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« Le produit total de cet impôt augmenté destaxesindirectescommelesdouanes, l’excise, etc., forme annuellement un revenu total qui est pour la Grande-Bretagne de 1.200.000.000 L. st., et pour l'Irlande de 70.000.000 L. st. Les ressources de ce dernier pays sont donc d'environ 1/20 de celles de l'Angleterre, et cette proportionnalité devrait être celle de la contribution comparative des deux pays : or les taxes imposées à l'Irlande représentent 1/10 ou 1/11 des taxes générales du budget anglais. C’est ainsi que l'Angleterre protège un pays dont la principale industrie, l’agriculture, qui occupe et nourrit plus de 60 o/o de sa population, devrait être imposée avec un extrême ménagement. »
Faut-il s'étonner maintenant que cette Union de l'Irlande et de l'Angleterre ait été aussi funeste? Elle se fit dans l’ignominie et n’enfanta que des malheureux.
Eh bien! au lieu de l'indépendance lévislative
et judiciaire, dont la nécessité paraît si évi-
demment justifiée par tous ces faits, le gouvernement britannique va donner à l'Irlande, comme don royal pour le jubilé de la Reine, le bill de coercition.
D'abord ce bill n’était pas nécessaire à cause des délits agraires, puisque, de l'avis même des inventeurs de cette loi, ils ont diminué depuis deux ans; il n’était pas nécessaire à cause de l’état troublé de l'Irlande, puisque le rayon en fermentai :n « ne comprend qu'un huitième de la population du pays » (M. Morley, Discours du 22 mars 1881), puisque les crimes commis avaient lieu là où la Ligue nationale trouvait le moins de support de la part du clergé. On sait même que plusieurs des victimes étaient des membres notoires de cette Ligue nationale,
Plusieurs ausside ces outrages ont été organisés par des landlords et la police elle-même.
C'est ainsi qu'un nommé Loughrey reçut du chef de police de son district la somme de 10 livres sterlings pour organiser des outrages dans le comté de Clare, Mais Loughrey, en pa-
triote habile, accepta les dix livres, écrasa
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la face du fameux constable d'un terrible coup de poing, et fit cadeau de la somme entière au parti national. Ce fait a été publié au com- | mencement de juillet dans les journaux nationalistes de Dublin, entre autres : l'Uwzed Îreland et \e Freeman.
L'année dernière, une brave propriétaire, épouse d’un magistrat, était prise mettant le feu à son boudoir.
Rien n’est nouveau sous le soleil, et ces Dames et Messieurs imitent en petit les ministres anglais qui firent éclater eux-mêmes la révolution irlandaise du siècle dernier.
Aussi, battu sur ce terrain, M. Smith, leader des tories, finit par admettre que ce bill de coercition était nécessaire pour détruire la Ligue nationale. Enfin on disait clairement ce qu’on voulait. Or, la Ligue nationale c’est quatre millions d'habitants, c’est le clergé et l’épiscopat de l'Irlande. (1)
1. Je m'étonne de voir des étrangers à peine débarqués s’obstiner à se croire plus sages que tout un peuple, plus prudents qu'un épiscopat instruit, plus habiles que des hbom-
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Le 22 juin 1887, les Evêques irlandais, à leur assemblée annuelle, passèrent les résolutions suivantes qui prouvent l'unité de sentiment parmi eux sur l'injustice de l’adminis-
tration anglaise.
RÉSOLUTIONS DES ÉVÊQUES IRLANDAIS SUR LE BILL DE COERCITION LE « LAND BILL »