une route

Opposée à celle que nous suivons dans r Amitié et dans la Vie.

Quoi qu'il en soit, je tiens également à rendre hommage à ceux de nos virtuoses contemporains, qui, par leur sincérité et leur honnêteté artistique, m'ont inspiré quelques-unes de ces réflexions. Certes, ils ne sont pas nombreux ; ils le sont assez, cependant, pour que l'on ne puisse jamais opposer aux tentatives de purif cation de notre Art, des objections d'ordre utilitaire, contrairement à l'opinion de ceux qui prétendent que l'honnêteté et la probité artistiques sont incompatibles avec les avantages matériels.

Quant au style de mes écrits, je dirai une fois pour toutes aux puristes et grammairiens qui les liront, ce que disait Couperin-le-Grand, dans la Préface de son troisième livre de Pièces : « J'y parle de

mon art, et si je m'assujettissais à imiter la sublimité du leur, peutêtre parlerai s-je moins bien du mien... "

J.-JOACHIM NlN.

envisager l art, .von comme ux prompt moyen d'arriver a d'Égoïstes jouissances, a une stérile célébrité, mais comme une force qui rapproche et unit les

Page 1