CHAPITRE DEUXIÈME 8 Les Preuves
I. L'ADMINISTRATION ANGLAISE EN IRLANDE DEPUIS 1860 PROUVE LA NÉCESSITÉ DU HOME=RULE
La dernière ruse anglaise a été de déplorer hautement les cruautés de la politique britannique jusqu'en 800, mais de tâcher de faire croire que depuis cette date l'Angleterre a été d’une impartialité sans égale, etque sa générosité a rivalisé avec sa justice pour la prospérité de l'Irlande. ‘410
Armée de ce premier argument mensonger, 2 la presse anglaise est allé plus loin. Elle a dit aux radicaux de France : « Ne touchez pas à la question irlandaise, c'est du cléricalisme! » Elle a murmuré aux bons catholiques : « Versez des pleurs sur cette pauvre cause d'Irlande, c'est du communisme! » Prouvons donc d’a-
bord que l'administration des Anglais n'a été ! 3
ni juste ni généreuse depuis 1860. Je dis depuis 1860, car je tiens ma thèse suffisamment
prouvée de 1800 à 1860 par l'ouvrage de Mgr Perraud. (1)
D'après le recensement de 1871, le nombre des catholiques en Irlande est de 4.150.877, celui des protestants de 1.260.568, celui des juifs de 258. Sur ce nombre de protestants, vous en avez 905.509 cantonnés dans la province d'Ulster. C’est l'unique partie du pays qu'on puisse appeler protestante, quoique vous y ayez 933.566 catholiques. Ajoutons aussi que ces protestants ne sont pas des Irlandais « convertis, » maïs les descendants des Écossais, des Hollandais, des Anglais et huguenots français établis dans le pays par le massacre et la spoliation des catholiques.
Or, chose étrange, injuste et cruelle, malgré
leur petitnombre,malgréle bill d'émancipation,
1. Études sur l'Irlande par le R. P. Perraud, aujourd'hui Mgr Perraud, évêque d'Autun, membre de l'Académie française.
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c'est cette minorité protestante et fanatique : qui a toujours gouverné l'Irlande depuis 1800. Vous la retrouvez toute-puissante dans les comtés les plus catholiques du Sud comme dans . les régions mixtes du Nord. Le peupie d'Irlande qui envoie 85 parnellistes à Westminster pour se faire représenter d’après les principes de tout gouvernement constitutionnel, ne peut guère retirer de profit de cette représentation intelligente de ses idées, car ses malheureux membres sont écrasés soit par la majorité triomphante du ministère qui gouverne alors l'empire britannique ou par la coalition des deux partis anglais, lorsqu'un seul ne peut suffire. S'ils osent tenir tête à l’orage, on leur applique au parlement anglais les nouveaux règlements de la closure qui les obligent à finir le débat.
« Voilà pourauoï, de 1829 à 1869, trente-sept bills présentés soit comme « projets » soit comme « amendements » par les membres
irlandais pour la solution de la question agraire
furent rejetés ; tandis que de 1871 à 1880,
PE", A trente et un bills du même genre furent repoussés ou abandonnés. (1) »
Les questions les plus vitales pour le pays, comme la nomination des juges, les pêcheries, les hôpitaux, les écoles, etc., sont laissées entre les mains du vice-roi d'Irlande et de
son entourage, que nous allons étudier. Car
puisque l'Irlande n’est pas gouvernée par ses
représentants, voyons si au moins ceux qui usurpent leur pouvoir appartiennent à une classe amie et sont justes et impartiaux dans leurs actes. Je prends la liste du gouvernement actuel en Irlande, appelée gouvernement du « château, » ou conseil exécutif nommé par
l'Angleterre.
VICE-Ror . . . . . . Lord Londonderry, Orangistetory protestant.
SECRÉTAIRE EN CHEF. Sir M. Hicks-Beach (2). Anglais tory Lrotestant.