Réponses des États, 1900. Première réponse, p
n8 LE CONFLIT FINLANDAIS.
et Walpole lui servait de bon punch et de mauvais latin. Mais quelqu'un a-t-il jamais prétendu qu'il n'était pas lié par son serment à la constitution, parce que la traduction latine de la formule avait laissé à désirer 1 ? Mais indépendamment de ces considérations, ce que l'on avance n'est pas vrai. Des Finlandais influents s'étaient donné beaucoup de peine pour renseigner l'empereur. Par exemple, le baron Mannerheim avait dans une lettre au ministre Saltikoff exposé en tout autant de termes pour quels objets le souverain avait besoin de la collaboration des Etats de la diète d'après les lois fondamentales suédoises. Un fonctionnaire de ce ministre, très versé dans le droit public suédois, avait couché par écrit tout ce qui était essentiel pour informer le Tsar. Rehbinder, qui s'acquit la confiance impériale durant les longues années où il a occupé le poste de secrétaire d'État pour la Finlande, avait aussi donné dans le même but un mémoire étendu 2 . Mais ce qui rend la discussion superflue, c'est qu'Alexandre a montré qu'il savait ce qu'il voulait et qu'il
i. J. R. Fisher, Fini and and the Tsars, p. 43, 44.
2. J. R. Danielson, Finnland's Vereinigung, p. 106, 186 et suiv.
avait compris ce qu'on lui avait dit. Il n'aurait pas pu montrer plus clairement par ses actes qu'il prenait au sérieux l'existence indépendante de la Finlande à côté de l'empire, qu'en ordonnant au gouverneur général Sprengtporten, comme il le fit encore avant son départ pour Borgà, de lui adresser directement ses rapports et ses propositions, sans les faire passer par les mains des ministres de l'empire 1 . Alexandre n'aurait pas pu prendre parti plus carrément dans la lutte actuelle entre les Finlandais et le parti panrusse, que lorsqu'il écrivit le 14/26 septembre 18 10 dans un rescrit secret au gouverneur général Steinheil ces mots : « En réglant <r la situation de la Finlande, j'ai eu l'intention « de donner à ce peuple une existence politique, <( de telle sorte qu'il ne se regarde pas comme « conquis par la Russie, mais comme attaché à <c elle par le lien de ses intérêts évidents ; c'est « pourquoi, non seulement ses lois civiles, mais <t encore ses lois politiques ont été mainte- « nues 2 y>. Il n'aurait pas pu formuler plus nettement les droits principaux garantis aux Finlan-