Mais cette merveilleuse unité n'exclut en
(1) Éphèse, lY, 5.
aucune façon le nombre^ le distinct^ et le varié. En effet, la théologie catholique, qui soutient et adore, aussi bien que l'unité de Dieu, la trinité des personnes dans ridentité de nature, ne détruit pas, mais admet le nombre, la dislinction, la variété. De même la christologie, en maintenant Tuniié de la personne du Christ et la dualité des natures, lesquelles, bien que distinctes, ne sont pas toutefois divisées, maintient et respecte le nombre, la distinction et la variété. Enfin, ni le noiibre, ni la distinction, ni la variété ne trouvent d'opposition dans l'Église qui, étant une par l'unité de son corps mystique, est néanmoins multiple par la multitude et la fécondité des membres qui la composent.
3. — A ce sujet, saint Augustin écrivait (1) : «Comme l'Église, les Églises sont appelées d'un nombre exprimant la pluralité. Il est dit, à cause de son unité : « Une est ma colombe , une est la c( bien-airaée de sa mère, » Relativement aux asso-
(1) Enarrat. in. Ps, cxli, k»
ciations rraternelles, Dombreuses sont les Églises éparses en divers lieux. » Et ailleurs, marchant sur les traces de saint Cyprien, il dit (1) : « Enlevez un rayon de lumière au soleil, c'est impossible ; Tunilé de la lumière ne souffre pas de division. Coupez une branche d'arbre, la branche coupée ne poussera plus. Séparez un ruisseau de sa source, il se desséchera. Ainsi, l'Église du Seigneur répandant sa lumière dans le monde, pénètre tout de ses rayons ; une cependant est la lumière qui brille partout, et son unité ne se divise pas. Elle étend ses branches sur toute la terre, en vertu de sa fécondité, et fait couler partout ses ruisseaux à grandes ondes; un cependant est le tronc, une la source, une la cause féconde. » C'est pourquoi, développant toute la série des articles du Symbole, il dit (2) : . L'ordre direct de la profession de foi exige qu'à la trinité succède immédiatement l'idée de TÉglise, comme à l'habitant r habitation, à Dieu son temple, et au constructeur sa propre cité ; car il faut entendre par là non-seulement le lieu oti nous sommes en pèlerinage, louant
(1) Coa. Crescon., liv. n, chap. xxxiii.
(^) Enchirid., cbap. lvi.
— 3vS — du matin au soir le Seigueur, mais aussi la cité céleste, habitée par Dieu depuis qu'elle a été construile et placée en dehors de Faction des siècles. Cette bienheureuse cité est composée des anges saints, et au besoin elle secourt ceux qui voyagent sur terre ; parce que toutes deux seront un jour réunies dans réternité et qu'elles forment maintenant une seule cité par le lien de la charité. »
A. — De cette doctrine rendent témoignage, avec saint Augustin : TertuUien, qui, dans le livre des Prescriptions^ sous le nom d'une seule Église, comprend toutes les Églises de l'univers , parce que toutes, professant une même foi, en démontrent l'unité; » saint Jean Ghrysostôme qui, dans la première homélie sur la première épître de saint Paul aux Corinthiens, dit c que le nom d'Église ne signifie pas espace, mais union et harmonie; » saint Ainbroise, qui, dans le troisième livre des Devoirs^ au chapitre 3, définit l'Église « une association ordonnée en un seul corps et réunie ensemble dans l'unité de foi et de charité;» Théodorot, tiuî, a
propos du psaume 47, affirme t que toutes les Églises en général se réduisent à une par l'harmonie des dogmes anciens; > saint Jérôme, qui, dans son commentaire du psaume 25, dît : « 1/ Eglise est composée ée nombreuses personnes , toutefois ^n la dit une par T unité de la foi; » Ânnstase Siuâitie, à qui nous empruntons les paroles suivantes du livre ITI , Anagogico in exemeron : « Qu'on réunisse les eaux qui, dérivant de peuples divers, de nations et de sectes divisées, reposent dans l'unité de la foi. » Pour ne pas parler des autres, nous citerons enfin Euthyme, qui, interprétant te quatre- vîiigtdix huitième psaume, dit : « Si l'on regarde les divers lieux, les Églises sont nodàbreuses; mais si Voù considère la religion et la foi, on s'aperçoit que toutes les Églises dispersées sur la terre forment une seule Eglise de fidèles. >
5. — Mais l'ennemi de l'homme^ et tous ce«x ipii sont aniùiés de son esprit, n'o&t jamiais cessé d'at<taquer, par toutes sortes de moyens, la iripte nniêé que nous venons de constater, et de la dëtr^ii^e quand iis l'ont pu.
