‹ Pour la RépubliqueChapitre 13 sur 82 · POLITIQUE NATIONALE DE LA RÉPUBLIQUE S · texte numérisé non relu

POLITIQUE NATIONALE DE LA RÉPUBLIQUE S

C'est cette oeuvre d'éducation qui est, à mon sens, le résultat décisif des travaux, des efforts auxquels je faisais allusion, et c'est là, peut-être, ce qui a manqué à la première Révolution.

Ne vous êles-vous jamais demandé, messieurs, comment ce gigantesque effort de 1792. comment cet immense mouvement révolutionnaire, que rien ne semblait pouvoir enrayer, avait été suivi de plus d'un demi-siècle de monarchie?...

Pendant dix ans on a le spectacle d'un peuple qui multiplie les prodiges, qui vit dans une perpétuelle improvisation de génie, qui, chaque jour, crée des armées, produit des législateurs, supprime desabus, décrète des réformes : c'est comme une coulée puissante que rien ne semble pouvoir arrêter, puis, un jour, un demi-bataillon envahit une Assemblée de législateurs, et nous avons l'Empire, la Restauratim, l'Empire encore, la monarchie, en un mot, à peine troublée par quelques conspirations militaires. Le recul est si considérable, qu'à cette époque le libéralisme semble le monopole de quelques officiers de l'Empire en demi-solde, et que la Révolution de 1830 paraît être pour un instant (mais on se ravisera plus tard) la suprême revanche de la liberté. {Adhésion générale et applaudissements.)

Comment cela a-t-il pu se produire ? Messieurs, j'y ai souvent réfléchi et je n'en ai jamais trouvé qu'une explication ; c'est que, par la force même des circonstances, cette Révolution, sans cesse menacée de toutes parts, dut nécessairement s'adresser plutôt aux passions des hommes qu'à leur raison; c'est qu'à ce peuple, que l'agitation de la place publique et le péril des frontières avaient pris tout entier, elle ne put donner celte éducation politique qui seule permet de

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se garder contre les surprises ou les défections plus d.ingereuses que les coups do force, car dans ceux que nous avons subis, il faut avoir le courage de le dire, une part de rcsponsabililé incombe à la défaillance du peuple. (Marques d'assenlimi'nl.)

Eh bien! notre œuvre, pour ne point apparaître avec le caraclère grandiose de la première Révolution, aura, j'en ai la conviction, le mérite d'être une œuvre durable, et, si les hommes qui ont attaché leur nom à celle genèse de dix années ont le droit de ressentir quelque orgueil, c'est pour avoir eu. dès l'origine, un objectif précis, envisagé non comme possible ou même comme meilleur, mais comme nécessaire; — c'est pour avoir compris que rien ne serait fait dans ce pays, où tant de régimes divers ont laissé de si nombreux germes d'opposition, aussi longtemps qu'on n'aurait pas assuré à la République le contingent décisif et chaque jour plus nombreux des générations qui allaient naître à la vie politique. (Applaudissements unanimes.)

C'est aussi, plus encore peut-être, pour avoir dit et proclamé qu'il ne servirait de rien d'avoir renversé l'Empire, de mettre en échec toutes les réactions, qu'il ne suffisait pas que la République tût la négation d'une tvrannie et qu'il fallait encore qu'elle fût l'affirmation d'un Gouvernement. Oui, d'un Gouvernement plus durable, d'un Gouvernement présentantplus de garanties d'ordre et de stabilité, puisant dans ses origines plus de force qu'aucun autre Gouvernement, i Très^ bien! 1res bien !. — Applaudissements prolongés.)

Et ce n'est pas seulement parce que, à mon sens au moins, dansun Gouvernement débile, incertain, indécis, flottant, une démocratie résolue, robuste comme la nôtre, ne reconnaîtrait pas son image [Adhésion générale et applaudissements) : c'est parce que, dans ce

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