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BRITANNIQUES ET FRANÇAIS

Britanniques, nous le sommes autant que n'importe quelle autre race du Canada. Nous ne le sommes pas par 'e sang et par la langue, mais nous le sommes par la raison et par la tradition.

Ces institutions britanniques, ce n'est pas la conquête qui les a faites nôtres, ou du moins ce n'est pas une seule conquête. Il y a huit cents ans, des hommes qui parlaient notre langue et dont les veines renfermaient le même sang que celui quî coule dans les nôtres, sont allés allier leur gérAe à celui des angl os-saxons. De cette alliance anglo-normande sont sorties ces institutions magnifiques qui nous sont revenues ici sept cents ans plus tard. ( Applaudissements ) .

A ces institutions, personne n'est plus attaché que nous; mais nous ne sommes pas des chiens rampants; nous ne sommes pas des valelts; et, après cent-cinquante ans de bons et loyaux services à des institutions que nous aimons, à une Couronne que nous avons appris à respecter, nous avons mérité mieux que d'être considérés comme les sauvages des anciennes réserves, et de

nous faire dire: "Restez dans Québec, continuez d'y croupir dans l'ignorance, vous y êtes chez vous; mais ailleurs il faut que vous deveniez anglais."

Eh bien, non, Français, nous avons le droit de l'être par la langue; catholiques, nous avons le droit de l'être par la foi; libres, nous avons le droilt de l'être par la constitution; Canadiens, nous le sommes avant tout; britanniques, nous avons autant le droit de l'être que qui que ce soit. Et ces "droits" nous avons le droit d'en jouir dans toute l'étendue de la Confédération. C'est en invoquant ces droits, c'est au nom de la force du droit, de cette force qui sLit se faire respecter, parce qu'elle sait à la fois se contenir et s'affirmer, que je vous demande de faire entendre à Ottawa, non pas une voix violente, non pas une voix de colère, mais une voix d'autorité; une voix qui commande, parce qu'elle a le droit d'ordonner et de dire à ceux que vous avez élus, à quelque parti qu'ils appartiennent: Votre devoir, quelles que soit les intrigues des partis et les arguties des légistes, votre devoir c'est de faire ce qu'ont fait, il y a trente-sept ans, les hommes qui ont fondé le droit; à vous de le maintenir.

Messieurs, j 'ai l 'honneur de vous soumettre le voeu suivant:

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