Les polythéistes, les dualistes, les monarchiens, les ariens, les macédoniens, les tritéisles, les photiens, enfin les hérétiques de tous les temps ont cherché de diverses façons, mais toujours dans le même but pervers, de détruire la théologie une et distincte.
La christologie une et distincte a été combattue d'abord par les fantasiastes, puis par les nestoriens, les eutychéens, les monotélites et les adoptiauistes.
Quant à Tuuité catholique de TÉglise, elle eut à soutenir les assauts de tout ce quMl y a eu d'hérétiques ou schismatiques pour h ruine et la perdition du genre humain , depuis Torigine de TÉglise jusqu'au dix-neuvième siècle.
6. — Aussi , comme le remarque sagement saint Augustin au chapitre 10 delà Foi et du Symbole, en commentant ces paroles: « Nous croyons que l'Église catholique est sainte. » — c Bien que les hérétiques et les schismatiques donnent le titre d'Église à leurs réunions , toutefois les hérétiques en ayant de Dieu une fausse idée, violent la foi
et les scbismatiques , par d'iniques dissensions « se départent de la charité fraternelle, quoique leur foi soit la nôtre. Il en résulte que ni les hérétiques ni les schismatiques n'appartiennent à l'Église catholique. » Ceci ne doit point étonner, puisque, selon Tavis du même docteur, dans le second sermon sur le psaume 30, « TÉglise est un seul corps, sans lacune, et qu'il n'y a lacune que là où il y a dissension. Ensuite la charité est source d'union, de Tunion résulte l'unité , l'unité conserve la c|iarité, la charité conduit à la gloire. » 11 poursuit ainsi dans le discours contre les ariens : « Rougissez ariens. Les sbires de Pilate n'osèrent pas déchirer la tunique de l'homme qu'il avait condamné à mort, et vous essayez de diviser la charité qui est le vêtement de Dieu assis dans le ciel, la charité qui est Dieu lui-même. Vous courez aux enfers et vous ne parviendrez jamais à déchirer cette tunique. »
7. — Forts de cette foi et assurés par elle que les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre l'Église, nous nous rappelons avec joie ces éloquentes
paroles de saint Angiislîn : « Il y a des gens qui disent : « Cette Église qui réunit les nations n'existe plus, elle est morte. ^ Ainsi parlent ceux qui ne sont pas dans son sein. parole impudente ! Elle n'existe peut-être pas, cette Église, parce que tu n'en fais point partie? Examine plutôt si ton existence même n'est pas douteuse , attendu que l'Église serait, lors même que tu n'existerais pas. Ces paroles abominables, détestables, pleines de présomption et de faivsseté, dépourvues de toute ombre de sagesse, insensées, vaines, téméraires et pernicieuses, furent prévues par l'Esprit de Dieu ; et comme s'il eût voulu contre elle annoncer l'unité, il s'exprima de cette façon : « En réunissant les peuples et les c( royaumes €U un seul, afin de servir le Seigneur. * Et il ajouta : « C'est là sa vraie gloire par laquelle Jérusalem notre mère, qui doit être rappelée de son pèlerinage, se montre plus féconde que si elle avait un mari. Quelques-uns diront : « Elle fut, elle n'est pas maintenant ; 2> et elle répond : « Montrez-moi « la brièveté de mes jours. » Et quoi ? ceux qui me quittent murmurent contre moi ? D'où vient que des hommes perdus veulent m'entraîner avec eux dans
- A3 la perdition ? Il est vrai qu'ils disent que j'ai été , mais que je ne suis plus aujourd'hui. Ânnonce-moi la brièveté de mes jours. Annonce le temps que je durerai di'ns ce siècle, à cause d'eux qui disent : Elle est el elle n'est plus. Les Écritures sont accomplies ; toutes les nations ont cru , bien que quelques-unes aient apostasies et misérablement péri. Il l'annonça, et sa parole ne fut pas vaine. Et qui l'annonça si ce n'est celui qui est? Et comment Tannonça-t-il : « Voici que je suis avec vous jusqu'à la consom- « mation des siècles. * Donc jusqu'à la fin des siècles l'Église est debout an milieu des nations, et c'est là la brièveté de ses jours. »
8. — Mais bien que ces considérations et d'autres semblables me consolent et me réjouissent, l'aspect de la société ecclésiastique en Italie me cause une vive et profonde douleur. D'où vient le trouble que j'éprouve? Pourquoi suis-je attristé? Est-ce que j'ignore les paroles de saint Augustin (livre I", chapitre 5, sur le Symbole)? « Le Temple saint de Dieu^ c'est l'Église sainte elle-même, l'Église une.
