ODE XX
Corvdon, verse sans fin Dedans mon verre du vin, 3 Afin qu'endormir je tace Un procez qui me tirace Le cœur et l'ame plus fort 6 Qu'un mastin un lièvre mort.
Apres ce procez icy Jamais peine ne soucv 9 Ne feront que je me dueille :
Aussi bien vueille ou non vueille.
Sans faire icv long séjour 12 II tant que je meure un jour.
Le long vivre me desplaist :
Bibliographie. — Odes. 1550 (II, 25;, 68 ; i553, 67 b ; 1555 (II, 21), 5i b ; 1560 (II, 22), 79 ; 1567 (H, 22), 85 ; 1571 (II, 22), 1578, 178 ; 1578, i54 ; 092, 43'J. Pièces relrancliées. 1609, 48 ; 1617, 124 ; i63o, 556. Blanchemain. II. 389. Aîarty-Laveaux. VI, 53.
Variantes. — 66. 0. enjUunmé l. û. i55o.— 66. Prindrent le cœur des D, i555. i56o.
Variantes. — Titre. Odelette à Corydon. i554. i557. — 6. Qu'un limier un sanglier m. 1554. 1557. i56o. 1567. 1571.
DES ODES DE RONSARD 5l
Mal-heureux l'homme qui est 15 Accablé de la vieillesse :
Quand je perdray la jeunesse,
Je veux mourir tout soudain 18 Sans languir au lendemain.
Ce-pendant verse sans fin
Dedans mon verre du vin, 21 Afin qu'endormir je face
Un procez qui me tirace
Le cœur et l'amc plus fort 24 Qu'un mastin un lièvre mort.
Cette Ode ouvre une série de huit pièces prises au Bocage de 1554 et assez bizarrement intercalées, dès 1560, entre l'Ode 25 et l'Ode 26 du Livre II de 1550.
De 1560 à 1578, elle a toujours figuré au deuxième livre : elle fut supprimée en 1584 et 1587.
Les six premiers vers constituent une sorte de refrain repris à la fin du morceau : le vers 6, ou 24, présente en 1578 un texte spécial à cette édition. Les 22 autres vers sont demeurés sans changement de 1554 à 1578.
Blanchemain donne bien ici, aux vers 6 et 24, le texte de 1560, mais ce fut aussi celui de 1554 conservé jusqu'en 1571.