‹ Pour la patrie [microforme]Chapitre 61 sur 69 · RE · texte numérisé non relu

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tous les doutes sur la réalité de la vie future qui hantaient mon esprit se sont évanouis à l'instant. Mais ce n'était pas là la foi qui sauve. À mesure que la lumière se faisait dans mon intelligence, mon cœur semblait s'endurcir davantage, le voile s’épaississait toujours. Si ta fille était restée en vie, je serais sorti d'ici aussi croyan£ que toi, mais nullement converti. Pour que tu aies pu renoncer au bonheur de garder ton enfant, il a fallu qu’un fleuve de grâce se répandit sur toi. Je l'ai senti. (C'était comme un torrent qui, après avoir rempli ton cœur, s'est débordé sur le mien. Ce torrent m'entraînait, et, cependant, j'aurais pu résister. Je n'ai le mérite que de m'être laissé emporter. Mon cœur s’est subitement amolli, le voile s’est déchiré. Me voici on seulement croyant mais converti, c'est-àdire voyant le ciel et voulant y arriver. Ta sublime abnégation a été l'instrument. dont Dieu s’est servi pour faire de moi un disciple de Celui qui a exaucé ta prière et à Qui tu as librement sacrifié ton dernier bonheur ici-bas.

Les deux amis s’embrassèrent longuement.

Le Père Grandmont s'étant approché d'eux, Vaughan lui dit :

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—Mon père, je vous répète les paroles que l’Ethiopien dit à saint Philippe sur la route de Jérusalem à Gaza : “ Qu'est-ce qui empêche que je ne sois baytisé ? ” k . —Et moi, fit le religieux, je répondrai avec

saint Philippe : “ Cela se peut, si vous croyez

de tout votre cœur.”

—‘ Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu ” répondit Vaughan, comme avait répondu deux mille ans auparavant le ministre de la reine Candace.

Le Père Grandmont interrogea le jeune Anglais et s’aperçut bientôt qu'il était parfaitement instruit de la religion.

Dans la chapelle du couvent, le vénérable religieux versa sur le front du converti l’eau sainte du baptême. Larmirande servit de parrain. à son ami, la sœur Antonin, de marraine. Ce fut un spectacle bien touchant : Ce ministre de Dieu dont le beau visage encadré de cheveux argentés s’illuminait de joie; ces deux hommes d'âge mûr graves et recueillis ; les religieuses dans leurs stalles, immobiles sous leurs grands voiles blancs ; l'autel où brillaient mille cierges comme en un jour de fête ; tout

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