‹ Pour l'histoire de la science hellène [microform]Chapitre 32 sur 90 · IV. — Une erreur de Théophraste · texte numérisé non relu

IV. — Une erreur de Théophraste

IL II me reste à expliquer avec plus de précision comment se s(mt j)roduites les méprises de l'antiquité sur l'opinion réelle de Xénophane dans cette question de l'infinitude.

Le plus ancien témoignage se trouve dans Aristote {Métaph., I, 5, p. 986 h) : « Parménide semble avoir parlé de l'Un selon la îaison, Mélissos selon la matière; ainsi l'un l'a dit limité, l'autre infini. Quant à Xénophane, qui a posé l'unité (èviTa;) avant eux (car on dit que Parménide fut son disciple), il ne s'est en rien expliqué clairement (cjOèv ciîTaç-r^vi^îv et il ne semble avoir

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touché à la nature île l'Un ni d'un côté ni de l'autre; mais seulement, regardant le ciel entier, il dit que l'Un est le dieu. »

A vrai dire, on n'est nullement assuré que la ])hrase relative ;i Xéno[)hane soit d'Arislote lui-même et que le texte ne soit pas interjxdé. (lomrne le fait remai'([U(ir Diels [Do.xogr. gnrr., p. i<>()iio), les mots ^recs re[)roduits ci-dessus entre parenthèses n'ap- [)nrtiennent millement à la lanj»:ue d'Aristote et rendent par suite le passafTc très suspect. Mais si l'autorité en est ainsi diminuée, elle reste toujours considérable et au moins équivalente à celle de I héophrasLe.

L'opinion que Xénophane ne se serait j)as prononcé sur la limitation ou l'infinitudi' de l'univers, j)ouvait, malgré la contradiction du fraf»nient (12), avoir sa raison d'être dans le défaut de précision du lan^jage et des raisonnements du poète, ainsi que rions l'avons expliqué. Mais l'auteur du passage ci-dessus semble, en ])articulier, y avoir été conduit |)a!' la légemle sur les relations entre l^lrménide et Xénophane, pai" la nécessité de ne pas creuser un abîme entre le ])oète de Col(q)hon et ctdui d'I^léc.

Une opinion tout opposée est développée dans le traité pseudoaristotélique De Melifiso^ Xénophane et (lorgia, dont l'autorité est relativement très faible. Xénophane aurait démontré ({ue le dieu est éternel, uni(pie, semblable dans toutes ses parties et de forme sphérique, mais qu'il n'est ni infini ni limité, qu'il n'est ni en repos ni en mouvement. Ce traité me paraît avoir été rédigé par quchpic péripatéticien désireux de concilier les opinions opposées (de Théophraste et de Nicolas de Damas) sur la doctrine de Xénophane.

Quant à rhé(q>hraste, son opinion nous a été conservée par Sinq»licius (1); toutefois ce dernier la dénaturiî grandement (*); il send)lc, (raj)rès son texte, cpie rhé«q)hraste aurait attribué à Xénophane les mêmes antinomies que le Traité De Melisso. Simplicius développe ces antinomies (ainsi que les démonstrations de l'unité et de l'éternité) dans des termes en concordance parfaite avec ceux de ce traité; il cite les deux vers du fragment (4) et sciu-

(^) Dans la traduction que j'ai donnée ci-après, j'ai, comme pour tous les fragments analogues de Théophraste, marqué en italique ce qui, d'après l'opinion de Diels, appartient à Simplicius et non à l'autinir des Opinions tles physiciens.

tient qu'ils ne sont pas en contradiction avec la négation du repos; il mentionne Nicolas de Damas comme ayant dit que l'univers de Xénophane était infini et immobile, Alexandre d'Aphrodisias comme ayant dit au contraire que cet univers était limité et sphérique; enfin il termine par un complément où l'on retrouve en fait deux thèses que le Traité De Melisso attribue à Xénophane, mais dont Sim])licius n'avait pas encore parlé.

