‹ Pour les enfantsChapitre 33 sur 52 · LE GALVANISME · texte numérisé non relu

LE GALVANISME

Il y avait en Italie un savant nommé Galvani. Il avait une machine électrique et montrait à ses élèves ce que c'est que l'électricité. Il frottait avec force du verre avec de la soie imbibée d'onguent^ et approchait ensuite du verre une barre de cuivre ; — et une étincelle jaillissait du verre, vers la barre de cuivre. Il leur expliquait qu'une pareille étincelle se produit avec la cire à cacheter et l'ambre, leur montrait comment les plumes légères, les

menus morceaux de papier^ sont tantôt attirésj tantôt repoussés par rélectricité, avec la raison de ces phénomènes^ et faisait devant eux un grand nombre d'expériences analogues.

Un jour, sa femme tomba malade, li appela le médecin, et lui demanda comment il fallait la soigner. Le médecin ordonna de préparer pour elle une soupe de grenouilles. Galvani envoya chercher des grenouilles comestibles ; on lui en apporta et on les déposa sur la table.

En attendant que la cuisinière vînt les prendre, Galvani continua à montrer à ses élèves la machine électrique et à produire des étincelles.

Tout à coup, il crut remarquer que les grenouilles mortes remuaient les jambes sur la table. Il regarda avec plus d'attention, et s'aperçut qu'à chaque étincelle de la machine, les grenouilles remuaient en effet leurs jambes.

Il se fit apporter d'autres grenouilles, et recommença ses expériences avec elles.

Toutes les fois qu'une étincelle se dégageait, les grenouilles mortes se mettaient à remuer leurs jambes comme des grenouilles vivantes.

Alors Galvani supposa que les grenouilles vivantes remuaient peut-être parce que Télectricité les traversait. Il savait que, plus sensible dans la cire à cacheter, Tambre et le verre, elle se trouvait aussi dans Tatmosphëre, et que les orages et la foudre sont engendrés par l'électricité atmosphérique.

Il se mit donc à expérimenter si, soumises a l'électricité atmosphérique, les grenouilles mortes remueraient leurs jambes. A cet effet, il prit les grenouilles, les écorcha, leur coupa la tête et les pattes de devant, et les suspendit par de petits crochets de cuivre sur le toit, au-dessous du chéneau de fer. Il pensait que, l'orage survenant, l'électricilé dont l'air se-

rait alors saturé passerait par les fils de cuivre dans les grenouilles^ et que celles-ci se mettraient à remuer.

Mais un orage éclata, un autre, un autre encore, et les grenouilles ne remuèrent pas. Galvani les ôtait déjà, lorsqu'en en décrochant une, il toucha le chéneau avec la patte, et la patte remua.

Ayant décroché les grenouilles, il fît une expérience : il attacha au crochet de cuivre un fil de fer qu'il mit en contact avec la patte, — et la patte remua.

Et Galvani conclut de là que ce qui fait vivre tous les animaux, c'est l'électricité qui est en eux, qu'elle passe du cerveau dans les muscles, et que le mouvement en résulte. Nul alors n'étudia la chose à fond, on ne savait pas, et tout le monde crut Galvani.

Mais, depuis, un autre savant, Volta, reprit l'expérience, et démontra que Galvani s'était trompé. Il imagina de toucher la gre-

nouille, non, comme Gai vani, avec crochet de cuivre et fil de fer, mais tanlôl avec crochet de cuivre et fil de cuivre, tantôt avec crochet de fer et fil de fer : — les grenouilles ne remuèrent pas, elles ne remuèrent que lorsqu'il les toucha avec un fil de fer attaché à un fil de cuivre.

Alors, Volta supposa que rëlectricité n'était pas dans la grenouille morte, mais dans le fer et le cuivre mis en présence. Il poursuivit ses expériences, et reconnut qu'en assemblant le fer et le cuivre, il se produisait de l'électricité, laquelle mouvait les jambes de la grenouille morte.

Il eut alors l'idée de faire de l'électricité autrement qu'on ne la faisait jusqu'à lui. Auparavant, on l'obtenait en frottant du verre ou de l'ambre. Volta, lui, la demanda au fer et au cuivre mis en contact. Il essaya de combiner ensemble le fer et le cuivre, et les autres métaux, et reconnut que la combinaison des

métaux, argent, platine, zinc, étaiq, produisait des étincelles électriques.

Après Volta, on imagina d'accroître la puissance de rëlectricité en versant entre les plaques de métaux différents liquides : Teau et les acides. L'électricité, ainsi produite, était si intense, qu'on n'eut dès lors plus besoin de frotter; il suffît de disposer dans une tasse des plaques de différents métaux, et d'y verser tel ou tel liquide ; — et l'électricité se produira dans cette tasse, et du fil jaillira l'étincelle.

Cette électricité une fois trouvée, on l'appliqua à l'industrie ; on découvrit l'art de dorer et d'argenter par l'électricité, on découvrit la lumière électrique, on découvrit l'art de transmettre par l'électricité des signaux entre deux points éloignés l'un de l'autre.

A cet effet, tu disposes dans de petits verres des plaques de différents métaux, et tu y verses les liquides. L'électricité s'accumule dans les verres : au moyen d'un fil, tu la di-

riges où lu veux, et, de là, tu fais passer le fil dans le sol. L'électricité dans le sol court de nouveau à reculons du côté des verres, où elle remonte par un autre fil ; de telle sorte que rélectricité tourne sans cesse, comme dans un anneau, passant du fil dans le sol, revenant en arrière dans le sol, pour remonter dans le fil et passer de nouveau dans le sol.

L'électricité peut marcher dans Tun ou l'autre sens, à ton gré : ou aller par le fil et revenir par le sol, ou aller d'abord par le sol, et revenir par le fi! .

Au-dessus du fil, au point d'où partent les signaux est fixée une aiguille aimantée, laquelle est déviée dans un sens, si tu lances l'électricité sur le fil pour revenir par le sol, — et dans un autre sens, si tu lances l'électricité dans le sol pour revenir par le fil. Chaque signal se compose d'un certain nombre de déviations ; et c'est au moyen de ces signaux qu'on peut correspondre d'un télégraphe à un autre.

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