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CHAPITRE II. — LA CHRONOLOGIE DES « PHYSIOLOGUES

Crésus. Gomme d'ailleurs le texte porte pour la naissance 01. ! 5/1, il le regarde comme fautif, et appuie la correction qu'il propose sur un passage de Porphyre conservé par Aboulfaradj ; d'après ce passage, en effet, la naissance de Thaïes aurait eu lieu 123 ans après l'ère de Nabonassar, qui commence en 747.

Mais le témoignage de Porphyre peut prouver seulement qu'un certain chronographe de l'antiquité, et non pas Apollodore, a calculé, comme l'a fait Diels, la naissance de Thaïes, et avec ces déterminations il est bien difficile d'expliquer comment Sosicrate, ainsi que le dit expressément Diogène Laërce, avait prolongé de 12 ans la durée de la vie de Thaïes, précisément pour en faire coïncider la fin avec celle du règne de Crésus, que, comme nous l'avons vu, il fixait en 546.

Apollodore ne pouvait cependant pas avoir négligé le récit d'Hérodote sur le rôle joué par Thaïes lors du passage de l'Haï ys; dès lors, le texte très formel de Diogène Laërce ne peut s'entendre que d'une manière : Apollodore devait fixer 12 ans plus tôt la prise de Sardes, soit en 558. Mais Sosicrate n'avait pas modifié la date de la naissance de Thaïes, en sorte que pour les deux auteurs elle devait tomber la même année, d'après l'un 90 ans avant 547, d'après l'autre 78 ans avant 559, c'est-à-dire en 637 = 01. 35,4. Nous retrouvons ainsi l'olympiade du texte de Diogène Laërce; si l'année n'est pas la même, la corruption s'explique paléographiquement, par un changement de lettres numérales, avec au moins autant de facilité que celle que Diels a supposée.

Si maintenant Thaïes était né, pour Apollodore, en 637, son acmé devait tomber en 597 (1). Or, c'est précisément aussi la date d'une des trois éclipses admissibles comme pouvant représenter celle de Thaïes. Nous sommes donc conduits à penser que c'était celle-là qu' Apollodore avait eu en vue.

Mais comment aura-t-il été conduit à modifier une date déjà admise par Démétrius de Phalère (2)? C'est qu'historiquement cette date est inadmissible.

S'il y a en effet un document chronologique de l'antiquité qui

(») Cette éclipse tombe le 21 juillet; elle appartient donc à 01. 45,4. Or, Diels a établi qu'Apollodore comptait indifféremment 40 ans révolus ou non pour l'acmé. On a donc en réalité une incertitude d'un an pour les dates de la naissance et de la mort de Thaïes, d'après Apollodore et Sosicrate, et l'on pourrait fixer la première à 01. 38,1, les secondes à 01. 55,3 et 01. 58,3.

(2) Peut-être même par Eudème, si c'est à lui que Clément d'Alexandrie emprunte la date approximative 01. 50 pour l'éclipsé de Thaïes.

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no puisse être révoqué on doute, c'est assurément le Canon des Règnes do Ptolémée, puisque c'est d'après cette table que sont déterminées los anciennes observations astronomiques. Or, d'après ce Canon, la dernière année de Cyrus est 530 av. J.-C. D'autre part, d'après Hérodote, Cyrus a ré^né 29 ans, Âstyage 35, Cyaxare 40. Si donc, comme il semble, Hérodote compte les années pleines, Cyrus a régné de 560 à 530, Astyage de 596 à 5f»i), Cyaxare de 637 à 596. En tout cas, l'éclipsé de 585 tombe sous le règne d'Astyage, tandis que, d'après Hérodote, la bataille qu'elle interrompit fut livrée par Cyaxare.

Comment l'erreur a-t-elle pu s'introduire? Sans doute l'éclipsé de 585 fut visible à Athènes et y produisit une impression assez profonde pour que son souvenir restât lié à l'archontat de Damasias; on l'aura prise plus tard comme étant celle prédite par Thaïes. Celle de 597 convenait moins, parce qu'elle arriva au lever <lu soleil, ce qui ne se rapporte guère au récit d'Hérodote et est pour nous une raison de l'écarter aussi bien que celle de 585. Quant à une plus ancienne, comme celle du 30 septembre 610, elle pouvait être déjà oubliée quand se forma la légende des sept sages.

Pour Apollodore, il vivait au temps d'Hipparque, c'est-à-dire à une époque où non seulement on possédait les observations chaldéennes, mais encore où Ton pouvait calculer avec une approximation très suffisante les dates des anciennes éclipses et leur importance; il devait donc se trouver, ainsi que nous, en présence de trois dates reconnues comme possibles astronomiquement. Écartant la dernière d'après le récit. d'Hérodote, il dut écarter aussi la première parce qu'elle tombe nécessairement pendant les 28 années que l'historien assigne à la domination des Scythes pendant le règne de Cyaxare; il ne lui restait donc que l'éclipsé il-' .v.>7, qui d'ailleurs convenait très bien pour le synchronisme des sept sa

M. lis nous avons, comme j»- l'ai dit. une raison sérieuse d'é) à notre tour cette dernière et, d'autre paît, nous nous représentons

plutôt aujourd'hui l'invasion (les Scythes comme n'ayant pas 6/0

iactères d'une domination effective, comme n'ayant pu, sauf peut-être pendant sept ou huit ans, empêcher les guerres entre les différents États de l'Asie (*). Par suite, c'est en 610 qu'il tant fixer l'éclipsé de Thaïes.

rarement d'accord pour fixer ea <>2*> la prise '!<• Ninive par nent postéi ieur â cette invasion.

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