‹ Pour l'Irlande [microforme]Chapitre 4 sur 21 · M. de Maudat-Grancey dit, en effet, qu'il n’y a pas de · texte numérisé non relu

M. de Maudat-Grancey dit, en effet, qu'il n’y a pas de

sn ti les moines du moyen âge, ils défricheraient les endroits les plus incultes des marais et des montagnes. Le bill d'expropriation des terres leur assurerait cette sécurité et cette possession.

C’est àtort, monsieur, que vous avez voulu résoudre cette crise agraire en comptant pour rien le patriotisme de ces exilés. Les sommes

énormes qu'ils envoient tous les ans prouvent

assez la réalité de leur patriotisme. Et si les

vieux propriétaires ou plutôt leurs agents quittaient l'Irlande, ces vrais enfants de l'Irlande les remplaceraient et payeraient les taxes qui entretiendraient leur gouvernement local.

Maintenant, avant d'aller plus loin, permettez-moi, Monsieur, d'expliquer au public un fait que vous racontez si gaiement dans votre ouvrage, et dont vous tirez la terrible conséquence que le clergé irlandais approuve plus ou moins le meurtre des agents.

gouvernement en Irlande. Eh bien! c'est un gouvernement que nous voulons, et puisque nous sommes chez Paddy, c’est celui de Paddy que nous voulons et non celui de Birmanie,

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C'est de moi, Monsieur, que vous tenez l'historiette du prêtre irlandais qui, apprenant d'un de ses pénitents que les hommes que ce dernier avait tués étaient agents, s’écrie :

« Imbécile! il fallait donc le dire plus tôt! »

1° D'abord cette histoire est aussi vieille que les tours rondes d'Irlande; 2° vous me faites Irlandais dans votre récit : je ne le suis pas; 3° vous me nommez curé : je n'ai pas cet honneur; 4° vous me donnez un vicaire :

je n’en ai pas; 5° vous faites jouer mon vicaire au billard : ce qui ne se peut donc pas; 6° vous le rendez témoin de ce cas : ce qui est absurde, jamais je n'ai soufflé raot de cela; 7° vous inventez une série de noms propres : jamais je n’en ai mentionné un seul. Vous avez donc fait de la mise en scène, vous y avez ajouté une caricature brutale, et vous avez tiré la conclusion mentionnée plus haut.

Avec ce talent d'amplification, je crains pour l'authenticité, la véracité des autres faits de votre livre. Encore une fois, vous avez voulu

faire rire, vous avez réussi. Mais vous auriez

Ste pu choisir pour objet de votre ironie un autre peuple que celui (le seul) qui envoya ses enfants en 1870 pour vous défendre; le seul qui, après le Canada, vous reconnut et vous aima dans vos humiliations nationales.

Votre livre est traduit en anglais, Monsieur, et nos ennemis protestants s'amusent beaucoup aux dépens de la religion (que vous pratiquez, jel'espère). Ils rient du sacrement de Pénitence, et ils ytrouvent un argument cher à leurs préjugés. Je nem'étonne plus des éloges de la presse anglaise. Vous êtes son homme.

Je vous laisse en cette bonne compagnie.

Nous allons maintenant entrer dans les preuves de notre thèse. Cette étude est un peu

aride, elle n’aura pas le charme que lui donne-

raït la plume de M. de Mandat-Grancey ; mais si mon livre n’est pas lu en chemin de fer, je m'en consolerai en espérant qu'il est feuilleté dans les cabinets d'étude des hommes sérieux et qu'au moins j'aurai fait une bonne action en

l'écrivant.

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