ACTE II, SCÈNE IV 4f
CONSTANTIN
Un Turc ! Quoi I L*ennemi Parmi nous, dans nos murs, ose envoyer un traître I
MILITZA
C'est un Turc.
CONSTANTIN
Mais comment Tas-tu pu reconnaître?...
Es-tu certaine au moins?
MILITZA
J'ai d*abord hésité, Maintenant j'en suis sûre et c'est la vérité. C'est bien lui que j'ai vu là-bas, dans leur armée. Écoute. Quand, honteuse et misérable aimée.
Je subissais le sort d'où ta main m'arracha.
Le soir, pour se distraire, Othorgul, le pacha. Me faisait quelquefois danser devant sa tente. Avec le tambourin et l'écharpe flottante.
C'est auprès du lion que j'ai vu le chacal; Oui, près du chef, par lui traité presque en égal, En habits somptueux, à la meilleure place...
Ah I j'ai douté d'abord d'une pareille audace. Venir ici, braver U mort à chaque pas!
Je songeais : « Je me trompe. Un Turc n'oserait pas. » Mais j'ai bien observé le faux chanteur bohème. C'est l'homme que j'ai vu dans leur camp, c'est lui-même. Hier soir, — car toujours mon soupçon le guettait, ^ Se croyant seul, je l'ai surpris qui récitait Sa prière, tourné du côté de la Mecque.
Prends garde à luil prends garde ï ta marâtre jgrecquel Maître, sois attentif, veille sur ta maison f Car le chien du logis flaire une trahison.
CONSTANTIN
Merci... Mais le danger n'a pas tant d'importance. Une heure suffira pour dresser la potence.
Les Turcs verront de loin Tespion châtié; Et je vais...
MiLiTZA, V arrêtant.
Pas encore.
CONSTANTIN
Et pourquoi?
MILITZA
Par pitié, O maître, jusqu'au bout écoute ton esclave.
CONSTANTIN
Parle donc!
MILITZA
Cette main qui brisa mon entrave.
Lorsque je t'aurai dit mon soupçon plein d'horreur, Se lèvera sur moi peut-être avec fureur Et me fera rouler à tes pieds, abattue.
Laisse-la-moi baiser avant qu'elle me tue.
CONSTANTIN
Moi, te frapper I Comment? Et que soupçonnes-to?