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CHAPITRE I. — LES DOXOGRAPHES GRECS

les ont traduits comme classiques, et les érudits byzantins, Michel Psellus, Siméon Seth, Tzetzès, etc., les ont à leur tour copiés ou ont essayé de les imiter. Mais il est inutile de nous arrêter plus longuement sur leurs témoignages, qui n'ont de valeur que pour la critique du texte.

(î. Le recueil de Stobée comprend un fonds commun avec celui du Ps.-Plutarque; mais, la plupart du temps, il est beaucoup plus complet, tandis que pour certains chapitres, c'est tout le contraire. Le rapprochement des deux textes amène immédiatement à conclure que les deux compilateurs avaient à leur disposition un recueil antérieur qu'ils ont, chacun de leur côté, tantôt copié littéralement, tantôt écourté à leur guise.

Pour recomposer ce recueil, il faut évidemment faire abstraction de divers emprunts faits par Stobée à d'autres auteurs et ne portant point le caractère des Placita. Il a notamment ajouté, sur Aristote et les stoïciens, de longs extraits des Abrégés d'un Arius Didymus, contemporain et ami d'Auguste, lequel professait d'ailleurs les opinions du Portique et a été également utilisé, parfois pour les mêmes morceaux, par Eusèbe dans sa Préparation évangélique. Le caractère particulier du style de ces fragments les fait aisément discerner; quelques autres, au contraire, pourraient être, au premier abord, confondus avec les Placita, tandis qu'un examen plus attentif fait reconnaître qu'ils proviennent, par quelque intermédiaire, d'un Corpus ancien à' Allégories homériques, d'où sont dérivées également les Allégories d'Heraclite, la Vie d'Homère d'un Ps.-Plutarque, ainsi que quelques ex-traits dans Sextus Empiricus et Probus sur Virgile. Ces derniers extraits sont probablement tirés d'un grammairien Héracléon, contemporain d'Auguste; ainsi ce Corpus, où les opinions des anciens philosophes étaient rapprochées des vers d'Homère, semble remonter au Ier siècle avant notre ère, mais il ne représente aucune tradition sérieuse.

7. En dehors de ces deux sources spéciales de Stobée, quelle est donc celle qui lui est commune avec le Ps.-Plutarque des Placita? On la retrouve encore directement utilisée par Théodore! (Grœc. affect. curât.), ainsi que par Némésius (De nat. hom.), que plus tard Mélétius a librement copié. Or, Théodoret nomme expressément cette source : 'Àsrbj tyjv %sp\ àps-y.cvTwv £uvaywyY;v.

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CI A.tius nous est complètement inconnu d'ailleurs et l'on ne peut fixer son âge que par conjecture, vers la fin du Ier siècle de notre ère. Il n'en est pas moins possible, grâce à Stobée et au Ps.-Plutarque, de recomposer, sans difficultés majeures, sa collection des Placita, que le second compilateur s'est, pour son compte, rarement permis d'interpoler. Ce travail de restitution a été accompli par H. Diels avec une admirable sûreté de critique, et désormais c'est donc Aétius et non Stobée ou le Ps.-Plutarque qu'il convient de citer d'après l'édition des Doxographi grœci.

Avons-nous retrouvé du moins ce rédacteur des Placita primitifs que nous avons du signaler comme malheureusement bien audessous de sa tâche? Pas même, et Aétius lui était encore inférieur; il semble avoir appartenu à l'école péripatéticienne, mais il n'en a certainement été qu'un élève bien médiocre. On le voit d'ailleurs prendre plaisir à intercaler dans sa compilation des morceaux d'origine stoïcienne à côlé d'autres nettement épicuriens. Mais en fait, cette compilation, il doit la copier, en l'abrégeant plus ou moins, dans un recueil originaire directement composé, d'une part sur Théophraste, de l'autre, pour les temps postérieurs à Platon, sur les manuels courants des doctrines en vogue.

8. L'existence de ce recueil primitif peut se reconnaître à divers indices.

Censorinus (De die natali) expose sur divers sujets des opinions anciennes, dans des termes dont la parenté avec l'ouvrage d'Aétius est indéniable, quoiqu'on ne puisse admettre qu'il l'ait traduit. Or, comme on sait que Censorinus a copié Varron, il s'ensuit que 06 dernier devait, déjà vers le milieu du i" siècle avant notre ère, utiliser un recueil de Placita, ce qui concorde, pour la date à assigner à ce recueil, avec le fait que les derniers savants don! il faisait mention, sont Posidonius et Asclépiade.

Divers extraits, dans Isidore (aussi d'après Varron), dans Tertullion (d'après Soranus), etc., paraissent remonter indirectement à la même origine.

En étudiant quelles additions Aétius a pu faire au fonds primitif, on arrive à cette conclusion que les citations expresses d'Aristote lui appartiennent, le premier compilateur n'ayant utilisé qu'un m uni. 'I d'école. Aétius semble aussi de temps on temps avoir t'ait quelques emprunts à des biographes ou ajouté quelques citations banales.

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