‹ Pour l'unité des forces catholiques [microform]Chapitre 12 sur 35 · I. — CONCLUSIONS ACQUISES · texte numérisé non relu

I. — CONCLUSIONS ACQUISES

1° V union des catholiques doit se faire dans les cadres naturels de la hiérarchie catholique : la paroisse, le canton, le diocèse. — Sur ce point, l'unanimité paraît à peu près acquise. Malgré des divergences •de détail, le plan auquel on s'est arrêté en France

t celui que Pie X et Benoît XV avaient tracé pour Jnion populaire d'Italie. Résumons-le :

Premier échelon. — U Union paroissiale groupe lùtour du Curé tous les hommes catholiques pratijuants (1) de la paroisse qui appartiennent déjà à quelque œuvre catholique ou qui, n'appartenant mcore à aucune, adhèrent aux statuts de l'Union t payent une cotisation annuelle (2) contre laquelle

(1) En plusieurs diocèses on a admis dans TU. C. les nonhtiquants, dès qu'ils étaient favorables à l'idée catholique. — dleurs, on les a exclus en partant de ce principe que les admettre-

/était détruire l'homogénéité de l'Union, la transformer en un Vague « parti des braves gens » auquel il serait malaisé dedemander un véritable dévouement à la cause catholique. — II îst certes important, dans une Union, d'avoir le nombre qui nspire confiance mais il est aussi désirable d'avoir l'élan qui naît, les convictions communes.

- Quoi qu'il en soit, même si elle n'admet que les hommes cathodiques pratiquants, l'U. C. ne se désintéresse nullement des autres. Elle les invite à ses messes mensuelles, à ses conférences, à toutes les réunions de propagande.

(2) Cette cotisation a une grande importance : 1° Une Union qui ne dispose pas de quelques fonds est sans cesse paralysée ou à la merci de bienfaiteurs bénévoles; 2° « Ce qui ne coûte rien ne vaut rien » dit un proverbe populaire. Nos hommes prendront, conscience d'appartenir vraiment à l'Union et la considéreront somme leur affaire si elle commence par leur imposer quelque jacriflce. Ainsi raisonnent les socialistes en imposant aux leurs i'assez lourdes cotisations; 3° Enfin la carte d'adhérent délivrée annuellement contre versement de la cotisation permet de se débarrasser sans scandale des membres qui ne seraient plus dignes de faire partie de l'Union. La cotisation est fixée d'ordinaire à 3 ou 5 francs par an. En plusieurs Unions on a prévu la création de membres fondateurs, protecteurs ou bienfaiteurs, versant une cotisation plus importante. L'Union populaire d'Italie, comme le Volksçerein, exigent une . cotisation annuelle.

il leur est délivré une carte d'unioniste valable pour un an. L'Union paroissiale est dirigée par mu. Comité ou Bureau paroissial élu par les unionistes, renouvelable tous les deux ans par tiers.

Ce Comité est composé d'une élite d'hommes catholiques. En font partie de droit les présidents des œuvres d'hommes de la paroisse : Jeunesse catholique. Conférences de Saint- Vincent de Paul, Association catholique des chefs de famille, etc.

Là oii l'importance du groupement le permet, les membres du Comité sont divisés en Sections : section de piété ou section eucharistique, sections de propagande, de presse, d'enseignement, etc.

Les (( membres de droit » représentent naturellement les intérêts des œuvres dont ils sont les présidents. Le curé de la paroisse est de droit directeurecclésiastique ou aumônier-conseil du Comité et de l'Union.

Les membres du Comité se réunissent au moins une fois, par mois à la veille de la messe mensuelle, pour l'étude d'un programme d'action fixé d'avance.

Les Unionistes, à leur tour, se rencontrent d'abord à la messe des hommes qui est dite pour eux une fois par mois (1) — puis aux réunions plénières

(1) Il est important que cette messe mensuelle des hommes qui sera souvent (avec un petit congrès annuel cantonal et les réunions trimestrielles tenues dans la paroisse) la première et la plus facile manifestation d'activité de l'Union, il est important que cette messe soit dite à une heure où les hommes puissent ■aisément communier, par exemple à 8 heures. L'exemple d'un groupe d'hommes et de jeunes gens s' approchant de la Sainte

de rUnion qui ont lieu au moins trois fois par an. Dans ces réunions, les Unionistes pourvoient au renouvellement du bureau, approuvent le rapport moral du président, le rapport financier du trésorier.

Les Unionistes peuvent se rencontrer encore plusieurs fois par an, soit à des conférences données par l'Union, soit à un cercle d'études organisé sur le pian des cercles d'études de la Jeunesse catholique.

L'Union respecte l'autonomie des autres œuvres. Elle ne fait que créer entre elles un lien et seconder leur action.

