‹ Pour l'histoire de la science hellèneChapitre 138 sur 209 · CHAPITRE IX. — PARMÉNIDE d'ÉLÉE (f · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — PARMÉNIDE d'ÉLÉE (f

du côté droit, soit du côté gauche. — V, 4. Les auteurs disputent également sur le point de savoir si l'embryon naît seulement de la semence du père, ce qu'affirment Diogène, Hippon et les stoïciens, ou aussi de celle de la mère, opinion d'Anaxagore, d'Alcméon, de Parménide, d'Empédocle et d'Épicure. — "VI, 5. (Pour le sexe), Parménide dit qu'il y a lutte entre le mâle et la femelle et que le côté duquel se trouve la victoire décide de l'état de l'embryon. — VI, 8. L'opinion de Parménide est que si la semence vient du côté droit, les fils sont semblables au père, si du côté gauche, à la mère.

FRAGMENTS DE PARMENIDE

Préambule. — Les cavales qui m'emportent au gré de mes désirs, | se sont élancées sur la route fameuse | de la Divinité, qui conduit partout l'homme instruit; | c'est la route que je suis, c'est là que les cavales exercées |5| entraînent le char qui me porte. Guides de mon voyage, | les vierges, filles du Soleil, ont laissé les demeures de la nuit | et, dans la lumière, écartent les voiles qui couvraient leurs fronts. | Dans les moyeux, l'essieu chauffe et jette son cri strident | sous le double effort des roues qui tournoient | 40 1 de chaque côté, cédant à l'élan de la course impétueuse. | Voici la porte des chemins du jour et de la nuit, | avec son linteau, son seuil de pierre, | et fermés sur l'éther, ses larges battants, | dont la Justice vengeresse tient les clefs pour ouvrir et fermer. | 15 1 Les nymphes la supplient avec de douces paroles | et savent obtenir que la barre ferrée | soit enlevée sans retard ; alors des battants | elles déploient la vaste ouverture | et font tourner en arrière les gonds garnis d'airain |20| ajustés à clous et à agrafes; enfin par la porte | elles font entrer tout droit les cavales et le char. | La Déesse me reçoit avec bienveillance, prend de sa main | ma main droite et m'adresse ces paroles : | « Enfant, qu'accompagnent d'immortelles conductrices, |25j que tes cavales ont amené dans ma demeure, | sois le bienvenu; ce n'est pas une mauvaise destinée qui t'a conduit | sur cette route éloignée du sentier des hommes; | c'est la loi et la justice. Il faut que tu apprennes toutes choses, | et le cœur fidèle de la vérité qui s'impose, 130 j et les opinions humaines qui sont en dehors de la vraie certitude. | Quelles qu'elles soient, tu dois les connaître également, et tout

ce dont on juge, | il faut que tu puisses en juger, passant toutes choses en revue. |

Sur la vérité. — Allons, je vais te dire et tu vas entendre | quelles sont les seules voies de recherche ouvertes à l'intelligence; | 35 1 l'une, que l'être est, que le non-être n'est pas, | chemin de la certitude, qui accompagne la vérité; | l'autre, que l'être n'est pas, et que le non-être est forcément, | route où, je te le dis, tu ne dois aucunement te laisser séduire. | Tu ne peux avoir connaissance de ce qui n'est pas, tu ne peux le saisir |40| ni l'exprimer; car le pensé et l'être sont une même chose. |

Il m'est indifférent | de commencer d'un côté ou de l'autre; car en tout cas, je reviendrai sur mes pas. |

Il faut penser et dire que ce qui est est; car il y a être, | il n'y a pas de non-être; voilà ce que je t'ordonne de proclamer. |45| Je te détourne de cette voie de recherche, | où les mortels qui ne savent rien | s'égarent incertains; l'impuissance de leur pensée | y conduit leur esprit errant; ils vont | sourds et aveugles, stupides et sans jugement; |50| ils croient qu'être et ne pas être est la même chose | et n'est pas la même chose; et toujours leur chemin les ramène au même point. |

Jamais tu ne feras que ce qui n'est pas soit ; | détourne donc ta pensée de cette voie de recherche; | que l'habitude n'entraîne pas sur ce chemin battu |55| ton œil sans but, ton oreille assourdie, | ta langue; juge par la raison de l'irréfutable condamnation | que je prononce. Il n'est plus qu'une voie pour le discours, | c'est que l'être soit; par là sont des preuves | nombreuses qu'il est inengendré et impérissable, |60| universel, unique, immobile et sans fin. | Il n'a pas été et ne sera pas; il est maintenant tout entier, | un, continu. Car quelle origine lui chercheras-tu? | D'où et dans quel sens aurait-il grandi? De ce qui n'est pas? Je ne te permets | ni de le dire ni de le penser; car c'est inexprimable et inintelligible |65| que ce qui est ne soit pas. Quelle nécessité l'eût obligé plus tôt ou plus tard à naître en commençant de rien? | Il faut qu'il soit tout à fait ou ne soit pas. | Et la force de la raison ne te laissera pas non plus, de ce qui est, | faire naître quelque autre chose. Ainsi ni la genèse |70| ni la destruction ne lui sont permises par la Justice; elle ne relâchera pas les liens | où elle le tient. [Là-dessus le jugement réside en ceci]: | Il est ou n'est pas; mais il a été décidé qu'il fallait | abandonner l'une des routes, incompréhensible et sans nom, comme sans vérité, | prendre

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