Il n'est pas étonnant qu'en présence de tous ces documents obscurs et contradictoires, la critique ait hésité.

Tout en reconnaissant qu'on ne peut aucunement se fier au Traité De Melisso pour des propositions dont l'exactitude ne serait pas reconnue d'ailleurs, G. Teichmûller {^) me semble s'être trop abandonné à l'illusion de croire qu'il était possible de reconstruire des raisonnements faits par Xénophane; il se demande si Sinq)Hcius ne peut avoir possédé, en dehors des écrits de Théophraste, et du traité pseudo-aristotélique, une troisième source anti((ue, ofi quelque Fdéate aurait habillé en prose dialectique les vers du (lolophonien. Cette hypothèse hardie me paraît insoutenable; non seulement il faut s'en tenir, jusqu'à preuve rigoureuse du contraire, à ce fait que l'école péripatéticienne seule nous a réuni les documents antiques pour l'histoire de la philosophie, mais encore il est inq)ossil)le d'attribuer des antinomies à Xénophane sans commetre un anachronisme d'au moins un siècle. Si l'auteur du Traité De Melisso n'avait pas de scrupule à cet égard et plaçait hardiment le Colophonien entre Zenon et Gorgias, il nous est défendu de prendre les mêmes libertés en l'absence de jireuves absolument convaincantes.

Ed. Zeller (^) a surabondamment démontré que le Traité De Melisso n'est i)oint authentique et ne reproduit nullement les véritables doctrines de Xénophane; il a étabh avec la même force que Sinq)licius a compilé ce traité. Pour ce qui concerne Théophraste, il pense que le commentateur à fidèlement reprodu t son texte au début du passage dont il s'agit, mais que ce texte doit être entendu, ce qui est possible à la rigueur, comme si le disciple d'Aristote avait suivi l'opinion de son maître, c'est-à-dire soutenu

(^) Studien zur Geschichte der Dégriffé, p. 591-623. (*) La Philosophie des Grecs, II, p. 2-21.

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cfiie Xénophane ne s'était j>as prononcé entre la limitation ou l'infinitude, entre le repos et le jnouveinent.

Diels (ï), en dernier lieu, a montré .{ue l'opinion de Zeller ne peut être maintenue en ce ([ui concerne Théophraste. La comj)araison des doxogra])hes établit sans conteste que l'historien des Physiciens a représenté l'univers de Xénophane comme limité, S]diéri(pie et immobile.

Mais comment, dans ces conditions, expliquer le passage de Sinq)licius ? De fait, la chose est très simple. Le commentateur n'avait înijlcmcnt à sa disposition Touvrage historique de Théoi)hrastc; il le cite d'après Alexandre d'Aphrodisias, qui suit fidèlement le disciple d'Aristote et réfute Nicolas de Damas. Mais en même temps Sinq)Hcius a entre les mains le Traité De Melisso qu'd attrd)ue à Théophraste ou qu'il croit au moiFis représenter la doctrine de ce dernier. Il s'imagme donc qu'Alexandre défigure cette doctrine et il essaie de la rétablir avec des inter|)olations empruntées au Traité De Melisso. Les vers de Xénophane qu'il cite proviennent d'ailleurs certainement de Théophraste par Alexandre, et, quoi qu'il en dise, les deux premiers (fr. 4) sont absohiment contraires à sa thèse, tandis (pi'ils justifient j»arfaitement celle de Théo])hrastc cl d'Alexandre en ce qui concerne l'immobifité.

Mais il ressort de là même et de la contradiction soulevée par Nicolas de Damas, que, pour la limitation et la sphéricité de l'univers, Théophraste n'avait pu, au contraire, trouver un texte de Xénophane qui justifiât sa thèse, mais seulement une expression très vague, coinme « semblable dans toutes ses j)arties )> ou bien « égal de tous côtés », où il avait i ru voir l'indication de la forme sphérique, et par suite de la limitation.

Comment cependant a-t-il pu soutenir sa thèse et entraîner, dès lors, par une suite nécessaire, l'invention ultérieure des antinomies ?