Deuxième échelon. — U Union cantonale, fédération des Unions paroissiales, groupe autour du Curé-doyen les présidents des Unions paroissiales. Ceux-ci forment le bureau ou comité cantonal, qui nomme ses dignitaires comme le bureau paroissial, organise ses réunions, prépare le Congrès cantonal.

Table est la plus efficace des prédications. Pour constituer ce groupe de communiants plusieurs Unions (celle d'Angoulême, celle du Puy, etc.) ont, dès leur création, fait appel aux unionistes de bonne volonté, ceux-ci forment une Ligue eucharistique dont les membres s' engagent. à communier à la messe mensuelle des hommes. — Cette messe des hommes devra toujours être très vivante... Elle le sera par les chants collectifs, par une courte instruction bien adaptée à l'auditoire. — Il sera très utile d'envoyer par la poste ou par les chefs de Section qui se partagent les quartiers de la ville une convocation écrite iBni pour la messe du mois que pour les autres réunions générales. On insistera alors avec plus d'efficacité sur l'obligation, pour les unionistes empêchés d'assister à la réunion, de se faire excuser.

Troisième échelon. — V Union catholique diocésaine, fédération des Unions cantonales, groupe autour de l'Évêque ou de son délégué, au moins une fois par an, les présidents des Unions cantonales. Ceux-ci constituent le bureau ou comité diocésain» nomment leurs dignitaires (1), organisent le Congrès diocésain de l'Union. Sont membres de droit du comité diocésain les présidents diocésains des diverses œuvres d'hommes et de femmes (2).

Quatrième échelon. — L' Union catholique nationale. — Du jour où le vœu d'une fédération nationale des U. C. émis, en 1923, par l'Assemblée de nos cardinaux et archevêques sera pratiquement mis à l'ordre du jour, la constitution d'^un comité national sera chose aisée. Ce Comité sera tout naturellement constitué par les présidents des Comités

(1) Il est très important que le règlement de l'Union diocésaine aussi bien que celui de l'Union cantonale ou de l'Union paroissiale prévoie le renouvellement périodique et obligatoire de ses cadres. La formule fréquemment adoptée est celle-ci : « Le bureau est renouvelable tous les deux ans par tiers ». à quoi on ajoute parfois : « Les membres sortants sont rééligibles ». Uni certain nombre d'Unions d'avant-guerre périrent pour avoir négligé ce point, se trouvant liées, sans qu'on vit le moyen de s'en débarrasser, à des présidents incapables ou à des vieillards pour qui l'âge des initiatives était passé,

(2) Faut-il, en plus de l'Union diocésaine, prévoir comme dans la Jeunesse catholique une Union régionale avec ses cadres spéciaux, — ou tout au moins des délégués régionaux comme . dans l'Union populaire? La question est peut-être prématurée. — En tout cas, la raison qui fit adopter en Italie les délégués régionaux cesserait d'exister si chaque Union diocésaine prenait l'initiative de créer une petite école de conférenciers qui parcourraient la région pour y installer l'Union catholique.

diocésains, par les présidents nationaux des diverses <Buvres d'hommes et de femmes. A sa réunion annuelle, il nommerait ses dignitaires comme cela se fait dans la Jeunesse catholique et dans l'Union populaire d'Italie (1). Le Bureau permanent de l'Union issu •de ce vote nommerait ses commissions, réorganiserait les Congrès annuels des catholiques français ^t peut-être, quand l'heure serait venue, réaliserait îin autre- vœu formulé par la dernière Assemblée des archevêques, celui d'une Semaine catholique annuelle.

2o Comment fonder une Union catholique?

Les méthodes sont nombreuses. Souvent la fondation de l'Union sera la conclusion d'une Mission. Le groupe fondé au chef -lieu du département prendra l'initiative de se constituer en Comité diocésain provisoire. Dans ce cas, c'est la tête (l'organisme diocésain) qui commencera par exister. Ainsi a-t-on procédé à Angoulême, à Auch, à Perpignan, etc. Ailleurs, comme à Cahors, c'est quand les Unions paroissiales ont commencé à se multiplier que le Comité diocésain s'est constitué. A Périgueux, -Mer l'Évêque charge plusieurs prêtres de parcourir tout le diocèse, en propagandistes, pour organiser l'Union dans toutes les paroisses. Ailleurs, comme à Lille, c'est un Congrès diocésain qui donne l'impulsion.

(1) Le président national de l'Union populaire est nommé par le Saint-Père, de même que^son assistant-ecclésiastique.

En plusieurs diocèses (Gahors, Besançon, etc.) un Bulletin de l'Union catholique a été créé qui sert d'agent de liaison entre la direction diocésaine et les groupements paroissiaux. En Italie, un Bulletin national : Le Bulletin officiel de V Action catholique^ vient très heureusement coordonner l'action de toutes les Unions diocésaines.

Dans quelques diocèses, l'Union catholique s'est constituée en Association déclarée (1); plus généralement, elle s'est placée simplement sur le terrain du droit commun.

Une plus longue expérience pourra seule dire où est la meilleure méthode.

