AU LECTEUR
ö Les fêtes du troisième centenaire de É l’arrivée de Louis Hébert au pays, a donné | un regain de ferveur à la cause agricole.
Puisse cette ferveur se maintenir et se développer! Le bronze qu’on élèvera à la mémoire du premier défrirheur canadien et à la gloire de l’agriculture dirait peu de chose, M en effet, si nous ne savions mettre à profit 1 les leçons fortes, pratiques et durables qu'il
nous donnera: leçons de courage perséve-
rant, d'énergie indomptable, de foi et de confiance innébranlables dans la noble et sainte carrière agricole.
C’est pour apporter ma petite contri-
4 bution à l’oeuvre commune que j'ose livrer
au public cette nouvelle brochure, feuilles
volantes écrites sous l'inspiration du moment et qui n’ont d' autre mérite que d'etre composées par un amant passionné de la 4 Grande-Amie, amie de tout le monde.
Aussi, la sincérité avec laquelle j'y f prêche et défend sa cause me fait-elle espé- 4
rer la bienveillance et l’indulgence du lec- 1 teur.
r Ki dl +
“Tes ans sont au passé, (Hébert), les miens Ë à l’avenir, 9
Mais de ton saint labeur, ma jeunesse est f éprise.
De mon âme, ton âme héroïque est comprise,
“Et nos rêves, de loin, peuvent se réunir...
(1) Par nos champs et nos rives, page 87, Blanche tagne.
La fête religieuse du troisième centenaire de Louis ! Hébert eut lieu à Québec, le 4 septembre dernier; l'érec- 4 tion du monument en son honneur et à la gloire de l'Agriculture, pour des raisons incontrôlables, fut remise à ! ans 1918. A cette occasion, la vieille cité de
plain ouvrira toutes pu ses aux nobles !
1 descendants d'Hébert, et l'événement ra lieu à des 1. fêtes splendides.
Les épis chuchottent.
ö Paul s’en allait à grands pas, sous le peau soleil de mai, et de sa main calleuse de blé ‘ombait, tombait toujours sur le sil- 5 on que le soc avait remué.
| —Arrête prodigue. C’est ton meilleur oment. Conserve-le dans tes greniers ou onvertis-le en pain pour ta famille, pour es enfants Non, laisse-moi faire. Rien n'est erdu. Ce grain mourra sans doute, mais le la mort Dieu saura le faire revivre. II n'est que prêté à la terre. La main divine jui le fera germer saura me le rendre au
Que craindrai-je encore? puisque je sème et je prie, je sème et j'espère, je sème
et j'attends?
— Quelle dure corvée tu fais là tout de même? Labeur ingrat, crois-moi.
—Rien sans peine. Mon travail ser vira à quelqu'un. Je pense à tous ces petit:
qui, demain, me demanderont du pain, et je me dis en moi-même: pauvres, indigent:
et même rois de la terre, c'est pour vou:
que je sème, voici le pain que je vous don ne.. . et qui sait, 6 mon Dieu, si ce fromen ne deviendra pas la victime de nos autels le pain des anges, l’aliment des âmes !
Et Paul continuait....Sa main plon