LE GUETTEUR, /«« UN CHEVRIER
LE GUETTEUR, regardant un sablier à la lueur de la torche.
L'heure d'avant minuit... Tournons le sablier.
n retourne le sablier et le pose à terre.
Ah çà, mais ils ont l'air là-bas de m'oublier; Car, ordinairement, l'homme qui me remplace
6o POUR LA COURONNE
Arrive un peu plus tôt... Il fait un froid déglace... Bien sûr que, cette nuit, il va geler encor.
Apercevant le chevrkr qui paraît dans les roches^
Quelqu'un?... Ce n'est que toi, berger?
LE CHEVRIER
Bonsoir, Sandor
LE GUETTEUR
Bonsoir, Djoan.
LE CHEVRIER
Tu n'as donc pas fini ta garde?
LE GUETTEUR
J*attends mon remplaçant et je me plains qu'il tarde, Car le vent des glaciers vous pénètre la peau... Mais, toi-même, pourquoi laisses-tu ton troupeau?
LE CHEVRIER
Mon chien le veille et, va, la bête n'est pas sourde... Je reviens du torrent où j'ai rempli ma gourde.
LE GUETTEUR
Je songe — pour rêver j'ai le jour tout entier — Que nous faisons, ton chien et moi, même métier. Dormir le jour, veiller la nuit, tendre l'oreille, Ouvrir l'œil. La besogne est tout à fait pareille.
LE CHEVRIER
Oui, c'est juste. Le Turc est le loup, toi le chien.
Et Michel le berger... Mais il nous garde bien.
Le brave homme, et s'il dort, c'est la main sur ses armcî