‹ Pour la couronne: drame en cinq actes, en versChapitre 35 sur 65 · ACTE III, SCÈNE II 6ï · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II 6ï

OÙ donc en serions-nous sans ses bûchers d'alarmes ? Ahl c'est un chefl...

LE GUETTEUR

Pardieul C'est le grand Brancomirf N'importe... Le nouveau guetteur devrait venir, .-

Et c'est bien long, vois-tu, trois jours de solitude.

LE CHEVRIER

Dis donc, Sandor. Ma vie est encore plus rude. Ce soir, tu vas dormir au lit et manger chaud. Tandis que, tout l'été, je dois rester là-haut, Sans voir visage humain, tout seul, avec mes chèvres. Là, j'ai failli mourir quand j'avais pris les fièvres... Sans sacrement I... Enfin, on n'y peut rien changer... Résignons-nous. Adieu, guetteur.

LE GUETTEUR

Adieu, berger.

Lt betftr s'éloigne.

SCÈ^^E II

LE GUETTEUR, seul

Ce maudit froid me fait grelotter jusqu'aux moelles. Quel éclat singulier ont, ce soir, les étoiles I

On dirait des témoins ouvrant tout grands leurs yeux. Ma mère prétendait que les astres des cieux.

Qui peuplent de clartés la nuit bleue et profonde, Ont seuls pu voir, depuis les premiers jours du monde, Des forfaits inconnus, restés sans châtiment, Et qu'ils témoigneront, au dernier jugement.

Aussi, quand leur éclat est extraordinaire, — La solitude rend un peu visionnaire, — Il me semble qu'un crime est tout près d'arriver. Comme ils brillent ce soirl... A quoi vais-je rêver? Le ciel est pur, le vent du Nord a ce caprice. Voilà tout... Et c'étaient des contes de nourrice. Que me disait jadis ma mère en me berçant,

Michel Brancomir entre au fond, avec un bonnet et un manUm pareils à celui du guetteur.

Un homme. •• Ce doit être enfin mon remplaçant.

SCÈt^E III MICHEL, LE GUETTEUR.

LE GUETTEUR

^uî vive ?

MICHEL

Ami.

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