‹ Pour la cause italienne aux évêques catholiquesChapitre 11 sur 13 · CON&BÉGATION DE L'INDEX · texte numérisé non relu

CON&BÉGATION DE L'INDEX

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Les journaux italiens nous apportent, sur l'effet produit à Rome par la brochure : Pro causa italicâ, de curieux détails dont la place se trouve naturellement ici.

On sait qu'après la publication de la brochure à Florence, le Père Passaglia reçut de Pie IX Tordre de se rendre à Rome, Peu après son arrivée, il vit le cardinal Al- , tieri, président de la Congrégation de V Index, qui, entrant | aussitôt en matière, lui annonça que la brochure était déjà i entre les mains de la sacrée congrégation, pour être exa- I minée attentivement et jugée d'après les formes établies par la Constitution du Pape Benoît XIV. i

Le Père répondit qu'en agissant ainsi, la Congrégation |

faisait son devoir suivant les Constitutions pontificales que tout bon catholique doit respecter.

Le cardinal ajouta : Le libelle sera certainement condamné, car l'opinion des juges et des cardinaux est déjà connue de toute la ville.

— Je ne vois point, répliqua Tabbé, qu'il me soit nécessaire de connaître la sentence avant qu'elle soit prononcée.

— Cette nécessité est pourtant d'une urgence extrême, repartit le prélat, puisque la voix publique vous accuse d'être l'auteur de ce libelle.

— Je ne dois point me soucier, observa l'abbé, des accusations portées contre moi par la voix publique, mais seulement des questions qui me seront adressées par l'autorité de l'Église.

— Eh bien! ajouta le cardinal, je suis investi de pouvoirs réguliers pour vous demander, au nom du Pape, si vous êtes, oui ou non, l'auteur du libelle.

— A cette demande, répliqua le Père, je dois vous opposer ceci : Que l'auteur d'écrits religieux n'est obligé par les Constitutions à répondre s'il veut ou non en accepter la responsabilité, qu'alors seulement que de tels écrits ont été prohibés par une sentence de la sacrée Congrégation de VIndex. Quand cette sentence sera prononcée, je ferai la déclaration qu'on réclame aujourd'hui, mais pas avant.

— La sentence sera prononcée demain, dit le prélat, e^t je vous donne ma parole d'honneur que le libelle sera condamné.

— J'ai là-dessus une toute autre opinion que votre Seigneurie, répondit l'abbé, parce que je crois que l'écrit n'est pas censurable.

— Et pour quelle raison?

— Parce que condamner cet écrit serait condamner du même coup saint Augustin, saint Cyprien et d'autres saints docteurs. En effet, le livre soumis en ce moment à la sacrée Congrégation n'est point une œuvre nouvelle, un travail

original, mais bien un recueil des vérités enseignées à rÉglise par les Pères et les écrivains les plus respectables.

— Eh bien I nous condamnerons saint Augustin et saint CyprienI s'écria le cardinal indigné.

— C'est impossible, répondit Tabbé en souriant, à moins que Ton ne veuille faire une Congrégation de nestoriens, de manijchéens et de donalistes.

L'entretien se termina par ces paroles. Le cardinal, rouge de colère, se leva, et congédiant brusquement Tabbé, lui annonça que le Pape serait informé du refus qu'il faisait de se soumettre avant que la sentence de la Congrégation fût prononcée.

On connaît aujourd'hui le jugement de la Congrégation, qui a conclu à la condamnation du livre. Le P. Passaglia a écrit aussitôt pour s'en déclarer l'auteur, en invoquant la bulle de Benoit XIV qui autorise les auteurs à défendre leurs œuvres devant la Congrégation.

Ce droit lui a été dénié.

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