Pensées d'un homme a* Etat, p
pasteur des steppes, a pour capital son troupeau ; seulement le troupeau de l'un se compose d'électeurs, et celui de l'autre, de quadrupèdes 1 . Qu'on ne dise pas qu'avant de pouvoir ainsi disposer d'un troupeau d'hommes, on doit l'avoir gagné par le zèle qu'on a déployé pour le bien public. Les hommes qui brûlent de zèle désintéressé sont rares, et en général ils ont horreur de la vilaine besogne électorale nécessaire pour obtenir la faveur populaire, mais à laquelle on ne peut toucher sans se salir 2 , ce Les élections sont affaires d'art ; ainsi que l'art militaire, cet art a sa tactique et sa stratégie. Le candidat n'a pas de rapport immédiat avec ses électeurs ; il y a entre lui et eux un intermédiaire, le comité, institution irrégulière, aux droits et aux pouvoirs usurpés, dont l'impudence est la principale ressource 3 . » Dans le parlement « un chef de parti doit avant tout être doué d'une volonté puissante. C'est une qualité naturelle pareille à la force physique, et qui ne suppose pas, inévitablement, les qualités morales. Un homme d'un