CHAPITRE VII. — HERACLITE d'ÉPHÈSE (f
discorde, que tout se fait et se détruit par discorde. — 40. Il y a une harmonie dérobée meilleure que l'apparente et où le dieu a mêlé et profondément caché les différences et les diversités.
41. Tout reptile se nourrit de terre. — 42. Le plus beau singe est laid en regard du genre humain. — 43. L'homme le plus sage paraît un singe devant Dieu.
44. L'Eternel (Aiwv) est un enfant qui joue à la pettie; la royauté est à un enfant. — La guerre est père de tout, roi de tout, a désigné ceux-ci comme dieux, ceux-là comme hommes, ceux-ci comme esclaves, ceux-là comme libres.
45. Joignez ce qui est complet et ce qui ne l'est pas, ce qui concorde et ce qui discorde, ce qui est en harmonie et en désaccord; de toutes choses une et d'une, toutes choses. — 46. Même chose ce qui vit et ce «jui est mort, ce qui est éveillé et ce qui dort, ce qui est jeune et ce qui est vieux; car le changement de l'un donne l'autre, et réciproquement.
47. Il n'est pas préférable pour les hommes de devenir ce qu'ils veulent. C'est la maladie qui rend la santé douce et bonne ; c'est la faim qui fait de même désirer la satiété, et la fatigue, le repos.
48. Qui se cachera du feu qui ne se couche pas? — 49. Contre le feu se changent toutes choses et contre toutes choses le feu, comme les biens contre l'or et l'or contre les biens. — 50. La foudre est au gouvernail de l'univers. — 51. Le feu survenant jugera et dévorera toutes choses.
52. Mort est ce que nous voyons éveillés, rêve ce que nous voyons en dormant. — 53. Les morts sont à rejeter encore plus que le fumier; toute chair est cadavre ou partie de cadavre. — 54. De là ils s'élèvent et deviennent gardiens vigilants des vivants et des morts.
55. Il n'y a qu'une chose sage, c'est de connaître la pensée qui peut tout gouverner partout. — 56. La loi et la sentence est d'obéir à l'un.
57. Les Ephésiens méritent que tous ceux qui ont âge d'homme meurent, que les enfants perdent leur patrie, eux qui ont chassé Hermodore, le meilleur d'entre eux, en disant : « Que parmi nous il n'y en ait pas de meilleur ; s'il y en a un, qu'il aille vivre ailleurs. »
58. Aussi faut-il suivre le (logos) commun; mais quoiqu'il soit commun à tous, la plupart vivent comme s'ils avaient une intelli-
59. Pour les âmes, la mort est de devenir eau; pour l'eau, la mort est de devenir terre; mais de la terre vient l'eau, de l'eau vient l'âme. — 60. Le vivre et le mourir est en ce que nous vivons et nous mourons. — 61. Ils prient de telles images; c'est comme si quelqu'un parlait avec les maisons, ne sachant pas ce que sont les dieux ni les héros. — 62. (Voir page 184.)
63. Les hommes n'espèrent ni ne croient ce qui les attend après la mort. — 64. Les dieux et les hommes honorent ceux qui succombent à la guerre. — 65. Les plus grands morts obtiennent les plus grands sorts. — 66. Quand ils sont nés, i!s veulent vivre et subir la mort et laisser des enfants pour la mort. — 67. L'arc a pour nom (Jtéç (vie) et pour œuvre, la mort.
68. Le caractère pour l'homme est le daimone. — 69. Il est difficile de résister à la colère; elle fait bon marché de l'âme.
70. L'homme ivre est guidé par un jeune enfant; il chancelle, ne sait où il va; c'est que son âme est humide. — 71. Où la terre est sèche, est l'âme la plus sage et la meilleure. — 72. L'âme sèche est la plus sage et la meilleure. — 73. L'âme la plus sage est une lueur (aûffj) sèche. — 74. C'est l'âme sèche, la meilleure, celle qui traverse le corps comme un éclair la nuée. — 75. L'homme dans la nuit, allume une lumière pour lui-même; mort, il est éteint. Mais vivant, dans son sommeil et les yeux éteints, il brûle plus que le mort; éveillé, plus que s'il dort.
76. La présomption est une maladie sacrée. — 77. Le naturel humain n'a pas de raison, le divin en a. — 78. L'homme sot écoute le daimone, comme l'enfant écoute l'homme. — 79. L'homme niais est mis hors de lui par tout discours. — 80. On ne connaîtrait pas le mot de justice, s'il n'y avait pas de perversité. — 81. (Voir page 17G.) — 82. Quel est leur esprit ou leur intelligence?
83. Nous descendons et nous ne descendons pas dans le même fleuve, nous sommes et ne sommes pas. — 84. Je me suis cherché moi-même. — 85. L'âne choisirait la paille plutôt que l'or.
86. Le dieu est jour-nuit, hiver-été, guerre-paix, satiété-faim. — 87. Il se change comme quand on y mêle des parfums ; alors on le nomme suivant leur odeur.
88. La mer est l'eau la plus pure et la plus souillée; potable et salutaire aux poissons, elle est non potable et funeste pour les hommes.
89. La foule a pour maître Hésiode; elle prend pour le plus grand savant celui qui ne sait pas ce qu'est le jour ou la nuit; car c'est ane même <li<»s<>. — 90. Les médecins taillent, brûlent,