ACTE II
Une salle de la citadelle décorée avec un goût barbare. Tapisseries orientales, peaux de bêtes, trophées d'armes et d'étendards pris sur les Turcs. Au fond, une grande porte; à gauche, au premier plan, une porte plus petite, et, au second plan, une fenêtre. A droite, un réduit caché par une tapisserie.
SCÈtT^E T%EéMIÈ1{E
BAZILIDE, BENKO, SOPHIA. Baiilide est étendue sur un lit de repos; Sophia V évente. Entre Benho, sa guitare en main.
B/ZILIDE.
Accorde ta guzla, Benko... Le prince chasse...
Sons de trompes dans Vâoîgnement,
Tiens, on entend d*ici le son du cor qui passe. Accorde ta guzla... car, depuis ce matin, Je suis là, regardant les cimes au lointain
34 POUR LA COURONKZ
Et les pesants vautours qui planent... Je m'ennuie... j'ai le Vide dans l'âme et suis tout éblouie D'avoir vu trop longtemps, dans ce jour de langueur, La neige des sommets moins froide que mon cœur. C'est dans ces moments-ci que je deviens méchante..é Mais j'aime ta chanson... Que Sophia la chante.
SOPHIA, cJxintant.
L'âme comme un ciel limpide, ïlle vient d'avoir quinze ens.
Volez vers l'enfant candide.
Purs papillons blancs.
11 regarde l'ingénue Et lui fait baisser les yeux* Volez vers la vierge émue, Doux papillons bleus*
Il rend la fille amoureuse Et lui ravit son trésor.
Volez vers l'amante heureuse, fieaux papillons d'or.
Mais il part. Au cœur blessée.
Elle pleure tous les soirs.
Volez vers la délaissée, Lourds papillon! noirs*
BAZILIDE
L*air est voluptueux, mais ma tristesse empire*
Raconte-moi plutôt l'histoire du vampire,
Du jeune homme si pâle et cependant si beau.