‹ Pour l'histoire de la science hellèneChapitre 65 sur 209 · CHAPITRE V. — XÉNOPHANE DE COLOPHON · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — XÉNOPHANE DE COLOPHON

nide, tout en écartant, autant que possible, la conclusion idéaliste; il éluda les difficultés en déplaçant le terrain de la question, mais nous n'avons pas àMe suivre ici, le but principal de cette digression ayant été de montrer l'enchaînement historique des différentes doctrines cosmologiques, et en particulier de bien faire ressortir que, contrairement à une tradition assez ancienne pour que le texte d'Aristote la mentionne déjà, Parménide est absolument indépendant de Xénophane, et que ce dernier occupe une position tout à fait isolée.

Gomme nous l'avons déjà indiqué, le Colophonien avait admis l'infinitude de la matière, mais en même temps nié la révolution diurne et cherché à expliquer autrement les phénomènes célestes. Ses tentatives grossières en physique ne dépassent guère, comme valeur scientifique, les mythes théogoniques auxquels il prétendait substituer ses explications, mais le fait même de les avoir essayées marque un abîme entre lui et Parménide. Il n'y a pas moins de différence dans le langage des deux poètes sur la vérité et l'opinion. Le Colophonien est un sceptique, qui désespère de saisir l'absolue vérité; l'Éléate se présente comme muni d'un critérium décisif. Le second a sans doute connu l'œuvre du premier, il ne lui a emprunté aucune de ses thèses.

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