En {)remier lieu, Théophraste croit, comme Aristote, que le monde est sphérifjuc et limité. 11 est donc porté, dès que cette opmion n'est ])oint spéciale à son éccde, à augmenter le nondjre de ses partisans. D'autre part, il est imbu de l'idée que Xénophane

(1) Doxographi grœci, p. 108, ni, i ^o.

a eu pour disciple Parmémde, lc([uel a soutenu la sphéricité de lunivers et séparé le domaine de la vérité de celui de l'opinion.

C'est à ce secontl point ([ue Théophraste doit surtout s'attacher, comme caractéristique de l'école éléatique; il en fait l'application aux doctrines du fondateur ])résumé de cette école, oubliant volontairement (pie ce derniei' a au contraire présenté le domaine de l'opinion comme s'étendant à toutes choses (fr. 14). Il néglige donc, dans la question des attributs de l'univers, tout ce qui se i'ap|>orte aux (q)inions physiques de Xénophane, comme il le ferait à bon droit s'il s'agissait de Parménide. Dès lors, il lui est facile de tourner en faveur de sa thèse le sens ambigu de quelques ex])ressions j)oétiques du (]olophonien, comme celles que nous avons indi<[uées; ces expressions, cei)endant, ne peuvent avoir un sens autre que celui du fragment (2); c'est une négation de l'anlhro|»omorphisme grossier (jui attribuait aux dieux des organes spéciaux pour les sens et la pensée.

L'erreur de Théophraste est évidemment considérable, et sa constatation prouve assez (fue la critique moderne ne doit imllement désarmer en présence des témoignages les plus anciens pour l'histoire de la philosophie. Toutefois, une fois reconnue, cette erreur doit permettre de conclure que Xénophane n'avait nullement posé abstraitement l'infinitude comme un attribut nécessaire de l'Un; c'était ])our lui une croyance instinctive et confuse, liée à sa conception concrète du monde.

Il n'est guère douteux que la prétendue antinomie du repos et (lu mouvement n'ait une origine semblable* à celle de la limitation et de l'infinitude; on aura voulu concilier l'immobilité nettement allirmée pour l'ensemble avec les mouvements et changements particuliers, que Xénophane prodigue pour l'explication des phénomènes; on a tenté cette conciliation par le même procédé que pour la première antinomie, en reprenant des arguments que les sophistes avaient rebattus, mais qui, au plus tôt, remontent à l'époque de Zenon.

En somme, Xénophane n'est pas plus un philosophe dogmatique qu'il n'est un physicien véritable. Cependant on ne ])eut nier, au point de vue philosophique, qu'il n'ait, en un certain sens, frayé la voie à Parménide, quelle que soit la distance qui les sépare au point de vue cosmologique. Pour concevoir son Dieu,

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le Colophonien avait fait un effort d'abstraction considérable; il n'en fallait plus (ju'un second, et l'idéalisme pouvait naître.

DOXOGRAPHIE DE XÉNOPHANE.

