‹ Pour l'histoire de la science hellèneChapitre 193 sur 209 · CHAPITRE XIII. — EMPÉDOCLE Ij'aORIGENTE (f · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. — EMPÉDOCLE Ij'aORIGENTE (f

alors au contraire, par un effet inverse du précédent, | l'air entre et l'eau s'écoule. | De même le sang fluide se meut dans les vaisseaux du corps; |365| quand il recule en arrière vers l'intérieur, | aussitôt pénètre avec force le courant d'air; | si le sang" remonte,

alors l'air ressort d'autant. |

Cherchant avec leur nez les gîtes des bêtes. | Ainsi tous

participent de la respiration et de l'odorat |370| un os charnu

(dans l'oreille) | Les deux yeux donnent une seule vue |

(L'intelligence) se nourrit dans les flots agités du sang; | et c'est de là que vient la mobile pensée des hommes, | car le sang qui

environne le cœur, voilà ce qui pense. | 375| D'après ce qui

se présente grandit l'intelligence humaine. | Autant les hommes deviennent autres, autant | leur esprit leur présente d'autres

pensées. | C'est par la terre que nous voyons la terre, c'est

par l'eau que nous voyons l'eau, | par l'éther le divin éther, par le feu le feu destructeur, |380| par l'amour l'amour, et par la haine, la triste haine. | Car c'est là de quoi toutes choses sont harmonieusement constituées, | c'est par quoi l'on pense, l'on jouit ou l'on souffre. |

Livre troisième. — Si au sujet des êtres éphémères, ô Muse immortelle, | tu daignas naguère inspirer ma pensée, |385j exauce encore mes vœux et viens me soutenir, ô Calliope, | pour que sur les dieux bienheureux je profère de bonnes paroles. | ... Heureux celui qui possède l'intelligence du divin, | malheureux celui qui

sur les dieux n'a qu'une obscure croyance! | Nous ne pouvons

nous approcher d'eux, les contempler de nos yeux, 1 390 1 les toucher de nos mains, ce qui est la meilleure | route pour que la persuasion entre au cœur de l'homme. | (Apollon) n'a pas un corps surmonté d'une tête humaine, | deux bras ne sortent pas de ses épaules, | il n'a ni pieds, ni genoux légers, ni membre viril, |395| ce n'est qu'une intelligence sainte et prodigieuse | dont la rapide pensée parcourt le monde entier. |

Purifications. — Amis, qui dans la grande ville du blond Acragas, | habitez l'acropole, appliqués à l'œuvre du bien, | refuges hospitaliers de l'étranger, ignorants de la méchanceté, |400| salut! Je suis pour vous comme un dieu immortel, non plus un homme; | je marche honoré de tous, comme il est juste, | ceint de bandelettes et de verdoyantes couronnes, | et je vais ainsi dans les villes

voisines, | recueillant les respects des hommes et des femmes; ils me suivent |405| par milliers, demandant la voie du salut, | avides de prédictions ou, pour des maladies | qui depuis longtemps les torhnent cruellement | de toutes façons, désireux d'entendre la parole qui apaisera leur souffrance. | Mais pourquoi m'arrêter à cela, comme si je faisais grand'chose |410| en dépassant les hommes

sujets à tant de maux? | Amis, je sais bien que la vérité est

dans les paroles | que je vais dire; mais c'est chose bien difficile | que de faire entrer la foi dans le cœur jaloux des hommes. |

(La divinité) les entourant du vêtement étranger des chairs | . . . 415] les revêtant de terre, | de vivants les a transformés et rendus

semblables aux morts. | Us n'avaient comme dieux ni Ares

ni le Combat, | ni le roi Zeus, ni Gronos, ni Poséidon, | mais

Cypris la reine |420| Ils l'honoraient par de pieuses offrandes, |

des peintures d'êtres vivants, de suaves parfums, | myrrhe sans mélange, nuages d'encens; | c'était le miel jaunissant qu'ils répandaient en libations. | Leur autel ne demandait point le sang des taureaux; |425| ce qu'il y avait de plus horrible pour eux, | c'était d'arracher la vie et de se repaître de chairs. |

Il y avait parmi eux un homme d'un savoir extraordinaire, | qui possédait par son intelligence la plus grande richesse, | à qui nulle œuvre de sagesse n'était étrangère. |430| Sur quelque point qu'il portât l'effort de sa pensée, | il découvrait facilement chaque chose | et faisait l'ouvrage de dix ou vingt générations. |

Tout était doux et familier pour l'homme, | soit bêtes, soit oiseaux; la bienveillance régnait, |235j les arbres étaient toujours couverts de feuilles et de fruits, | et toute l'année donnaient une abondante récolte. |

Une chose n'est pas permise à l'un, défendue à l'autre, | mais la loi universelle sous la vaste étendue | de l'éther règne partout

où brille la lumière |440| Ne cesserez-vous pas ces meurtres

horribles? Ne voyez-vous pas | que dans votre folie vous vous

dévorez les uns les autres? | Le père saisit son fils dont la

forme a changé; | il l'égorgé en priant, l'insensé! La victime crie | et supplie son meurtrier qui ne l'écoute pas, |445 mais frappe, et prépare dans sa demeure un festin criminel. | Ou bien c'est le fils qui saisit son père, des enfants qui prennent leur mère, | lui arrachent la vie et se repaissent de sa chair. |

Ils deviennent parmi les bêtes le lion farouche dans sa tanière de la montagne, | ou parmi les arbres le laurier au beau feuillage I

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