‹ Pour l'Irlande [microforme]Chapitre 13 sur 21 · ET LA QUESTION D'ÉDUCATION · texte numérisé non relu

ET LA QUESTION D'ÉDUCATION

Résolu. — Qu'après la transaction des affaires ecclésiastiques pour lesquelles nous nous sommes réunis, nous ne pouvons pas nous séparer sans. «protester, en union avec nus vénérables frères du clergé de l'Irlande, contre le bill de coercition qui, lundi dernier, a obtenu sa seconde lecture dans la Chambre des Communes;

Que, d'accord avec nos compatriotes laïques, nous voyons avec une profonde indignation ce nouvel attentat pour spolier notre patrie de ses droits et de ses libertés constitutionnels et la placer à la merci d'officiels d'un gouvernement ennemi et irresponsable ;

mes qui ont étudié cette question sociale pendant des années, plus désintéressés que ceux qui ont tout sacrifié pour cette cause,

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Que parlant avec une connaissance intime de nos diocèses et provinces respectifs, nous assurons en toute confiance que, sauf la déplorable exception de quelques districts peu étendus, l'Irlande est particulièrement exempte non seulement de crimes graves et d'outrages, mais même des offenses ordinaires contre la loi, et notre assertion en ce cas est entièrement corroborée par les discours prononcés par les juges de Sa Majesté aux dernières assises ;

Voilà pourquoi nous croyons que c’est notre devoir de stigmatiser comme fausses, les accusations de félonie et de criminalité générales constamment avancées contre notre peuple et systématiquement propagées pour des raisons de parti par la presse anti-irlandaise tant en Angleterre qu'en Irlande ;

Que la demande faite maintenant par le gouvernement de Sa Majesté en faveur d’une législation coercitive en Irlande est par conséquent insoutenable par des faits et devait être rejetée comme sans cause et sans justice,

Que c’est notre opinion bien délibérée que la mise en mesure de ces ordonnances coercitives projetées, non seulement ne diminuera pas les crimes et les outrages dans la superfice très limitée où ils existent, mais encore qu'elle provoquera de l’opposition à la loi dans les régions où la paix et l'ordre avaient jusqu'à présent prévalu; que ces

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mesures ne feront que couvrir le mécontentement à la surface et substituer à une agitation constitutionnelle et publique les machinations désastreuses des sociétés secrètes;

Que la défiance et l'hostilité inspirées par la coercition s'étendra plus ou moins à toute législation émanée de la même source, que ces sentiments envenimeront encore davantage les relations entre le landlord et ses tenanciers, et rendront iimpraticables ces négociations à l’amiable, sans lesquelles il ne peut y avoir aucune solution prompte et satisfaisante de la question agraire sur la base d'un achat;

Que malgré l'ardeur avec laquelle notre perple désire une solution, il ne peut s'empêcher de regarder avec soupçon et défaveur la rétorme promise de lois agraires qui doit être accompagnée ou peut-être précédée par une législation coercitive d'une sévérité excessive; :

Qu'un doute même plus profond est créé, concernant ces mesures agraires, par l’hésitation sinon la répugnance des ministres à adopter les recommandations de la récente commission royale agraire, députée par eux.

Quecen'’est pas par des cours de comté d'insolvabilité, mais par une réduction régularisée des fermages, d'après l'évaluation des produits de la terre (diminution que la commissionroyalea déclaré d'urgente nécessité), que les tenanciers seront ca-

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pables de faire face aux demandes raisonnables de leurs landlords, et qu'une base équitable sera établie pour la vente et l'achat des terres; que nous soutenons donc ardemment comme une partie essentielle du remède à la législation agraire l'adoption prompte et générale d’un système loyal pour la réduction des fermages;

Que nous renouvelons les appels faits avec tant d'urgence mais sans effet avant le vote du Land Act 1881, en faveur des bailleurs et des occupants de parcs dans les villes, et contre l'inclusion des améliorations des tenanciers, dans l'évaluation de leurs fermages ;

Que sans nous référer au Home-Rule et aux autres questions sur lesquelles nous avons récemment publié notre opinion, nous ne pouvons omettre de demander avec instance au Parlement actuel l'abolition des abus du système d'éducation contre lequel le corps épiscopal que nous représentons, a si souvent protesté; dans les trois départements de l'éducation publique nous demandons une égalité parfaite avec nos compatriotes non catholiques en tout ce qui regarde secours de l'Etat et dotations; rien moins que cela ne pourra nous satisfaire; et nous demandons comme une condition essentielle de la liberté religieuse que nous soyons libres dans nos écoles d’unir l'instruction religieuse à l'instruction profane séculière ;

en 44 —

Que des copies de ces résolutions seront en-

voyées au Premier Ministre, à M. Gladstone et à M. Parnell.

