ODE VII
Ma Dame ne donne pas Des baisers, mais des apas 3 Qui seuls nourrissent mon ame, Les biens dont les Dieux sont fous, Du Nectar, du sucre dous, 6 De la cannelle, et du bâme, Du thin, du lis, de la rose Entre ses lèvres esclose 9 Fleurante en toutes saisons :
Et du miel tel qu'en Hymette La desrobe-fleur avette 12 Remplit ses douces maisons.
O Dieux ! que j'ay de plaisir Quand je sens mon col saisir
Bibliographie. - Odes. 1550, 47 b ; i553, 44 b ; 1555, 38 b; 1560, 64 b; 1567, 72; 1571, 1573, 146; 1578, i3o. Muse chrcsiicnne. i582, 109. Odes. 1587, 122; 1592, 140; 1604, 1617, 25i; i63o, 304. OEiivres. 1584, 3o8; 1609, 1623, 403. Blanchemain. II, 143. Marty-Laveaux, II, 194.
Variantes. — Titre. Des baisers de Cassandre. i55o, i555. — [Sans titre] i56o. — Titre. A Cassandre. 1567. 1571. — i. Cassandre ne d.p. i55o. i555. i56o. 1567. 1571. — 3. 4. Q. vonl nourrissant m. a. Cela d. l. d. s. soûls. i55o. — S.Desuss. l. déclose i5 5o. —8. Parmi s. 1. déclose. i555. i56o. — 11. 12. Ou près d'Athènes, l'a. A fait ricixes ses m. i55o.
22 POUR l'Édition critiqup;
1 5 De ses bras en mainte sorte :
Sur mov se laissant courber, D'veux cloz je la voy tomber
i8 Sur mon sein à demy-morte.
Puis mettant la bouche sienne Tout à plat dessus la mienne,
21 Me mord, et je la remors :
Je luy darde, elle me darde Sa languette fretillarde,
24 Puis en ses bras je m'endors.
D'un baiser doucement long El' me suce Tame adonc,
27 Puis en soufflant la repousse, La ressuce encor un coup, La ressoufle tout à coup
30 Avec son haleine douce.
Tout ainsi les colombelles Trémoussant un peu les ailes
33 Havement se vont baisant.
Apres que l'oiseuse glace A quitté la froide place
36 Au Printemps doux et plaisant.
Helas ! mais tempère un peu Les biens dont je suisrepeu,
39 Tempère un peu ma liesse :
Dieu je serois immortel. Et je ne veux estre tel,
42 Si tu n'es aussi Déesse.
BiBLiOGPAHHiE. — Odes. 1550, 4(,; 1555, 40; 1560, 66; 1567, 78 b; 1571, 1573, 149; 1578, i33; 1587,125"; 1592, 143; 1604, 1617, 256; i63o, 3oq. Œî/yre.^, 1584, 309 ; 1609, 1623, 404. Blanchemain, II, 145. Marty-Laveaux, II, 196.
Variantes. — 17. Peu à peu lu voi I. i55o. i555. i56o. 1567. '57i. — 18. Dans m. s. à d. m. i55o. i555. i d6o. — 2 i. 22. Je la inor, et suis r. Deçà el delà me d. i55o. — 24. 25. Au hors., dedans, el dehors D'un h. bruianl, el l. i55o. — 25. D'un b. mignard et I. 1587. — 26. Me ressuce l'a. a. 1584. 1587. — 33. .-1 leur leur se V. b. i55o. — 35. Envis a quilé la p. i55o. — 40. Je seroi d. i. i55o. — 40. 41. Tu me ferois i. Hé,.,. 1587.
OBSERVATIONS
Cette Ode a toujours occupé le même rang : Livre II, Ode vu.
Elle a toujours eu le même nombre de vers : 42, divisés en 7 strophes de 6 vers.
Sur 42 vers, 26 sont restés sans changement depuis 1550, soit plus de 60 0/0.
Sur les 16 vers modifiés, aucun ne l'a été spécialement en 1560.
1584 ne diffère de 1578 que pour un seul vers, 26.
1587 diffère de 1578 pour 3 vers.
Blanchemain a-t-il reproduit 1560, qui n'est ici qu'une copie de 1555 et 1550 ? Non, car son titre ne se lit nulle part (1560, 1584, 1587 n'ont point de titre) ; son texte des vers 40, 41 est celui de 1587.
Il convient aussi de noter que cette Ode très leste n'a subi aucune coupure en 1584.