ACTE II, SCÈNE IV
^ - I ^^^^^M^Mi 1 m^-a-m ■ ~ ■— i i i ■ ^
CONSTANTIN
Complice !... Lui!...
MILITZA
Je sais, je te mets au supplice...
IVîaîs songe donc. Toujours son désir le poursuit. N*est-il pas devenu sombre comme la nuit, Depuis qu'ils ont fait roi Tévêque à tête blanche? Si Michel voulait prendre à tout prix sa revanche?... Oui, naguère on vantait sa rude loyauté, Mais Bazilide est là, qui peut l'avoir tenté. Le poison est subtil et pénétrant que verse, Dans les heures d'amour, une femme perverse.
Crois-moi, la haine en lui fait son travail obscur; Et, comme la tempête envahit un ciel pur, On peut voir dans ses yeux, lentement amassées, Flotter l'orage noir des mauvaises pensées!
CONSTANTIN
Oh I tais-toi I... car j'entends — et j'en ai le frisson —
En moi-même un écho qui te donne raison...
Mon pèrel... C'est atroce I... Oh! soupçonner mon père!.. •
Tu connais le danger. Maintenant délibère Et décide. L'esclave a tout dit et se tait.
CONSTANTIN
Mon Dieu, je deviens fou!... Si cette chose était, Cependant?... Si mon père — oh! non, c'est trop infâme 1«^ Vendait ainsi son Dieu, sa patrie et son âme?
Lui, traître! Après trente ans d'honneur et de devoir!... Tout savoir, sur-le-champ! Oh! je veux tout savoir!
MILITZA
C'est aisé. Tous les jours, dans cette chambre close, Le prince vient après la chasse et se repose. Seuls, sa femme et Benko sont admis dans ce lieu.
EUê soulève u$u tapisserie et découvre un coin de mur oà we personne peut u cacher.
Eh bien, vois ce réduit...
CONSTANTIN
L'épier, moi!... Grand Dieul...
L'espionner!... Mais c'est pour le sauver peut-être. ..
Fanfares de chasse tris procJjcs.
Ces fanfares!... C'est lui!... Non, je veux tout connaître. C'est pour la foi du Christ et c'est pour mon pays. Et, qui que vous soyez, traîtres, soyez trahis 1
// se cache dirritre la tapisserie.
MILITZA, un nument seule.
Pauvre maître! La foudre à ses pieds est tombée... Mais l'esclave voit clair et ne s'est pas trompée.