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EN ALSACE ET EN SUISSE

En ce mois de septembre 1923, ont eu lieu deux congrès fort suggestifs : le Congrès de V Association populaire catholique suisse, tenuà Wil, et le 2^^ Con-

(1) G. f. Les Associations professionnelles chrétiennes en Allemagne par l'abbé Cetty. A. P., tract jaune^ 11° 162. — En 1910, les Syndicats chrétiens (interconfessionnels) comptaient plus de -350.000 membres, et les Syndicats catholiques (fédération de Berlin) plus de 100.000 adhérents.

(2) Histoire de VEgliss, par l'abbé L. Saltet, professeur à l' Institut catholique de Toulouse, p. 306. De Gigord, Paris.

En Angleterre, la. U Catholic association»; en Suisse,!' a Association populaire catholique » ont réalisé l'Union des catholiques par les mêmes méthodes que le Volksverein.

Sur l'organisation des catholiques yougo-slaves, c. f..Act. pop dossiers, 67. Notons .'que les catholiques yougo-slaves (comme les catholiques allemands, belges, hollandais) ont été amenés, dans un souci légitime de défendre leur foi et les doctrines sociale? <qui en émanent, à se grouper politiquement, en un parti nettement

grès de la Ligue des catholiques d'Alsace, tenu à Mulhouse (1).

On sait que cette ligue a été fondée pour continuer dans les provinces reconquises les bientaits d'ordre religieux et social du Volksverein. La Ligue se propose en particulier d'assurer aux Alsaciens-Lorrains le bénéfice des libertés religieuses qu'ils surent imposer à leurs maîtres allemands et que la France, au lendemain de la victoire, promit solennellement de respecter.

Cette parole de la France, plusieurs tendent à l'oublier ou à la déclarer périmée.

La Ligue des catholiques d'Alsace, que préside M. Weydmann, estime, à juste titre, que la parole

catholique; parti qui, d'ailleurs, prend ses racines dans le pays par toutes sortes d'œuvres religieuses, professionnelles, économiques.

Veut-on que les catholiques ne fassent pas de politique? — -que les gouvernements ne fassent pas de politique anti-catholique, qu'ils ne fassent même pas de politique du tout; qu'ils gouvernent dans l'intérêt des peuples. Gouverner c'est servir et non pas se servir. — Le politicien, lui, ne sert pas, il se sert.

Sur l'organisation catholique et sociale en Suisse Romande^ c. t, Act. pop., dossiers n" 67.

Sur le mouvement confédéral catholique en Espagne, c. f., -Les Nouvelles religieuses, l^r janvier 1922.

Sur le mouvement confédéral catholique, en Pologne, ibid. , 1^^ décembre 1921. Citons simplement ce vœu adopté, le 12 octobre 1921, par le Congrès catholique polonais tenu à Varsovie : « Constatant le manque d'unité de l'action catholique en Pologne, le Congrès décide de l'uniformiser d'après les principes de la Ligue catholique fondée à Poznan. »

(1) Pour tous renseignements sur la Ligue des catholiques <i* Alsace, s'adresser au Secrétariat, 27, rue des Juifs, Strasbourg.

de la France est chose sacrée et demande avec énergie que tous s'en souviennent.

Le Congrès de Mulhouse, après avoir voté plusieurs résolutions fort pratiques tendant à Tintensification de la vie religieuse (œuvres eucharistiques, lutte contre les modes indécentes, contre Timmoralité de la rue, etc.) a donc résolu d'exercer une action énergique auprès des pouvoirs publics pour l'observation plus attentive des dispositions légales qui affirnient le caractère confessionnel de l'école primaire (formation religieuse des maîtres dans les Écoles normales, nomination d'instituteurs, choix de manuels qui s'inspirent des principes de l'école confessionnelle).

Passant ensuite à V action sociale, le congrès demande que partout soient organisées des Associations d'ouvrières catholiques, et que ces Associations soient réunies en une Fédération des Associations ouvrières catholiques d'Alsace.

La Commission de la presse, de son côté, décidait d'organiser dans toutes les communes d'Alsace des comités de presse.

Ce programme très complexe, — et qui pourrait être donné pour modèle à nos Congrès diocésains ou généraux d'union catholique, — a pu être étudié méthodiquement grâce à l'organisation des Commissions distinctes de la presse, de l'enseignement, des œuvres sociales et morales, des œuvres féminines.

Les délégués de V Association populaire catholique suisse qui représentaient à Wil les seize cantons, grâce à l'activité du président général de T Association, le conseiller national von Matt et du secrétaire général, le D^ Haettenschwiller, n'ont pas fait un travail moins pratique.

Si le Congrès a commencé par s'occuper d'action religieuse, il n'a pas attribué une moindre importance à l'action civique et sociale. Après avoir applaudi son président, qui demandait à l'Association de seconder activement le clergé dans l'organisation des œuvres de piété qui ont pour but d'amener l'enfance, la jeunesse, la classe ouvrière « au culte de l'Eucharistie et à la communion fréquente », le Congrès décida de multiplier les bureaux de placement et de créer pour cela l'organisme nouveau d'un bureau central de placement et d'émigration.

Puis, l'Association prit officiellement position pour le rejet de l'initiative légale sur le « prélèvement des fortunes » et pour l'acceptation du projet de loi sur le « nouveau régime des alcools ». Elle décida encore d'intensifier par tous les moyens légaux son action contre le socialisme et le communisme.

Ces deux Congrès montrent à quelle activité très large et vraiment nationale peuvent s'élever, sans

se mçler de politique de partis, les Unions catholiques naissantes en quête d'un programme d'action. M"'" Ruch, évêque de Strasbourg, intervenant dans, la discussion relative à l'école confessionnelle — école dont le Grand- Orient de France réuni en couvent réclame en ce moment, même la suppression, aij. mépris de la parole de la France et de la loi — s'écriait :

« Le meilleur moyen de défendre les droits de Técole est d'organiser solidement dans tous les cantons,, toutes les paroisses du diocèse, les comités cantonaux et paroissiaux de la Ligue des catholiques avec leurs commissions scolaires. »

C'est l'évidence même.

Les catholiques d'Alsace-Lorraine qui virent à l'œuvre le Volksverein connaissent la force de l'union * et peuvent nous donner d'excellentes leçons sur Fart de s'organiser.

Les Statuts de leur Ligue, que nous jugeons utile; de reproduire ici, s'inspirent de ce sens des réalités qui nous fit parfois défaut. Nous attirons en particulier l'attention sur le rôle prépondérant qui y est donné à l'action des laïques :

Ligue des Catholiques d'Alsace.

L But.

§ 1. La Ligue des Catholiques d'Alsace est le grou~ pement des catholiques d'Alsace pour la défense des droits de l'Église, le développement des œuvres reli-

gieuses et sociales. Elle reste en dehors de tout parti et de toute action politique.

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