— Uk — l'Église vraie, TÉglise catholique, qui combat toutes les hérésies. Et oui , vraiment , elle peut combattre, mais elle ne peut pas être vaincue. Toutes les hérésies sont sorties d'elle comme un sarment inutile retranché de la vigne ; elle est restée immobile dans sa racine, dans sa force, dans sa charité. Les portes de l'enfer ne la vaincront jamais. Est-ce que j'ignore l'opinion célèbre du même docteur, tirée des commentaires sur le trente-sixième psaume ? « La terre du Seigneur est son Église; il l'arrose, la cultive, il en est l'agriculteur, il en est le père. *
Est-ce que j'ignore la doctrine pleine de confiance enseignée par lui en commentant le cent troisième psaume ? « Par barques nous entendons les Églises. Elles voyagent parmi les tempêtes , les orages , au milieu des flots du siècle, entre les animaux petits et grands. Elles ne craignent pas de barques ennemies, s'inquiètent peu du lieu de la navigation et se confient en celui qui les dirige. >
9. — Je n'ignore pas ces choses et beaucoup d'autres du même genre; mais après les avoir répé-
tées, triste et souffrant, je ne puis ni^empêcher d'ajouter avec le même Augustin, au chapitre 25 du livre XI de la Genèse : « L'Eglise est appelée le Paradis, comme on lit dans le Cantique des Cantiques : « Jardin clos , fontaine scellée, puits d'eau « vive, paradis abondant en fruits de toute espèce. > De là tombèrent les hérétiques, par une séparation manifeste et corporelle, ou occulte et spirituelle. »
10. — Et qui sera assez aveugle, assez peu clairvoyant pour ne pas s'apercevoir que le peuple italien est dans une situation si déplorable, qu'elle le pousse à affronter ce danger, non pas éloigné, mais prochain, non pas léger, mais très-grave, de sortir du paradis de l'Église? Un grand nombre parmi les Italiens, ouvertement ou tacitement, sont déjà séparés de cette mère, qui se trouve ainsi veuve d'un groupe d'élite : voici une grande partie du clergé en désaccord avec la majorité des laïques ; voici presque tous les pasteurs séparés de leur troupeau, et voici le pasteur des pasteurs lui-même, le successeur de saint Pierre, l'auguste vicaire du Christ sur la terre, qui sévit par
les censures et par les foudres de l'excommunication contre le royaume d'Italie et la société italienne. On croirait que, du double pouvoir de lier et de délier, les évéques n'ont plus conservé que celui de lier, tellement ils sont unanimes à réprouver, rejeter, exécrer ce que tous les Italiens, de tout âge et de toute condition, désirent avec ardeur, ce dont ils poursuivent courageusement l'exécution.
