Élenew, Les Prétentions.., p. 103 et suivantes
par les Suédois, tenta sérieusement, et pendant quelque temps non sans succès, de défendre ses foyers; mais le sort des armes tourna en août et septembre tout à fait en faveur des Russes. Affaiblie par des défaites sensibles, épuisée par les privations durant des mois de séjour dans d'inhospitaliers quartiers d'hiver, l'armée principale des Finlandais déposa les armes à Kalix le 25 mars 1809. Des bandes éparpillées soutinrent encore la lutte jusqu'en juillet ; mais la résistance était brisée, et le traité de paix de Frederikskamn, conclu le 17 septembre, ne fit que constater et confirmer le nouvel état de choses déjà créé par la force des armes.
a Que contenait donc ce traité ? L'article 4 est décisif. Il porte : « Les gouvernements (finlan- « dais), avec tous les habitants, villes, ports, <c forteresses, villages et îles, ainsi que les dé- « pendances, prérogatives, droits et émolu- <c ments, appartiendront désormais en toute pro- « priété et souveraineté à l'empire de Russie et (( lui restent incorporés. » C'est la clarté même. L'empire russe devenait dans la personne de son Tsar propriétaire et souverain de la Finlande.
Celle-ci était devenue une province, partie intégrale du grand tout '.
€ Sans doute, outre l'article 4, il y a un article 6, ainsi conçu : € S. M. l'empereur de « toutes les Russies ayant donné déjà les « preuves les plus manifestes de la clémence et « de la justice avec lesquelles Sa Majesté a résolu « de gouverner les habitants qu'elle vient d'ac- « quérir, en les assurant généreusement et d'un <r mouvement spontané du libre exercice de leur « religion, de leurs droits de propriété et de leurs <c privilèges, S. M. suédoise se voit par là dis- <t pensée du devoir, d'ailleurs sacré, de faire des a réservations là-dessus en faveur de ses anciens a sujets. y> Cet article se rapportait à un interlude qui s'était produit pendant que la guerre sévissait encore en Finlande, interlude auquel les savants, les jurisconsultes et les hommes d'Etat en espérance d'Helsingfors attachent une importance extrême. Ils ont tort. Rendons à ce fait ses véritables proportions.
« Au début déjà des hostilités, le 5-17 juin 1808, le Tsar avait promis dans un manifeste