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EN HOLLANDE

Les dernières élections hollandaises, malgré les difficultés sociales dont souffrent tous les pays, ont montré, à nouveau, à quels magnifiques résultats était arrivée, en Hollsnide, V Union des catholiques.

Voilà un pays où la population est aux deux tiersprotestante. Or, au mois d'octobre 1922, le cabinet Ruys de Beerenbrouck comprend trois ministres catholiques. Le Président du Conseil est membre du Tiers-Ordre de Saint François, pratique la communion quotidienne et la retraite annuelle. Cet excellent catholique est d'ailleurs un homme plein de courage, un chef. A une heure de crise récente, il arrêta une tentative de révolution socialiste et communiste en mobilisant les hommes de toutes les Unions catholiques de Limbourg. " '

Les retraites fermées suivies par des milliers de laïcs, par les hommes politiques les plus en vue, ont formé cette élite de braves qui, en cinquante ans, a groupé les catholiques hollandais, fait cesser la persécution, obtenu pour l'Église le respect du pouvoir.

En face des brimades dont furent l'objet les catholiques français dans un pays où ils sont la majorité, on demeure rêveur en voyant les résultats obtenus par l'admirable union des catholiques hollandais que nous avons pu, deux ans durant, étudier sur

place. Voici quelques-uns de ces résultats : Liberté des processions et autres manifestations religieuses. En plein air, sur le grand marché d'Amsterdam (tout comme en plein Londres, à Hyde Park), des asscciations de laïcs catholiques prêchent leur religion, soutiennent des controverses avec les protestants. Liberté absolue pour les congrégations religieuses. Liberté scolaire complète — liberté qui se traduit par la Répartition proportionnelle scolaire, par l'égalité de toutes les écoles devant la loi, devant la distribution des subsides, l'admission paritaire des membres de l'enseignement libre aux comités d'examens... (1)

Gomment en est-on venu là? Par l'organisation, en particulier par cette grande Union catholique qu'est le Volksbond.

Tandis que le D^ Schaepmahn organisait lé parti catholique hollandais, en 1888, un ancien aspirantofficier passé dans l'industrie,'* M. Passtoors appelait les ouvriers et les petits bourgeois catholiques d'Amsterdam à s'unir sur le terrain catholique et social (2).

En ce temps-là, le grand agitateur socialiste Domela Nieuwenhuis parcourait villes et campagnes, enrô-

(1) Voir notre volume : Pour la justice scolaire; la R. P. S., p. 160, à V Action populaire, éditions Spes, 17, rue Soufflot, Paris- V^ et Aux lettres, 14, rue de l'Abbaye, Paris-VP, 1921.

(2) Sur l'organisation des catholiques hollandais lire l'excellente étude du P. de Veyrières :

« Nederlandsche Roomsch-Katholieke Volksbond (la ligue populaire des Catholiques de Hollande). Action populaire, brochure jaune, n° 225.

lant, jusque parmi les catholiques, des milliers de partisans. Combattu à droite et à gauche, Passtoors poursuivit, néanmoins, son œuvre dans le diocèse de Haarlem, d'où bientôt le Volksvond débordait dans les cinq diocèses de Hollande. Les évêques le prenaient sous leur protection et, à côté de chaque bureau directeur diocésain ou paroissial, nommaient un Conseiller ecclésiastique, « adviseur ».

M. Passtoors était nommé président du Comité permanent et assurait la direction générale.

Le Volksbond, bien que constituant d'abord une organisation sociale, a joué, en réalité, le rôle d'une Union catholique nationale. Nettement catholique, répudiant les syndicats interconfessionnels, chantant fièrement son chant guerrier : « Pour Dieu et l'Église. Pour le Roi et la patrie nous levons notre étendard... », ayant pris pour charte l'encyclique Rerum Novarum, le Volksbond a toujours soutenu énergiquement toutes les revendications catholiques : R. P. S., repos dominical, etc. Il a donné son argent, ses énergies à toutes les œuvres catholiques, enrayé le socialisme, contribué à donner aux catholiques de Hollande, hier, timides et persécutés, une fierté conquérante.