1. TiiÉopiiR., fr. j {Simpl. in phijsic, 5 b, Vors. 5o, i3-36). — Théophraste dit que Xénophane do Colophon, le maître de Parménide, suppose un seul principe ou considère l'être total comme un, ni limité, ni infini, ni en mouvement ni en repos. Théophraste convient au reste que la mention de cette opinion appartient plutôt à une autre histoire qu'à celle qui concerne la nature; car, au dire de Xénophane, cet un universel, c'est le dieu. // montre qu'il est unique, parce qu'il est plus puissant que tout • car s'il y a plusieurs êtres, dit-il, il faut que la puissance soit également partagée entre eux; or dieu, c'est ce qu'il y a de plus excellent et de supérieur à tout en puissance. Il est inengendré, parce que ce qui naît doit naître soit du semblable, soit du dissemblable; mais le semblable, dit-il, ne peut avoir ce rôle par rapport au semblable; car il ny a pas plus de raison pour que l'un, plutôt que l'autre, engendre ou soit engendré; si d'autre part l'être naissait du dissemblable, il naîtrait de ce qui n'est pas; c'est ainsi qu'il prouve la non-génération et l'éternité. L'un n'est ni infini ni limité, parce que, d'une part, l'infini c'est le non-être puisqu'il n'a ni commencement, ni milieu, ni fin; que, de Vautre, ce sont les objets en pluralité qui se limitent réciproquement. Il supprime de même le mouvement et le repos; car l'immobile, c'est le non-être, qui ne devient rien d'autre, et que rien d'autre ne devient; le mouvement, au contraire, appartient à la pluralité, car alors il y a changement de l'un en l'autre. Aussi, quand il dit que l'être reste <lans le même état et ne se meut pas {voir fr. 4), il faut entendre cela, non pas du repos opposé au mouvement, mais de l'état stable sans mouvement ni repos. Nicolas de Damas, dans son Traité Sur les Dieux, le mentionne comme ayant djt que le principe est infini et immobile. D'après Alexandre, il l aurait dit limité et de forme sphérique. Mais on a vu clairement comment il prouve le non-infinitude et la non-limitation ; la liniilaliou et la forme sphéricpie sont indiquées lorsqu'il dit que l'être est semblal^h' dr tous côtés; il dit encore (|u'il pense à toutes choses [voir fr. 3).

2. Théophr., fr. j a [Galien sur Ilippocr., Vors. 5-2, 28-53, 3). ^ Divers exégètes ont faussement parlé de Xénophane; ainsi Sabinus qui dit à peu près textuellement : « Jr db que l'homme n'est pas entièrement air, comme le veut Anaximène, ou eau, suivant Thaïes, ou terre, comme le dit Xénophane chez un certain auteur. » On ne trouve nulle part une telle assertion de Xénophane; mais il est bien clair, par le texte même de Sabinus, que, s'il a péché, c'est volontairement et non pas par ignorance, car autrement, au lieu de parler comme il l'a fait, il aurait dit au juste dans quel livre se trouve cette assertion. D'ailleurs Théophraste aurait rapporté cette opinion de Xénophane dans

l'abrégé des Opinions des physiciens. Il vous est facile de lire les livres où Théophraste a fait cet abrégé, si cette histoire vous intéresse.

3. Théopiir., fr. i6 [Aélius, II, lo, Vors. 53, i'2-i4). — Théophraste, dans les Physiciens, a dit que, suivant Xénophane, le Soleil est formé par la réunion d'étincelles provenant des exhalaisons humides.

4. Philosophumena, i^ (Vors. 51, i9-3i). — (i) Xénophane de Colophon,

fils d'Orthomène, vécut jusqii'aux temps de Cyrus. Il a proclamé le premier

riiiconq)réhensibilité de toutes choses, disant : {voir fr. 14). — (2). Il dit que

rien ne se produit, ni ne se détruit, ni ne se meut; que l'univers est un et

en dehors du changement; que le dieu est éternel, unique, semblable de

toutes parts, limité, sphéri(iue, doué de sentiment dans toutes ses parties.

— (3). Le Soleil se forme chaque jour de petites étincelles qui se réunissent;

la Terre est infinie et «n'est pas enveloppée par l'air ni par le ciel; il y a des

soleils et des lunes en nombre infini; enfin tout vient de la Terre. — - (4) Il

attribue la salure de la mer aux nombreux mélanges qui y découlent; Métro-

dore donne pour raison qu'elle filtrerait à travers la terre. — (5) Xénophane

croit d'ailleurs qu'il y a eu mélange de la terre et de la mer et que c'est le

temps qui a amené la séparation; il en donne pour preuve qu'en pleine terre

et dans les montagnes on trouve des coquillages, que dans les carrières

de Syracuse on a rencontré des empreintes d'un poisson et de phoques, à

Paros une empreinte d'aphye (anchois ?) au miheu d'une pierre, à Malte

des plaques de toutes sortes de choses de mer. — (6) Cela vient, dit-il, de ce

qu'autrefois tout était boue, et que, quand cette boue s'est desséchée, les

empreintes se sont conservées. Lorsque la terre s'enfonce dans la mer et se

transforme en boue, la race humaine disparaît, puis il y a une nouvelle genèse;

ce changement arrive dans tous les mondes.