Suivent les noms de quatre Archevèques et de vingtcinq Évêques; c'est-à-dire l'Episcopat entier. (1)

Au commencement du mouvement parnelliste, les évêques, qui étaient très au courant de tous les maux de l’Irlande, mais qui ignoraient encore si un remède constitutionnél était possible, se contentèrent de suivre et d'étudier le mouvement avec une anxiété paternelle. Car il était inutile de tenter une campagne même constitutionnelle pour se faire écraser ensuite. Dans toute résistance sage il faut chance de succès. Mais dès qu'ils virent qu'il y avait chance

de succès, que l'opinion anglaise était ébranlée,

1. Dans « Chez Paddy » (page 170), M. de Mandat-Grancey nous dit: « J'avoue que la vue d’un ministre protestant vice-président de la Land-league me la fait prendre plus au sérieux que je ne l'avais fait d'abord. » — Cependant, à la page 77, M. de Mandat-Grancey, parlant de M. Abraham Shackleton, de nationalité protestante, écrit avec dédain : « Tout cela m'a mis en défiance tout de suite; car j'ai horveur des renégais!! »

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fi ms que de quatre membres la Ligue en comptait quatre-vingt-cinq, que le Nord et le Sud se donnaient la main, non seulement ils sanctionnèrent le mouvement, mais ils l’aidèrent. Et la nomination de Mgr Walsh, accepté par Rome comme archevêque de Dublin, leur prouva qu'ils pouvaient être parnellistes et catholiques sans aucun danger.

C'est cette Ligue nationale qui a sauvé le pays, tué le mouvement fénian, arrêté la francmaçonnerie, diminué les crimes agraires, évité des accès de désespoir des populations affolées. Quelle sottise de comparer ces hommes aux révolutionnaires d'Europe! parce que la Ligue n'arrête pas, n'empêche pas tous les crimes agraires, elle n'est pas plus coupable en cela que la police officielle des divers pays du monde qui ne peut prévenir tous les délits.

Mais voilà! cette association nationale est trop forte, elle empêche les commencements de rébellion qui fourniraient à l'Angleterre un si beau prétexte pour tout exterminer et tout ravager ! Il faut donc détruire cette ligue.

Première clause. — Un membre du Banc du trésor (Treasury Bench), partisan du gouvernement et recevant un salaire de neuf mille livres sterling, dès qu’il croit qu’un crime à été commis, peut commander à un magistrat résident (payé par ce même gouvernement) d'ouvrir une enquête à ce sujet. (1) Par cet ordre le magistrat résident est constitué en tribunal extraordinaire.

Devant ce tribunal d’où le public est exclu

toute personne peut être arrêtée, privée d’as-

| sistance légale, interrogée sur tout ce qui plaît au magistrat et retenu en prison tant que ses réponses ne sont pas satisfaisantes. L'épouse peut être examinée de la même manière contre son époux et retenue en prison pour réponses insuffisantes. Les réponses de ces témoins ne sont pas communiquées aux prisonniers avant leur procès, mais on s’en servira contre eux

pendant les débats.

1. The Jubilee Coercion Bill, par P, À. Chance, député (pages 4, 5, 6, 7).

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Seconde clause. — Deux magistrats résidents peuvent condamner à six mois de travaux forcés tout homme coupable de conspiration, de Goycottage et d'intimidation. Le vague qui entoure cette clause laisse aux juges que ous connaissons, des raisons plausibles pour condamner tout ce qui leur paraît politiquement dangereux. De plus, la protection du jury étant enlevée, les magistrats, qui appartiennent presque tous à la classe anti-irlandaise, ont carte blanche pour trouver partout des cas d’intimidation.

Quatrième clause. — Tout accusé peut être traduit devant n'importe quel tribunal de l'Irlande, au choix de l'avocat général.

Ainsi par exemple un catholique de Limerick sera transporté chez les orangistes de Belfast pour y subir une procédure dérisoire,

Cinquième clause. — Quoique la région agitée ne soit que le tiers de la superficie de l'Irlande, le Vice-Roi a le droit d'appliquer ce bill de coercition à tout le pays, et ce bill deviendra une loi permanente.

Sixième clause. — Le Vice-Roïi peut supprimer tout meeting qu'il lui plaît.

liest bien vrai que sa proclamation supprimant le meeting doit être communiquée au Parlement dans l'espace de sept jours, et que si au bout de quatorze jours le Parlement émet un avis défavorable, cette proclamation sera annulée.

Mais : 1° Jamais le Parlement ne pourra

émettre d'avis défavorable à cause de l'énorme

majorité des tories, et 2° de peur que cela n'arrive, les législateurs ont décrété : que tous les actes posés avant le quatorzième jour sont, dans tous les cas, pleinement valides.

Avant ce terme donc, le Vice-Roi, ses sol-

dats et ses policemen peuvent se permettre

toutes lesillégalités avec une impunité absolue.

C'est le cas de se rappeler cette parole de

Beaconsfield : « Qu'un système qui ne peut

être discuté est condamné. »

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I. — LA QUESTION ACRAIRE EN ÎRLANDE EST DIS- Le TINCTE DE LA CRISE AGRAIRE ACTUELLE QUI pra SÉVIT SUR LE CONTINENT ET DEMANDE UN REt que , k

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