‹ Pour les enfantsChapitre 15 sur 52 · LE LIEVRE GRIS · texte numérisé non relu

LE LIEVRE GRIS

Un lièvre gris vivait, pendant l'hiver, près du village.

Un soir, comme la nuit tombait, il dressa une oreille, écouta, dressa Tautre, remua ses moustaches, flaira et s'assit sur ses pattes de derrière. Puis il sauta une fois, deux fols, sur la neige profonde, s'assit de nouveau sur ses pattes de derrière et se mit à regarder autour de lui. De toutes parts, rien que la neige, épandue par couches onduleuses et brillantes

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comme du sucre. Au-dessus du lièvre, une vapeur glacée, laissant transparaître les étoiles grandes et lumineuses.

Le lièvre avait la grande route à traverser pour arriver à Taire. Sur la grande route on entendait un traîneau grincer, les chevaux s'ébrouer, les sièges gémir. De nouveau le lièvre s'arrêta. Des mougiks marchaient près du traîneau, le col du cafetan relevé. Leurs barbes, leurs moustaches, leurs cils étaient blancs. De leurs bouches et de leurs nez une buée s'exhalait. Leurs chevaux étaient couverts de sueur, une sueur qui se condensait en glaçons. Ils tiraient du collier, s'enfonçaient et revenaient dans l'ornière. Les moujiks, les rejoignant, leur donnaient des coups de fouet. Deux vieillards marchaient côte à côte, l'un racontait a l'autre comment on lui avait volé un cheval.

Quand le convoi fut passé, le lièvre sauta sur le chemin et s'en fut doucement vers

Faire. Le petit chien du convoi l'aperçut^ se mit à aboyer et s'élança à sa poursuite. La neige amoncelée ralentissait la course du lièvre^ et le chien lui-même s'embourba au bout d'une dizaine de bonds. Le chien s'arrêta; le lièvre s'arrêta aussi, resta un moment assis sur ses pattes de derrière et repartit tranquillement pour l'aire .

Chemin faisant, il rencontra deux lièvres dans un pré. Ils viandèrent ^ et jouèrent ensemble. Le lièvre s'ébattit un instant avec les camarades, fît avec eux un trou dans la neige glacée, mangea quelques grains des semailles d'automne et se remit en route.

Dans le village tout reposait, les feux éteints; on n'entendait de la rue que les pleurs d'un enfant dans quelque isba, et les craquements du gel dans les poutres.

Le lièvre arriva dans l'enclos, et trouva là

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