5. Ps-Plut. {Strom., 4, Vors. 50, 37-51, 11). — Xénophane de Colophon, entrant dans une voie particulière, s'écarta de tous les précédents et n'admit ni genèse ni destruction. L'univers, dit-il, est toujours semblable; car, s'il eût été produit, il eût fallu qu'auparavant il ne fût pas; or, ce qui n'est pas ne peut ni être produit, ni rien faire, ni contribuer à rien produire. Il affirme que les sens sont trompeurs et, en même temps, il ébranle aussi l'autorité «le la raison. Il dit qu'avec le temps la terre descend continûment et insensiblement dans la mer; que le Soleil est la réunion d'un grand nombre de petites étincelles. Il affirme des dieux (ju'il n'y a aucune prépondérance parmi eux, car il serait impie qu'un dieu fût assujetti; qu'aucun d'eux n'a absolument besoin de rien; qu'ils entendent et voient de partout et non pas par des organes spéciaux. Enfin la Terre serait infinie et la partie inférieure ne serait point entourée d'air; tout viendrait de la Terre; le Soleil et les astres seraient produits par les nuées.

6. Épiphane, III, 9 (Dox. 590, i5). — Xénophane, fils d'Orthomène, de Colophon, dit que tout naît de la terre et de l'eau, mais que, dans tout

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ce qu'il avance, il n'y a rien de certain, tant la vérité est obscure; il n'y ;i partout que des opinions «'t surtout sur co <|ui est invisihir.

7. Galie.n (///.s7. phil.). — (3, Dox. 601, 5). — Cette secir, (jui vst d'ordinaire considérée plutôt eomnic aporétique (jue eomrne dogmatique, eut, dit-on. pour ehef Xénophane de Colophon. — (7, Vors. ol, iS). Parmi eeux (jui appartiennent à la secte inlrrniédiaire, Xénoplianc! a d<'s doutes sur toutes choses, sauf qu'il pose pour do<;ni(' cju*' l'univers est un et que c'est là le dieu, qui esl limité, raisonnahlc, immual>l<-. [Cf. Skxt. Kmi»., I, nj : L'univers est un et le dieu rst in('oi{)oré à l'univers; il est spliériqu»*, impassible, immuable, raisonnable, Vors. Ti^, 17-nj).

8. CiCKHON (Vors. oi, Ià-'Mj). - {Litcullufi, ')7). Xénophane, un peu plus ancien (([u'Anaxap;or«'), dit que tout esl un, immuable, que c'est le «liei , (|u'il est inengendré, éternel et de l'orme sphéricpie . - [De deor. luit., I, 11.) Puis Xénophane, qui veut que Dieu soit l'univers, <(u'il prétend infini et auquel il ajoute l'iulelligeuc»', est passible des mêmes ri'proches «{ue les autres sur ce dernier point, mais bien plus à cause de l'in finit ude, où il nr peut y avoir rien d«' senlani, non plus que de lié. — {De dii'iiiat., 1, {, Vors. 54, .>G.) Xénophane de (Colophon est le seul qui, tout en anirmanl l'existenc(; des dieux, nie absolunu'ut la divination.

9. Tm':oDOHi:r, IV, *) (Vors. 5"^, AO-ii). — Xénophane, [ils d'Ortliomène, de Colophon, cliel de la secte éléatique, dit (|ue l'univers est un, sphéri((ue, limité, non engendré, mais éternel et absolument immobile. Puis oubliant ce langage, il dit «pie tout est sorti de la Terre; car c'est de lui (pi'est ce vers : {i^oir t'r. 8). — - (Cf. Aétus, I, i. Xénophane : Le principe de tout est la Terre, car il dit dans son écrit sur la Nature, etc.).