II. — D'où vient cela? Peut-être les Italiens, à l'exemple des Anglais, des Allemands, des Suisses, des Danois et de beaucoup de Français, se sont-ils séparés du symbole de la foi orthodoxe? Au contraire, ils tiennent fermement à tous les points de ce symbole. Peut-être écoutent-ils avec indifférence leurs légitimes pasteurs eu matière sacrée et religieuse T Non, ils s'accordent à leur prêter l'obéissance imposée par la loi divine. Peut-être méprisent-ils la suprême autorité spirituelle du Pontife romain^? Non, ils lui sont même dévoués et partagent l'opinion de saint Augustin qui, dans un hymne contre le parti donatiste, s'écrie :
€ Accourez, ô mes frères, si vous voulez être grefc fés sur la vigne.
« C'est une douleur de vous voir par terre sé- € parés d'elle.
t Comptez les prêtres qui se sont assis sur la « chaire de saint Pierre.
€ Et voyez dans l'ordre de cette succession celui « qui remplit maintenant ces fonctions suprêmes.
^ Celui-là est la pierre que ne vaincront pas les « superbes portes de l'enfer. »
Peut-être les Italiens ont-ils eu la pensée audacieuse de ravir à l'Église la liberté acquise par le précieux sang du Christ, ou lui dressent-ils secrètement des embûches? Non, ils proclament au contraire PÉglise libre dans F État libre, et essayent par tous les moyens d'éloigner la discorde. Repoussés, ils recommencent une seconde et une troisième fois à deaaander la paix, et se déclarent unanimement prêts à montrer par les faits qu'ils ne désirent rien tant que la liberté pleine et entière de l'Église.
12. — Que nous reste-t-il donc à faire après tout cela, sînou à adresser de pressantes et ferventes prières au clergé italien, aux prélats et au Pontife romain lui-même, pour qu'ils ne laissent pas effacer de leur mémoire ce que saint Augustin présente comme une règle évangélique dans les différends chrétiens? « La miséricorde ne doit jamais être poussée si loin que dans l'Église catholique, afin que, comme une vraie mère, elle n'insulte pas orgueilleusement ses enfants pécheurs et ne pardonne pas difficilement à ceux qu'elle juge dignes de correction. Ce n'est pas sans raison que Pierre a été choisi parmi les apôtres pour personnifier en quelque sorte l'Église catholique, puisque les clés du royaume des cieux furent données à cette Église lorsqu'elles furent données à Pierre. Et les paroles qui lui furent adressées, ont été adressées à tous : M' aimes-tu? pais fnes brebis. L'Église catholique doit pardonner spontanément aux hommes qui se soumettent à la correction et sont exercés dans la piété, de la même manière que Pierre, revêtant la personnalité de l'Église, et après avoir hésité sur la mer, après avoir tenté d'écarter son Seigneur de la passion,
— 49 ~ après avoir coupé avec son épée l'ordile du domestique, après avoir renié trois fois le Seigneur, et après être tombé enfin dans une feinte superstitieuse, obtint néanmoînsson pardon, et, corrigé et confirmé dans la piété, mérita d'être associé à la gloire de la passion du Sauveur, i» La pensée du saint docteur sera mieux saisie, si on rapproche de ce passage les lignes suivantes du chapitre 30 du li^re des Usages de l'Église. « Église catholique, véritable mère des chrétiens, non-seulement tu proposes le culte pur et chaste d*un seul Dieu, dont l'adoption est le bonheur de la vie, écartant de nos adorations toute créature que nous serions disposés à servir; nonseulement tu nous montres Féternité incorruptible et inviolable, qui doit être le seul but de Thomme, qui seul peut satisfaire la créature raisonnable, excluant tout ce qui est matière, ce qui est sujet au temps et au changement, ne confondant pas ce que Téternité, ce que la vérité, ce que la paix elle-même distingue, ne séparant pas enfin ce qu'une seule majesté réunit; — mais encore tu comprends l'amour du prochain et la charité de telle façon qu'on trouve dans ton sein d'efficaoos remèfles
