‹ Pour les Aveugles! Discours Prononcés aux Assemblées Générales de L'Association Valentin Haüy Pour Le Bien Des Aveugles De 1897 a 1907Chapitre 22 sur 29 · Requiem!... Mon Franc-Parler, 3" série · texte numérisé non relu

Requiem!... Mon Franc-Parler, 3" série

60 François Coppée et les Aveugles.

Toussaint qui balaies toutes les impuretés! Débarrasse la source de cette dépouille flétrie et m "y laisse boire! Oui, que je me désaltère, car j'ai soif d'espérance! Que cette eau délicieuse me rende la foi naïve de mes quinze ans, la foi sereine, exempte de terreurs et de superstitions ! Qu'elle me permette de croire encore que mes bien-aimés ne sont pas anéantis à jamais, qu'ils m'attendent dans la lumière, et que cette mort, dont cbaque minute me rapprocbe, n'est pas le repos dans les ténèbres, mais un repos divin, le repos dans la certitude, où nous saurons enfin ce que c'est que le bonheur et ce que c'est que la justice!

Mais, depuis 1897, sincèrement et complètement revenu à la foi de son enfance, Coppée était assidu aux offices de Saint-François-Xavier où il avait sa place, égrenant son chapelet comme le plus humble des paroissiens. Il aimait à y entendre Adolphe Marly, l'excellent artiste aveugle qui continue la tradition des grands organistes chrétiens. Et le 20 mai, lorsque son cercueil fut déposé là, au milieu de cette nef, pour y recevoir une suprême bénédiction, les aveugles étaient représentés parmi les choristes chantant les belles prières liturgiques dont il a dit ;

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Moi, j'écoutais les clinnts i, les admirables prières, dans lesquelles revenaient à (•lia([ue instant le même mot : Requiem... Requiem œternam... sempiternam...

Le Repos!

Quelle est touchante, — et quelle est profonde, — cette pensée de l'Eglise chrétienne qui, lorsqu'elle prie pour les morts, supplie Dieu de leur accorder aA'ant tout et surtout, le repos! Quelle sagesse! Quel juo^ement définitif porté sur la vie, où tout — même ce que nous appelons le bonheur — est une fatigue!

Dans l'église envahie longtemps avant Iheure de la cérémonie et plus comble qu'aux plus grands jours de fête, toute une chapelle avait été réservée aux aveugles et à leurs amis, les membres de l'Association Valentin Haiiy. A la sortie, sur cette même place où Ion a l'heureuse idée d'ériger un monument au grand poète devenu un grand chrétien, le drapeau et la music|ue du régiment venus pour lui rendre les honneurs militaires — les seuls qu'il n'ait pas refusés — ont salué son cercueil... C'est là que, aveugles et clairvoyants, nous nous sommes groupés pour accompagner notre Président aimé jusqu'au « Champ d'Asile ».

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