Tel est le plan « d'organisation des forces catholiques » qui paraît se dégager lentement (2) des

(1) Dans « La Tunisie catholique)), organe de l'Union des catholiques (18/2/23), Msr l'archevêque de Carthage, primat d'Afrique, en tête de son Mandement pour le carême de 1923, s'exprime ainsi :

a Dans Notre Lettre pastorale et Notre Mandement de Carême pour Tannée 1921, nous décidions et ordonnions la fondation d'une Union catholique de Tunisie. Cette Union des catholiques de Tunisie est née et sa naissance est inscrite non seulement sur les registres de nos fastes religieuses mais encore sur les registres: de VEtat civil, en vertu d'un décret de son Altesse le bey de Tunis, contresigné par le Résident général, ministre de. France,

« Votre Union est née avec un organisme parfait. — Elle se compose d'adhérents qui sont des catholiques du diocèse, de Comités paroissiaux déjà constitués partout, sauf dans deux centres, et d'un CowiiéceniraZ/ à Tunis, composé d'une dizaine de prêtres et de trente-cinq laïcs ».

(2) Voir à l'Annexe I un article du R. P. Yves de la Brière, professeur à l'Institut catholique de Paris, sur L'organisation des forces catholiques, et un autre, sur le même sujet, de Ms^ Gouraud, évêque de Vannes.

modestes essais d'Unions paroissiales et diocésaines tentés depuis 1919.

Sur d'autres points fort importants, la même unanimité n'est pas acquise et c'est là qu'une étude attentive des faits et de l'histoire s'impose. Tant de fois déjà, ainsi qu'on l'a vu, les plus belles constructions logiques concernant l'Union des. catholiques français aboutirent à un échec, qu'il nous importe souverainement de ne pas donner un argument nouveau aux pessimistes et aux désabusés.

Il est vrai qu'à leurs raisons de douter tirées de l'histoire des cinquante dernières années, on peut opposer d'excellentes raisons d'espérer puisées à la même source :

1° C'est souvent par des échecs successifs et les leçons de choses qu'ils apportent qu'on achète le succès final. La défaite de Charleroi fut la rançon de la première Marne, et la rupture du front anglais, en juillet 1918, la rançon de l'unité de commandement et de la deuxième Marne.

2° Des faits nouveaux existent qui permettent de garder un légitime espoir de succès là où, de 1871 à 1901, d'éminents catholiques aboutirent à de tristes échecs.

D'une part, les lisières que le Concordat mettait à l'action des catholiques sont tombées.

L' Union sacrée du temps de guerre, la grande réconciliation des tranchées ont atténué bien des hostilités.

Les catholiques ont pris davantage conscience, par

le dévouement qu'ils donnaient à la patrie, du droit qu'ils avaient au respect de tous et au droit commun.

Par ailleurs, les non catholiques patriotes, inquiets des progrès de l'immoralité et de la dénatalité qui en est la conséquence, inquiets aussi de la propagande des doctrines antisociales, sont peu à peu amenés à désirer voir s'organiser pour le salut commun « les seules forces intactes du pays ».

Si bien des causes de division subsistent encore, les catholiques français possèdent déjà un précieux facteur d'unité.

Ils ont pour les encourager, les garder dans la voie de l'organisation, l'unanimité de l'Épiscopat rendue visible depuis cinq ans par V Assemblée annuelle des cardinaux et archevêques (1).-

Ils ont ce réseau déjà puissant d' œuvres catholiques : Unions professionnelles catholiques. Jeunesse catholique, Association catholique des chefs de famille. Ligues féminines, etc. qui, non seulement ont déjà groupé les meilleures recrues de la future fédération, mais lui ont préparé des cadres.

Ils ont — ce que n'eurent pas au .même point leurs devanciers — dans ces œuvres qui ont fait leurs preuves, dans les fédérations catholiques organisées en d'autres pays, un trésor d'expériences.

Malgré les échecs du passé, notre confiance n'est donc pas aveugle, mais ces échecs nous conseillent

(1) Voir à l'Annexe III la discussion engagée sur ce point à la troisième Semaine des Ecrivains catholiques.

d'examiner de près quelques-uns des problèmes qu'ils posent. Il ne s'agit pas de critiquer, de condamner, mais de s'instruire, de présenter un esprit docile aux leçons de l'expérience.

Dans l'organisation des Unions catholiques d'avantguerre disparues dans la tourmente (et nous ne parlerons ici que de celles-là, les nouvelles en étant encore à la période des tâtonnements), des hésitations, des divergences de vues assez importantes se manifestèrent.

Elles portaient sur les problèmes suivants qu'il nous reste à examiner : 1^ L'Union catholique s'adressera-t-elle uniquement aux Hommes? 2^ Quel sera le rôle exact de la hiérarchie ecclésiastique dans ru. C? 30 Quels seront V action civique et le rôle politique de l'Union catholique?

Page 1