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L'ARGUMENT DE PARTI

"Vos protestations et vos luttes font le jeu de Laurier."

Armand, vous rappelez-vous, en 1905, quand les rouges nous disaient: "Mais vous faites l'affaire de Borden?"

La comédie politique offre, en vérité des rapprochements et des contrastes étranges!

On entend tour à tour les "rouges"1 •et les "bleus" employer exactement le même langage, les mêmes arguments, pour justifier les mêmes fautes, les mêmes reculades, les mêmes trahisons, après se les être reprochées mutuellement.

Messieurs, ne trouvez-vous pas, comme moi, que la crainte de "faire l'affaire" de M. Borden n'était pas une raison suffisante pour empêcher M. Laurier de faire son devoir en 1905? et que la crainte de "faire l'affaire" de M. Laurier n'est pas une excuse valable pour que M. Borden et ses collè-

gues ne fassent pas leur devoir en 1912?

''Mais c'est la faute de Laurier ; c'est Laurier qui, en 1896, a mis fin pour toujours aux droits des minorités dans l'ouest."

C'est bien ici le moment de rappeler aux ministériels l'opinion qu'exprimaient, mardi, MM. Monk et Pelletier:

La question des écoles du Manitoba et celle du Kéwatin sont entièrement distinctes. C'est surtout le moment, pour les conservateurs "de tradition", les "bons vieux bleus", toujours fidèles "au parti", de se rémémorer tout 3e qu'ils ont dit depuis quinze ans du "traître Laurier" et de son "infâme abandon " des droits de la minorité manitobaine.

Invoquer aujourd'hui cet "infâme abandon" afin d'en justifier un semblable, — condamner le premier "crime parce qu'un "rouge" l'a commis, et absoudre le seconu parce qu'il serait l'oeuvre des "bleus" — tout cela peut être conforme à la logique des "grands partis", à leur code d'honneur, à leurs notions du devoir.

Mais je veux espérer que l'opinion de mon pays et de ma province n'en est pas encore rendue là. (Applaudissements).

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