Pensées d'un homme d'Etat, p
esprit très borné, égoïste et méchant, aux penchants bas et malhonnêtes, mais doué d'une grande force de volonté, pourra devenir chef de parti et comme tel marcher à la tête d'une fraction de rassemblée ou de rassemblée tout entière, qu'il dirigera et dominera, malgré la présence dans cette assemblée d'hommes infiniment supérieurs par les qualités de l'esprit et du cœur. » L'éloquence aussi, cette force décisive dans un tel milieu, ce ne suppose ni un grand caractère moral, ni une haute culture intellectuelle... La réunion de ce don à toute la plénitude des forces intellectuelles est un phénomène d'une rareté excessive dans la vie parlementaire 1 . 5> Qu'on n'invoque pas non plus l'exemple de l'Angleterre et du succès qu'y a eu le gouvernement parlementaire. En effet, le système représentatif s'y est établi à la faveur de circonstances qui ne se sont retrouvées nulle part ailleurs. En particulier, il faut tenir grand compte de l'administration locale, très développée, à laquelle les administrés ont part, et qui supprime la nécessité d'une nuée de fonc-
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tionnaires de l'Etat, instruments serviles du pouvoir central 1 . Là où ces conditions font défaut, là surtout où existe une classe nombreuse de fonctionnaires, engendrant le fonctionnarisme et induisant les citoyens à mendier, pour en faire leur gagne-pain, les places et l'avancement auprès de ceux qui détiennent le pouvoir, là où la funeste habitude de regarder à l'autorité centrale pour attendre d'elle le remède à tous les maux conduit fatalement aux doctrines stu-
pides du socialisme d'Etat, le parlementarisme calqué sur les institutions anglaises a misérablement échoué. Bien plus, « même dans leur patrie d'origine, en Angleterre, les institutions représentatives sont entrées dans une période critique de leur histoire. Le principe essentiel de cette représentation y a déjà subi une modification changeant radicalement son esprit 2 . » Beaucoup de personnes comptent sur la presse et sur l'école pour apporter le remède à ces défauts. Mais que donnent-elles? Est-ce que la presse a répondu à ce qu'on attendait d'elle, comme instriictrice de l'opinion publique ?