‹ Pour la FinlandeChapitre 49 sur 78 · J. R. Danielson, Finnland's Vereinigung, p · texte numérisé non relu

J. R. Danielson, Finnland's Vereinigung, p

LES PLAIDOYERS. m

inscrites dans les cœurs finlandais, plus indélébiles que dans les archives ou sur les murs des églises du pays. — Une cinquième falsification aurait consisté à mettre le mot de constitution au singulier au lieu du pluriel russe, avec l'intention de créer l'apparence que le Tsar avait accepté de ne posséder en Finlande qu'une souveraineté limitée sur le modèle suédois. Mais cette accusation est anéantie, non moins que la quatrième, par le fait que ce singulier si trompeur se trouve dans le texte français du discours de bienvenue du Tsar aux États de la diète, et de nouveau dans le protocole réglant les cérémonies du grand jour de la prestation du serment. A cela se joint que le président de Tordre des paysans avait commis la même trahison dans son allocution dans la cathédrale, allocution dont la traduction en français avait d'avance été soumise à Sa Majesté et approuvée par elle. — Enfin, en sixième lieu, on s'était rendu coupable de présenter la lettre patente comme un acte de sûreté, ravalant les paroles prononcées librement par grâce impériale, au rang d'un contrat analogue à celui que Gustave III avait conclu avec ses États sous le même nom à' acte

de sûreté. Mais cette dernière insinuation est à son tour mise à néant par le fait que le protocole du cérémonial à suivre mentionnait la pièce en question sous le nom d'acte de confirmation l , et de plus, que le manifeste lancé par Alexandre lors de son départ rappelait la publication de notre document en rappelant un acte solennel dans lequel Sa Majesté avait voulu confirmer et assurer le maintien de la religion, des lois fondamentales, etc. Que Ton veuille bien, pour se rendre compte de la valeur de la <c découverte » de M. Ordine, relire avec attention le texte de cet adieu d'Alexandre à la Finlande, où il est de toute évidence que Ton a voulu paraphraser le document qui nous occupe. Il n'y a pas moins de trois des falsifications dont on accuse les traducteurs qu'Alexandre luimême y a justifiées à l'avance, comme s'il avait eu un pressentiment prophétique des calomnies dont ses fidèles Finlandais seraient victimes quatre-vingts ans après les événements qui se déroulaient devant lui. Il faut que l'historiographie russe soit terriblement pauvre pour

i. J. R. Danielson, Finnland's Vereinigung, p. 134.

qu'un général, qui est au courant, puisse appeler les « découvertes » de M. Ordine un « apport a grandiose » !

ce Que veut donc dire ce qui s'est passé à Borgà? Quelle est, spécialement, la portée de la promesse rédigée en russe par Alexandre luimême, puis lue par Sprengtporten lors de la cérémonie de la cathédrale, en une traduction, libre il est vrai, mais de tous points conforme aux sentiments de l'empereur? La voici : l'empereur a voulu en ce moment-là même, sans attendre que la paix fût conclue, nouer le lien politique qui devait exister entre lui et les habitants du pays, lesquels, quinze jours avant son arrivée, avaient été relevés de leurs anciens devoirs de sujets par une révolution de palais qui avait éclaté à Stockholm 1 . Comment sans cela pourrait-on comprendre qu'il ait dit de la diète de Borgà qu'elle ferait époque dans l'existence politique des Finlandais ? Ou bien encore ' que la prestation du serment avait « consacré n les liens qui l'unissaient aux Finlandais »? Et ensuite, qu'impliquaient les nouveaux engage-

Page 1