pour guéfir les diverseij infirmités dont le péché ^tteiiit les ^mes. Tn formes et instruis les enfants, les jeijfles gens et les yieill^rds, conforméineqt à jeqr âge et aux conditions de leur corps et d)e leur âme. Tu réunis les frères aux frères par 1^ relîçîon, pips solidefopnt que par les liens du sang. Tu conserves les rapports de la nature et de l'amitié en les adoucissant pap une cjiariié réciproque. Tu appi^en^s aux pprviteurs à obéir à leurs maîtres, non par qépessité de condition, mais par sentiment du devoir. Tu rends les patrons indulgents pour leurs serviteijrs en considération de Dieu, le patron commuq, et tu }es (Jisposes à subvenir à Ipurs besoins plutôt qu'à leur imposer une discipline rigide. Tu rends inj^issolubles les liens civils et moraux, en sou« veiîir de nos premiers parpnts. Tu enseignes aux rois le ç()\|y^r|^on[|p|i| et au^ peuples Tobéissance. Tu apprends à qui l'op doit l'honneur, à qui l'fifffectîon, à qui le respect, à qui la crainte, à qui la consolation, à qui l'avertissement, à qui la violence, à qui la soumission, à qui le blârae^ à qui enfin le châtiment, montrant ainsi que la même chose ne convient
pas à chacun, qu'on doit la charité à tous^ roQeusç à personne. »
13. — Non contents de tout cela , poursuivons Vapologie de la cause italienne que nous avons commencée avec l'aide de Dieu. Ecoutez ce que dit un auteur ancien quia traité quelques questions du vieux et du nouveau Testament (question 97) : « Personne n'ignore que le Sauveur a institué les évoques pour les diverses Eglises. En effet, en imposant les mains sur les Apôtres, avant de monter au ciel, il les ordonna évêques. Saint Paul attribue la chose à l'Esprit-Saint, par ces mots: a Veillez sur vous et « sur tout le troupeau , l'Esprit- Saint vous a établis « évêques pour diriger l'Eglise de Notre-Seigneur « Jésus-Christ. » C'est pourquoi saint Augustin , commentant les paroles du psaume lik « Par tea c( pères il te vint des fils, » dit : f Les Apôtres eo-^ gendrèrent (l'Église), ils furent envoyés, ils prè-^ chèrent, ce sont les pères. Mais pouvaient-ils être présents en personne dans ce temps et dans l'avenir? L'Église est donc restée déserte par leur dépari? Nop
jamais, « Par tes pères il te vint des fils. » Et que signifie cela? Les Apôtres furent envoyés comme pères, par les Âpôlres il lui vint des fils, les évêques furent constitués. Mais les évoques qui sont aujourd'hui dans le monde , d'où sont-ils venus? Elle les appelle pères , elle les a engendrés , elle les a installés sur leurs sièges apostoliques. Qu'on ne croie donc pas l'Église déserte parce qu'on n'y voit pas Pierre, parce qu'on n'y voit pas Paul, par lesquels elle est née ; de ses enfants eux-mêmes est venue sa paternité. »
14. — Or, quel est le but, la mission de celte paternité des évêques? Ce n'est pas moi qui répondrai, parce que beaucoup ne me croiraient pas ; je laisserai ce soin à saint Augustin, dont l'autorité est acceptée par tous ; voici ce qu'il dit dans le livre des Ques-lions à Orose (dernière question) : a Nous le savons envoyé de Dieu, son élection n'est pas le fruit de Tadulalion de quelques hommes, mais l'efTet d'une vie recommandable, entourée de l'estime universelle, on sait qu'il ne brigue pas le commandement et n'a-
cliète pas à prix d'argent F honneur de l'éplscopat. Que celui qui se fatigue à poursuivre le coniniandement, selon Texpression d'un Père, sache ne pas <^tre évoque, s'il vise non à servir les autres, mais à les dominer. » La paternité épiscopale a donc pour objet Tulilité et l'avantage de ceux qu'elle dirige.
15. — C'est pour cela que saint Augustin continue ainsi dans le chapitre 1 9 de la Cité de Dieu : Le mot Épiscopat veut dire travail, non pas honneur. Il est formé de deux mots grecs, epi^ sur, et scopos^ veille. Donc nous pouvons traduire episcopein par surveiller, afin que celui qui aime à dominer, ,mais non à être utile aux autres, ne songe pas à être évêque. » La mission des évêques consiste à rechercher l'utilité religieuse et l'avantage spirituel de ceux qui sont confiés à leur garde et qu'ils doivent corriger parla parole, nourrir par lessacrements, perfectionner par la discipline.