‹ Pour l'édition critique des Odes de RonsardChapitre 10 sur 27 · ODE VIII · texte numérisé non relu

ODE VIII

Ma petite Nymphe Macée, Plus blanche qu'yvoire taillé, 3 Plus blanche que neige amassée, Plus blanche que du laict caillé, Ton beau teint resemble les lis 6 Avecque les roses cueillis.

Ton beau chef à mes yeux descœuvre.

Où le ciel, des beautez donneur, 9 Employa sa peine et son œuvre, Curieux de luy faire honneur :

Descœuvre ton beau front aussi, 12 Heureux object de mon souci.

Variantes. — Titre. A Macée. i55o. i555. i56o. 1667. iSyi. — 3. Que la neige aux monls a. i55o. — 3. Que la négees monts a. i355. i5(5o. — 3. Qu'un monceau de n. a. iSôy. iSyi. — 4. Ou sur le jonc le l. c. i55o. — 4. Que sur le jonc le 1. c. i555. i56o. ibèy. iSyi. — 4. P. b. q. le 1. c. 1587. — 6. Jintre 1. r. c. 1567. 1571. — 7. T. chef de soie, el d'or, d. i55o. i555. i56o. 1567. ibyi. — 8. Ouïe c. d. grâces d. i55o. — 7-10. Descœuvre moy ton beau chef-d'œuvre Tes cheveux où le Ciel d. De grâces richement descœuvre Tous ses biens pour leur f. h. — 1587. — 12. Doux inslrunienl de m. s. i55o.

Plus belle que Venus tu marches :

Tes yeux sont parfaitement beaux,

15 Qui flambent sous deux noires arches, Comme deux célestes flambeaux, D'où le brandon fut allumé,

18 Qui tout le cœur m'a consumé.

Ce fut ton œil, douce mignonne, Qui dans son regard escarté,

21 Les miens encores emprisonne Peu soucieux de liberté.

Et qui me desroba le cœur

24 Pour m'honorer d'une langueur.

Te voyant des belles la belle.

Tu me suces l'ame et le sang :

27 Monstre moy ta rose nouvelle.

Je dy, mignarde, ton sein blanc, Et tes deux rondelets tétons

30 Qui s'enflent comme deux boutons.

Las ! puis que ta beauté meurtrière Ne me daigne faire mercy.

Variantes. — i3. Egale (lu.r déesses lu m. i55o. — i3. Comme une Diane tu m. 1587. — 14. Tu as les yeux divins cl h. i55o. — 14. Plus que les siens tes yeux sont b. i535. i56o. iSôy. ibyi. — 14. Ton front est beau, tes yeux sont b. 1584. 1587. — i5. Ardans dessous d. n. a. i35o. — 17-18, Ou le h. f. a. Duquel amour m'a c. i55o. — 19-24. Certes ce fui l. 0. foliaire Sur moi Irailremenl e. Ton œil qu'adore, el idolalre Le mien eaplif par sa elarlé. Qui nie sceul arracher le c. El s'en faire maislre. el vainqueur i55o. — 19. É est-ce pas t. o. M. i553.

— 19. É n'est-ce pas t. o. M. i56o. — ig. Hé n'est-ce pas t. o. M. 1567. 1371. — 20. Q. en s. r. e. 1567. 1571. — 20. Q. d'un regard traistre e. 1584. — 20. Q. d'un fol. r. e. 1587. ~ 28-24. Et. q. m'a dérobé le c. Et seul, de moi c'est [s'est 1571] fait veinqueur. i555. i3ôo. i5b7. 1571. — 24. P. le desseicher en 1. 1584. — 28-24. Tous deux au retour du Printemps, Et sur l'Avril de nos beaux ans 1587. "~ Entre 24 et 25. Amour, honneur, joie, et liesse, De tous costés naissent de toi, Enlasse mon col ma déesse, Baise moi el rehaise moi, Etcin un peu ma flamme adonc. D'un dous baiser liumide el long. i53o. — Entre 24 et 25. Ennui, plaisir, )oie, tristesse De tous costés naissent de toi, Helas! ou fuis-tu ma Déesse, Baise moi et rebaise moi, Vueilles aumoins d'un seul baiser Le feu de mon cœur apaiser. i553. i56o. 1567. 1571. — 25. Te voyant jeune simple et b. 1584. 15S7. — 28. J'enten mignarde t. s. b. i55o. — 28. Je di ton sein d'ivoire b. 1584. 1587. — 2g-3o. Et ce dur te tin rondelet Qui desja s'enfle sans le lait. i55o.

— 3i-36. Puis(jue le mal gui me tourmente Tu vois cruelle, de si loin, El mon grand brasier <pii s'augmente Tu ne veiis éteindre au liesoin, A tout le moins li s. m. f. Combien de nunix les g. /»<' f. i55o. — 3i. L. p. q. ta b. première. 1584. 1587. — 32. Ne me veut point f. m. i555. i56o. 1567. 1571.

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33 Et que de jour en jour plus fiere Tu prens plaisir de mon soucy, Aumoins regarde sur mon front

}6 Les maux que tes beaux yeux me font.

OBSERVATIONS

Cette Ode a toujours occupé le même rang : Livre II, Ode viii.

De 1550 à 1571, cette Ode a eu 42 vers divisés en sept strophes de six vers. La strophe, qui suivait le vers 24, eut deux rédactions, l'une en 1550, l'autre en 1555, reproduite sans changement en 1560, 1567, 1571 : supprimée en 1578, elle ne reparut plus.

Sur les 3 6 vers qui se lisent dans toutes les éditions, 7 seulement sont restés sans changement depuis 1550; ce sont i, 2, 5, 11, 16, 26, 27.

Une seule variante, au vers 19, est spéciale à 1560.

1584 diffère de 1578 pour 7 vers, et sur ces sept variantes, trois n'ont pas été conservées en 1587.

1587 diffère de 1578 pour 15 vers.

Blanchemain a-t-il reproduit 1560? Non, car s'il donne bien la strophe retranchée depuis 1578, le troisième vers présente, chez lui, le texte de 1550. Pour les six strophes qui se lisent — avec de très notables variantes — dans toutes les éditions, son texte du vers 28 est celui de 1584 et 1587 ; son texte du vers ^6 est celui de 1550.

Bibliographie. — Odes. 1550, 5o; i553, 47; 1555, 41 ; 1560, 67; 1567, 74 ; 1571, 1573, i5t;1578, 184; 1587, 127; 1592, 145; 1604, 16:7, 259; i63o, 314. Œuvres, 1584, 309 ; 1609, 1623, 406. Blanchemain, II, 147. Marty-Laveaux, II, 198.

Variantes. — 33. Etq. moins amoureuse et f. 1384. — 33. Et me privant de ta lumière. 1587. — 34-36. Prend passetans de m. s. Au m. un jour, voi s. m. f. Combien de mors tes y. me f. i555. i56o. 1567. 157 i. — '}-\. Prend son p. de m. s. 1587.

A LA FONTAINE BELLERIE

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