Or, en 1888, l'appel de Passtoors parut se perdre dans le désert. Quarante-cinq adhérents lui répondirent! ! Aujourd'hui le Volksbond groupe une magnifique armée de plus de 100.000 soldats. Et cette armée n'est pas seule : « En Hollande, les œuvres de toutes sortes, écrit M. P. Verschave, se cou-

doient, se complètent, s'étagent en une construction gigantesque aux appartements multiples et variés. » Il y a des groupements catholiques pour chaque classe et pour chaque profession. Le catholique hollandais sait maintenant, la persécution le lui a appris, qu'il n'a pas le droit de vivre isolé.

3° EN ALLEMANGE. — Le Volksverein (1) :

Ce que le Volksbond avait fait en Hollande, le Volksverein le réalisa en Allemagne. Il fit, par l'action sociale catholique, Vunité du front catholique. En 1903, il contribuait d'une manière décisive à envoyer au Reichstag 102 députés du centre catholique, c'était le parti le plus nombreux. V Union popopulaire pour V Allemagne catholique^ « le Volksverein, » avait été la dernière grande pensée de Windthorst.

En novembre 1890, il l'annonçait; le 13 février 1891, il la lançait, encouragé par l'Épiscopat et un bref de Léon XIII. Quelques mois après, il mourait.. ► Mais le V. vivait et grandissait et allait servir, de modèle aux catholiques italiens.

Son but et ses moyens, les statuts fixés par Windthorst les disaient clairement.

1° Le but de l'Union populaire est la lutte contre

(1) Voir V Action populaire, broch. jaune, n» 41. Le « Volksverein », par Max Turmann.

les erreurs et les efforts destructeurs en matière sociale ainsi que la défense de l'ordre social chrétien;

2° Pour être membre de l'Association avec le droit de vote, il faut être Homme catholique. Allemand et majeur (1), payer annuellement une somme d'un mark; •

3° La direction du V. appartient à un conseil composé d'au moins sept membres, élus pour une année par l'Assemblée générale et rééligibles. L'Assemblée générale nomme les deux présidents. Le conseil choisit dans son sein le secrétaire et le trésorier;

4» Le conseil peut nommer un représentant pour chaque diocèse ou région;

5° Le domicile légal de l'Association est Mayence.

En juin 1904, le V. comptait déjà 410.509 membres.

De juillet 1902 à juillet 1903, le Y. organisait 1 .333 réunions de propagande, répandait 13 millions de tracts catholiques ou sociaux. Le V. a créé toute une presse de défense catholique et sociale, lancé un bulletin périodique, organisé une bibliothèque de prêt, créé des cours pratiques sociaux, des écoles de conférenciers, des universités populaires, etc.

En 1910, à sa vingtième réunion, le V. comptait le chiffre fantastique de 662.000 membres. A cette époque, il est vrai, le socialisme groupait 722.000 membres cotisants, payant chacun 6 marks par , an.

Malgré tout, le V. a fait une œuvre immense.

« Les catholiques, a écrit M^"" Kannengieser, se réveil-

(1) Cet article exclut donc les femmes du V,

lèrent de l'engourdissement aux cris poussés contre l'Église et la Papauté : Los Von Rom! « Séparonsnous de Rome! » Devant cette prise d'armes... les yeux de beaucoup de catholiques se dessillèrent et ils sentirent la nécessité de s'organiser ... » (1).

Un historien catholique, M. l'abbé Saltet, résume ainsi les luttes de l'Église, de 1870 à 1903, en France, en Allemagne et en Belgique: « En Belgique et en Prusse, les catholiques ont été unis et vainqueurs. En France, les catholiques ont été divisés et vaincus » (2).

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