LETTRE,DU PERE GILDAS, O. C. R
M. l'ABBE ARTHUR MELANSON, Curé de Balmoral, N. B.
| Monsieur l’Abbé,
| En me soumettant ces nouvelles pages
tombées de votre plume féconde d’apôtre de l la colonisation et de l’agriculture, vous m'avez demandé de les présenter au public. C'est un honneur auduel je n'ai as- 4 surément d'autre titre que celui d'appartenir à un Ordre religieux dont les travaux agricoles sont une des principales obligations, car, dans la République des Lettres, je ne saurais me prévaloir d’aucune compétence pour apprécier votre oeuvre. Cependant, après l’avoir lue avec autant de
plaisir que d'intérêt, je m'estime heureux d'en connaître l’auteur pour le remercier et le féliciter,
Les éloges si honorables que vous a valus et le succès qu'a obtenu du public votre précédent ouvrage: Retour à la terre“, sont la meilleure présentation de ce nouvel opuscule qui aura sa place marquée parmi les livres de Propagande que les amis de la cause agricole auront à coeur de répandre autour d'eux, afin d'enrayer de plus en plus le fléau de l’'émigration devenu plus que jamais un danger national,
L'émigration, voilà le mal extérieur contre lequel vous vous efforcez de mettre en garde nos jeunes gens en proie à l’esprit d'aventure et tous ceux que décourage l’improductivité de leur terre, qui n’a d' autre cause que l'emploi de méthodes rou-
tinières ne répondant plus aux besoins du sol.
ureux Mais il y a un autre mal, que j'appel-
lerai intérieur, non moins préjudiciable à lia santé religieuse et nationale de notre
ler et
JUS a # peuple, et vous n'avez pas craint de diriger C vo- contre lui le feu de vos batteries. Ce mal re”, intérieur, destructeur du foyer, c'est le duve! # chantier, dont le grand „foreman“ est le armi Pourvoyeur intéressé, le vampire qui, pende la # Cant l'été, parcourt, très affairé, nos vil-
ndre lages, à la recherche de proies faciles à dé-
plus vorer pour son hiver. Vous avez mille fois e ja- raison de le combattre, Monsieur l’Abbé, car le chantier, loin d’être rémunérateur, leur est encore moins moralisateur. Dans ces ttre groupements humains de la forêt, nos l’es- # tout petits jeunes gens surtout ne renconura- trent pas que des héros de vertu.
n’a Par contre, on aime à vous suivre dans rou- votre promenade instructive à Saintdu ö Damien de Buckland, où vous 1ous faites
admirer l’oeuvre merveilleuse de M. le Cha-
Hal:
N 8 ? Rd
Aber bac
noîne Brousseau et de ses Petits Frères de Notre-Dame des Champs, et avec vous, on salue avec respect ces hommes qui, incarnant le vrai patriotisme, ont entendu le cri de la terre, qui est la voix de Dieu. On sent combien vous seriez heureux de voir se renouveler les mêmes merveilles sur vos belles terres du Restigouche.
Je m'arrète, car qui ne sut se borner ..
Ces pages volantes que vous avez écrites au courant de l’inspiration et de la plume, et auxquelles ne manque pas le sel gaulois, seront comprises et méditées; la forme et le style populaire dont vous avez revêtu les plus graves pensées les feront plus facilement pénétrer dans le milieu auquel elles s'adressent. Encore une fois, Monsieur l'Abbé, vous avez fait non-seulement oeuvre de prêtre soucieux du bien spirituel et temporel du peuple, mais oeuvre de patriote
pour qui la colonisation et l’agriculture
es de is, on ncarle eri sent se res bel- :
er...
crites lume, ulois,
ne et tu les acileelles sieur!
euvre
temtrlote
sont les principaux facteurs de nos destinées nationales. Ce double apostolat, du reste, convient admirablement au curé d’une paroisse placée sous le patronage de saint Benoît, patriarche et législateur des Moines d'Occident qui ont défriché le sol de la vieille Europe. C'est pourquoi le plus humble de ses fils, en vous félicitant d’avoir fait un bon et beau livre, vous remercie de n’avoir point douté de l’affectueux intérêt qu’il vous porte ainsi qu’à toutes vos ceuvres.
F.-M. Gildas, Ptre, O. C. R.
Rogersville, N. B.
Le 21 mars, 1918.
En la fête de saint Benoit, Abbé