‹ Pour l'histoire de la science hellèneChapitre 186 sur 209 · CHAPITRE XIII. — EMPÉDOCLE D'aGRIGENTE (d · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. — EMPÉDOCLE D'aGRIGENTE (d

se produit par le choc du souffle sur le cartilage qu'il dit être suspendu à l'intérieur de l'oreille comme un battant de clochette.

— 46. Les odeurs s'introduisent lors des mouvements d'inspiration des poumons; aussi on ne les sent pas lorsque l'inspiration est pénible et entravée, comme dans les rhumes. — 22. La première inspiration de l'animal a lieu lorsque s'évacue le liquide qui baigne les nouveau-nés et que l'air extérieur entre dans le vide par les canaux ouverts; ensuite, la chaleur interne, tendant à s'échapper au dehors, repousse l'air et il y a expiration ; elle cède à la pression de l'air et lui permet de rentrer : nouvelle inspiration. Enfin, dans l'état normal, c'est le sang qui, se portant vers la surface du corps, chasse par son afflux l'air qui sort par les narines — expiration, — puis rentre — inspiration — pour occuper le vide laissé par le sang lorsqu'il retourne en arrière. Empédocle fait un rapprochement avec la clepsydre.

19. Aétius, V. — 7. Le mâle ou la femelle naît d'après la chaleur ou le froid ; il raconte que, par suite, les premiers mâles sont nés de la terre vers le levant et le midi, les femelles vers le nord.

— 8. Les monstres proviennent de l'excès ou du défaut de la semence, ou d'un trouble dans son mouvement, ou de sa division en plusieurs parties, ou de ce qu'elle se détourne. Il semble ainsi avoir prévu toutes les raisons possibles. — 9. Les jumeaux et les trijumeaux viennent de la surabondance et de la division de la semence. (Cf. Censorinus, VI, 9-40 : La naissance accidentelle des jumeaux est attribuée par Hippon à la quantité de la semence qui se diviserait en deux lorsqu'elle serait en plus grande abondance qu'il n'est besoin pour un seul enfant. C'est aussi à peu près ce que semble avoir pensé Empédocle, qui, à la vérité, ne donne pas de motif à la division. Il dit seulement qu'elle se fait; que si les deux parties occupent des endroits également chauds, il y a deux enfants mâles; pour des places également froides, deux filles; si une place est plus chaude, l'autre plus froide, les sexes sont différents.)

20. Aétius, V. — 44. Les ressemblances des enfants avec leurs parents proviennent de la prédominance des semences génératrices, la dissemblance est due à la dissipation de la chaleur de la semence. (Cf. Censorinus, VI, 6 : Sur ce sujet, voici les distinctions que fait Empédocle : si dans les semences des parents il y a une égale chaleur, il naît un garçon semblable au père; pour un froid égal, une fille semblable à la mère; si la semence du père est plus

chaude, celle de la mère plus froide, il naît un garçon qui ressemble à la mère; si au contraire la semence du père est plus froide et celle de la mère plus chaude, il naît une fille qui ressemble à la mère.) (Voir aussi pages 242 et 243.) — 42. La conformation du fœtus est soumise pendant la grossesse à l'imagination des femmes ; souvent elles se prennent d'amour pour des statues ou des tableaux et ont des enfants qui ressemblent à ces objets.

21. Aétius, V. — 14. Les mules sont stériles à cause de la petitesse et de l'abaissement de la matrice qui est disposée avec une ouverture étroite et de côté, en sorte que la semence ne peut y arriver directement et, même sans cela, ne pourrait guère y entrer. — (Au contraire Aristote, De anim. gen., II, 8 : Empédocle met en cause le mélange des semences qui, quoique l'une et l'autre soient molles, se durcirait; car les vides de l'une s'adapteraient aux pleins de l'autre, et dans ce cas deux choses molles peuvent en faire une dure, comme cela arrive dans l'alliage de cuivre et d'étain) (*).

22. Aétius, V. — 45. L'embryon est vivant, mais ne respire pas dans le sein de la mère. — 47. (Censorinus, VI, 4 : Empédocle, que suivit là-dessus Aristote, dit que le cœur, qui renferme surtout la vie de l'homme, se forme avant tout le reste.) — 48. Lorsque le genre humain fut engendré de la terre, la marche du soleil était si lente que le jour durait autant que la grossesse de dix mois; dans la suite des temps, le jour ne fut plus que de la durée de sept mois; c'est pour cela qu'il y a des naissances à dix et à sept mois, la nature ayant pris soin alors de faire arriver à terme les fœtus dans un seul jour ou une seule nuit (?). — 49. Les premiers animaux et les premières plantes ne sont nullement nés dans leur intégrité, mais par parties séparées et ne pouvant s'ajuster; en second lieu se sont produits des assemblages de parties comme dans les images de fantaisie; en troisième lieu sont apparus les corps complets; en quatrième, au lieu de provenir des éléments, comme de la terre et de l'eau, ils sont nés les uns des autres, d'une part, les aliments étant en surabondance, de l'autre, la beauté dea femelles provoquant le désir du rapprochement sexuel. Les genres des animaux se sont distingués d'après leurs tempéraments particuliers, qui les ont entraînés, les uns à vivre dans l'eau, les autres à respirer l'air, pour posséder l'élément igné en

(l) La donnée <r.\<''tin* semble ôtw une amplification de l'opinion d'Alcméon ' m t sous le nom d'Empédode.

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