‹ Pour l'histoire de la science hellèneChapitre 89 sur 209 · CHAPITRE VI. — ANAXIMÈNE (d · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — ANAXIMÈNE (d

parties les plus élevées de la terre, eu égard d'ailleurs à son éloignement plus considérable. Les astres n'échauffent pas, en raison de leur distance. — (7) Les vents s'engendrent quand de l'air qui a été condensé se met en mouvement en se dilatant; lorsqu'il se concentre et s'épaissit davantage, il se forme un nuage qui se transforme ensuite en eau. La grêle provient de l'eau qui se solidifie en tombant des nuages. — (8) L'éclair résulte de la division des nuées sous l'effort des vents; car ce déchirement est accompagné d'une vive lueur d'incandescence. L'arc-en-ciel est produit par les rayons du soleil tombant sur de l'air compact. Les tremblements de terre sont occasionnés par les grandes variations de chaleur et de froid. — (9) Voilà les opinions d' Anaximène, qui florissait vers 01. 58,4.

3. Ps.-Plut. (Stromat., 3). — Anaximène, dit-on, reconnaît l'air comme principe de l'univers. Cet air est indéfini en genre, mais déterminé par les qualités qu'il prend, tout ce qui existe s'engendrant par une certaine condensation de l'air ou, au contraire, par une dilatation. Le mouvement existe de toute éternité. La compression de l'air a d'abord engendré la terre qui est très plate, ce qui fait qu'elle est supportée par l'air. Quant au soleil, à la lune et aux autres astres, l'origine de leur naissance est dans la terre; ainsi il considère le soleil comme une terre, à laquelle la rapidité du mouvement a donné une chaleur tout à fait convenable.

4. Épiphane, III, 3. — Anaximène, fils d'Eurystrate, Milésien lui aussi, dit que l'air est le principe de tout et que toutes choses en proviennent.

5. Hermias, 7. — Quand je commence à posséder un dogme fixe, Anaximène survient et me crie : « Mais je te dis que l'univers est air; que l'air, en se condensant et devenant compact, forme l'eau et la terre, en se dilatant et se subtilisant, l'éther et le feu ; qu'enfin il peut revenir à sa nature d'air; que c'est la dilatation et la condensation qui le transforment. » Je m'accorde avec lui, je deviens partisan d' Anaximène.

6. Gicéron. — (De deor. nat., I, 10.) Puis Anaximène prend l'air comme dieu, le fait naître, le déclare immense, indéterminé, toujours en mouvement, comme si l'air sans aucune forme pouvait être dieu, comme si un dieu ne devait pas avoir non seulement une forme, mais la plus belle de toutes, comme si enfin tout ce qui est né ne devait pas périr. — (Lucullus, 37.) Puis son succès-

seur, Anaximène, admit l'air indéfini, tandis que ce qui en naît est défini : la terre, l'eau, le feu, puis de là tout le reste.

7. Aétius, I, 3. — Anaximène, fils d'Eurystrate, de Mile!, affirma l'air comme principe des êtres; toute chose en provient, toute chose s'y résout. De même que notre âme, dit-il, qui est de l'air, nous maintient, de même le souffle, l'air embrasse le monde entier; souffle et air sont employés comme synonymes. [Il a tort de vouloir constituer les animaux avec l'air ou souffle, élément simple et uniforme; il est impossible qu'il n'y ait, comme matière des êtres, qu'un seul principe et il faut aussi supposer la cause efficiente; ainsi l'argent ne suffit pas pour faire un vase, il faut encore l'agent, c'est-à-dire l'orfèvre.]

8. Aétius, I. — 7. Anaximène dit que l'air est le dieu. Il faut sous-entendre, pour toutes ces assertions, les puissances inhérentes aux éléments ou aux corps.

9. Aétius, II. — 4 et 4. (Voir Doxographie cTAnaximandre, 9.)

— 11. Anaximène et Parménide : Le ciel est le tourbillon le plus éloigné de la terre. — 13. Anaximène : Les astres sont d'une nature ignée; quelques-uns comprennent aussi des corps de nature terreuse qui sont entraînés par le même mouvement. — 14. Les astres sont fixés comme des clous à la voûte de crystal. — 16. Ils ne passent pas au-dessous de la terre, mais tournent autour d'elle.

— 19. Les changements de temps sont produits, non par les levers et couchers des astres, mais par le soleil seul.

10. Aétius, II. — 20. Anaximène a affirmé que le soleil est de feu; — 22, qu'il est plat comme une feuille; — 23, que les astres effectuent leurs retours (en latitude) sous la poussée de l'air condensé et résistant; — 25, que la lune est de feu.

11. Aétius, III. — 3. Anaximène explique l'éclair comme Anaximandre et le compare en outre aux lueurs que les rames font jaillir, en fendant la mer. — 4. Anaximène : Les nuées se produisent par un épaississement notable de l'air; quand celui-ci est encore plus condensé, la pluie tombe; la neige est de Peau solidifiée en tombant; la grêle se forme quand il y a de Pair emprisonné dans l'eau. — 5. L'arc-en-ciel se produit par le reflet du soleil sur une nuée dense et épaisse, que ses rayons frappent, mais ue peuvent traverser. (Cf. Schol. in Arat. : Aussi la partie antérieure, sous la chaleur des rayons, apparaît rouge; dans la partie plus sombre, l'humidité prédomine. Il dit aussi que la lune donne des arcs-en-ciel la nuit, mais très rarement, parce qu'elle

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