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POLITIQUE NATIONALE DE LA RÉPUBLIQUE LES PRINCES D'ORLÉANS

Des ffHes avaient été organisées au Puy, le 7 septembre 1883, pour l'inauguration de la statue du général La Fayette. M. Waldeck-liousseau y repiésenla le Gouvernement. Dans un premier discours, il fit l'éloge de La Fayette et traça le devoir de la démocratie*. Ensuite, au banquet qui terminales fêtes, il démontra que la politique de l;i Hci)iiLilique était non seulement rationnelle mais nationale, et, faisint allusion aux déchirements des partis monarchistes désunis par la mort Hu comte de Cliamborci, décédé le mois précédent, il affirma que les institutions républicaines pouvaient mépriser les prétentions des princes d'Orléans.

Messieurs, et je crois pouvoir ajouter après cette journée : mes chers amis, M. le sénateur Vissaguet disait tout à l'heure, avec raison, que je devais emporter de cette solennité un souvenir bien profond; j'ajoute un souvenir bien ému. J'ai, en effet, été profondément touché de l'accueil si bienveillant et si amical que vous m'avez fait. Je le dois sans nul doute aux excellents amis que je comptais déjà parmi vos représentants dans le Parlement. Ils m'auront donné à vos yeux les qualités que leur amilié veut bien m'attribuer.

Il y aurait certainement beaucoup à rabattre de ces éloges. Mais s'ils vous ont dit que, fils d'un républicain

1. Voir le volume intitulé : Politique française et élranfj'ere, page 470.

PULITHJLE NATIONALE UE LA HEl'LBLlOUE J

de 1848, que quelques -uns d'entre eux ont connu, je n"ai jamais eu d'ambition plus chère que de donner à la République de 1848 cette revanche : la République défmitive, je vous demande comme la plus préiieuse des récompenses de ne rien retrancher à ce témoignage. [Très bien! Très bien! — Applaudissements.) Je ne vois pas ailleurs que dans les institutions républicaines un système plus parfait, un assemblage plus ingénieux des pièces dont se compose un gouvernement; dans Tétat actuel de nos mœurs, de notre civilisation démocratique, avec le besoin de justice, avec la connaissance de nos droits et de nos devoirs auxquels nous sommes parvenus, la République m'apparait comme la garantie nécessaire de ces droits, comme la forme nécessaire de tout gouvernement durable, comme la condition première, comme la condition souveraine de, toute prospérité, de toute grandeur et même de toute sécurité pour la France.

Ce n'est plus là, messieurs, une opinion particulière, une opinion individuelle; c'est, j'ose le dire, l'opinion du pays tout entier, et c'est ce qui explique ce mouvement électoral toujours plus décisif, plus éclatant, à chaque consultation et à chaque épreuve.

Nos adversaires cherchent les explications les plus ingénieuses pour justifier leurs défaites. {Rires.) Il en est une que je leur livre : c'est que, par les exemples que nous avons donnés, il est arrivé que, derrière nous, sont venues des générations nouvelles profondément imbues des sentiments républicains. Et, quand on demande, avec cet amer esprit de critique qui, laissez-moi le dire, n'est, le plus souvent, qu'une des formes d'une impuissance et d'une stérilité irrémédiables {7'rè.s- bien! Très bien! Bravos)] quand on demande, dis-je, à ceS' républicains qui, partis de

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points divers de notre horizon politique, comme Jouve, comme Vissaguot, comme Mîiigne, comme Edmond do La Fayette, se sont rencontrés dans une même |)ensée d'union; quand on leur demande ce qu'ils on l'ait, ce qu'ils ont produit, ils peuvent répondre qu'ils ont, par une propagande que rien n'a découragée, par une éducalion rationnelle et progressive, constitué enfin un pays républicain, non plus par sentiment, mais par raison, non plus par instinct mais par logique; ils peuvent répondre qu'ils ont conduit la Révolution, d'étape en étape, jusqu'à ce point décisif : la consécraiion des institutions républicaines par l'adhésion du pays tout entier. {Assentiment unanime et applaudissements prolongés.)

C'est ce qui fait que, dans une journée comme celleci, où nos souvenirs se reportent si naturellement vers la Révolution, nous, les humbles héritiers des hommes de cette grande époque, nous pouvons sans trouble tourner notre pensée vers eux et leur dire : Vous nous aviez ouvert la voie, nous l'avons suivie; vous aviez fait la Révolution, nous avons fait la République. [Salve d' applaudissements.)

Il a surgi, messieurs, — c'est là un des secrets de l'opportunisme, c'est là le résultat de dix années de patience et d'attente {Oui! Oui! C'est celai), — toute une jeune et nouvelle armée politique où l'on est républicain comme on est capable, comme on est majeur, comme on est homme. Dans ce pays, la République a désormais jeté des racines si profondes qu'on ne pourrait plus l'ébranler sans l'atteindre pour ainsi dire jusqu'à son sous-sol, comme on n'arrache pas un arbre qui a grandi sans détruire en même temps tout ce qui croissait, tout ce qui florissait et tout ce qui mûrissait à son abri. [Vioe approbation.)

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