SCHILLER
CULTIVONS NOTRE JAR- DIN ET NE LEVONS PLUS LA TÊTE POUR ENTENDRE CRIER LES CORNEILLES.
Gustave FLAUBERT.
LE véritable Art — le seul 'qui soit — n'admet pas le mensonge; soyons donc lo^^aux. Attirons notre public, puisque son concours nous est indispensable, non pas avec des moyens factices : virtuosité fanfaronne, gestes faux ou sensiblerie larmoyante, mais par la sincérité et la valeur réelle de notre effort.
Plaçons-nous, pour communiquer avec lui, dans une atmosphèrede Foi, de Conscience et de Volonté, à travers laquelle nous pourrons mieux prêcher la Beauté.
Cherchons dans l'émotion qui se dégage de toute œuvre véritablement belle, le talisman qui doit nous mériter les suffrages des gens sensés.
Ne simulons pas l'émotion, si elle n'est pas en nous avec la Vie elle-même: moins encore, si l'œu-
vre ne la contient pas : nous ne la retrouverions plus le jour où nous la souhaiterions. Pensons que cette oppression inique du mensonge et de la parodie finirait, à la longue, par endurcir nos cœurs et par les rendre insensibles. Alors, notre vie, qui peut encore être très belle, aurait perdu toute sa valeur et tout son charme.
Et surtout, et toujours, et avant tout, songeons à ce que, de tous les sentiments que l'âme humaine peut éprouver, les plus beaux sont les plus simples :
n'oublions pas, encore une fois, que tout l'Art est fait de Beauté.
So3'Ons donc simples afin de le servir plus dignement.