10. Sext. I'mp., X. (Dox. 04). — ('ji3). Xénophane, d'après quel<|ues-uns, a<lmet comme principe la Terre {\'oir fr. 8). — (ill) De plusieurs principes dénond>rai)les; de deux, à savoir la terre et l'eau; Xénophane, d'après qnel(|ues-uns {i'oir fr. 9); Homère : « Mais puissiez-vous tous devenir terre el eau. » — {Cf. Ps.-Plut., Vie d'IIomère).

11. Galien {Hist. phil.. 18, Dox, 610, 1 î). — • Xénophane de Colophon (a<lmet comme principe matériel) la terre et l'eau. — [Cf. Macrobe, Songe de Scipion, 1, i [ : Xénophane (dit que l'ànu; est formée) de terre et d'eau, Vors. ol, '2 2.]

12. Aétils, h \. (Vors. 53, (). — Xénophane, Parménide, Mélissos : Le moiule est inengendré, éternel, incorruptible.

13. AÉTius, IL (Vors. 53, 6-23). — i J. Xén«q»hane : (Les astres sont formés) de nuages enflammés qui s'éteignent cha<iue jour et après la nuit se rallument comme des charbons; lem-s levers et leurs couchers sont en réalité des inflammations et des extinctions. — 18. Ces sortes d'étoiles qui paraissent

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sur les vaisseaux, et qu'on appelle Dioscures, sont de petits nuages devenus lumineux par un mouvement approprié. — 20. Le Soleil est un nuage enflammé

— i:\. Les éclipses ont lieu par extinction; il s'en reforme un autre au levant. il a p£^rlé d'une éclipse de Soleil ayant duré un mois entier et encore d'une éclipse complète telle que le jour aurait paru comme la nuit. : — ■ Il y a nombre (le soleils et de lunes selon les divers climats, régions et zones de la Terre; à un certain moment, le disque arrive sur une région non habitée et là, comme i*a course serait inutile, il subit une éclipse. Xénophane dit encore que le Soleil s'en va à l'infini, mais qu'à cause de la distance il paraît tourner.

[A. AÉTIUS, II (Vors. 53, 26-28). — 25. La Lune est un nuage feutré (enflanuné ?) — •>8. Anaximandre, Xénophane, Bérose : La Lune a sa lumière propre. — 29. Xénophane attribue aussi à l'extinction sa disparition mensuelle.

15. AÉTIUS, III (Vors. 53, ■>9->7). — 2. Les comètes et les étoiles filantes sont des nuages enflammés qui se constitaent ou qui sont en mouvement.

— 3. Les éclairs proviennent des nuées illuminées par le mouvement. — \. Tous les phénomènes météorologifjues proviennent, comme cause princi- ]»ale, <le la chaleur du Soleil, (^elui-ci pompant l'humidité de la mer, l'eau «iouce, en raison de sa légèreté, se dégage, puis, passant à l'état de brouillard, forme des nuages d'où l'épaississement fait dégoutter la pluie, ou encore elle se «lissiju' en vents. H dit textuellement : {s'oir fr. 11).

16. AÉTIUS III (Vors. 54, 1-7). — ■ 9. Les racines de la Terre s'enfoncent ù l'infini par en bas; en haut, elle a été solidihée par l'air et le feu. — • 11. La irOMition de la Terre est primordiale, car ses racines vont à l'infini.

17. AÉTIUS, IV, 9. — - Pythagore, Empédocle, Xénophane, Parménide, Zenon, Mélissos, Anaxagore, Démocrite, Métrodore, Protagoras, Platon : Les sens sont trompe»;rs.

18. AÉTIUS, V, I (Vors. 54, 2y). — - Xénophane et Epicure suppriment la divination.

19. Tertullien {De anima, ^[3, Vors. 54, 3o). — Anaxagore et Xénophane alhibuent le sommeil à l'épuisement.

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