ACTE V, SCÈNE I lOf
Cette odeur de sang turc doit plaire à tes narines, Vieux Brancomirl
LAZARE
On leur a pris vingt couleuvnnes, Tous leurs charrois de guerre et plusieurs étendards. Trois pachas et six beys sont morts; et les fuyards Vont d*un train qui pourrait les conduire à la Meccjue.
OUROSCH.
Vive notre vieux Roi 1
LA FOULE
vive le saint Évêque 1
ANNA, à Ourosch.
Allons-nous le revoir bientôt?
OUROSCH.
Avant la i.uu,
ANNA
Quel bonheur!
OUROSCH.
Il revient triomphant, il nous suit, Et tout à rheure il va devant nous apparaître...
LAZARE
Et Ton va châtier ce Constantin, ce traître... Que ne suis-je bourreau pour le clouer en croix '
ANNA, montrant la prison à droite.
Chut!... C'est là sa prison!
lot POUR LA COURONNE
LAZARE
Pourquoi baisser la voix?
II est là?... Je voudrais qu'il m'entendît, l'infâme I Point de pitié pour lui 1
ANNA, lui montrant MiUt:(a dans son attitude navrée.
Non... mais pour cette femme.
LAZARE, reconnaissant Miîit:(a, Elle!
ANNA
Dans ce maudit par tous abandonné.
Son instinct ignorant plaint un infortuné; Sans patrie et sans Dieu, la fille de Bohême Souffre de voir souffrir le malheureux qu'elle aime, Et ne sent pas combien vile est sa trahison; Et depuis les trois jours qu'il est dans sa prison, Elle passe son temps accroupie à la porte.
Ainsi que tu la vois et comme à moitié morte... Sa douleur me fait mal.
LAZARE
Et que m'importe, à moi!
o u RO s c H , accourant du fond et d'une voix Joyeuse, Le Roil... Voici le Roi qui vient I
LA FOULE
Vive le Roil Fanfares.